Publié le 21 octobre 2025 à 12:22. La Commission électorale indonésienne (KPU RI) fait face à des critiques et à des sanctions pour l’utilisation coûteuse d’un jet privé lors des élections de 2024. Un audit a révélé un écart budgétaire de près de 19 milliards IDR (environ 1,2 million USD) lié à la location de cet appareil.
- La KPU RI a dépensé 46,19 milliards IDR sur un contrat de location de jet privé d’une valeur totale de 65,49 milliards IDR pour les besoins des élections de 2024.
- L’utilisation de cet avion de luxe a été jugée contraire à l’éthique électorale par le Conseil de surveillance des organisateurs d’élections (DKPP), qui a imposé des avertissements stricts aux responsables impliqués.
- L’un des membres de la KPU a refusé d’utiliser le jet privé, privilégiant des vols commerciaux, une décision saluée comme responsable par le DKPP.
Lors d’une audience publique relative à l’affaire numéro 178-PKE-DKPP, il a été révélé que la location de ce jet privé, utilisé par la KPU RI dans le cadre du processus électoral de 2024, avait représenté un coût considérable. Le président de la KPU RI, Mochammad Afifuddin, ainsi que cinq membres (Idham Holik, Yulianto Sudrajat, Parsadaan Harahap, August Mellaz et Betty Epsilon Idroos), ainsi que le secrétaire général Bernard Dermawan Sutrisno, étaient mis en cause.
Le député Dewa Kade Wiarsa a détaillé lors de l’audience que l’achat et la location de véhicules avaient été réalisés en deux étapes pour un montant total de 65 495 332 995 IDR (environ 4,2 millions USD). Cependant, les paiements effectués pour ces deux étapes s’élevaient à 46 195 658 356 IDR (environ 3 millions USD), laissant une différence budgétaire d’environ 19 milliards IDR (environ 1,2 million USD).
Ratna Dewi, membre de l’Assemblée, a estimé que l’usage d’un jet privé par les responsables de la KPU n’était pas justifié d’un point de vue éthique. Elle a critiqué le choix d’un appareil de type « exclusif et luxueux », jugeant inacceptables les arguments avancés par certains accusés. Ces derniers avaient invoqué la brièveté de la période de campagne électorale (75 jours) et la nécessité de gagner du temps pour l’approvisionnement et la distribution de la logistique électorale.
Ratna Dewi a souligné que cet usage n’était pas en adéquation avec la planification initiale du suivi de la distribution logistique dans les zones défavorisées, reculées ou frontalières (zones 3T). Sur les 59 trajets effectués en jet privé, elle a affirmé qu’aucun n’avait été spécifiquement lié à la distribution de matériel électoral. Ces vols auraient servi à des missions telles que la surveillance d’entrepôts logistiques, la participation à des conseils techniques du groupe d’organisation du vote (KPPS) ou encore le renforcement des capacités institutionnelles des partenaires électoraux.
De plus, Ratna Dewi a fait remarquer que la majorité des destinations n’étaient pas des zones 3T, et que pour bon nombre de ces déplacements, des vols commerciaux avec des horaires adéquats étaient disponibles. Le DKPP a conclu que les actions des accusés IV et VII étaient prouvées comme ayant violé les dispositions du code d’éthique et des directives comportementales des organisateurs d’élections.
En revanche, la décision de Betty Epsilon Idroos (accusée VI) de refuser d’utiliser le jet privé et de privilégier un avion commercial a été reconnue comme justifiée. Le DKPP a salué son attitude professionnelle et responsable, conforme aux principes de décence et d’opportunité pour un fonctionnaire de l’État, notamment dans le cadre du contrôle de la distribution logistique.
En conséquence, le DKPP a prononcé des sanctions d’avertissement strictes à l’encontre du président de la KPU indonésienne, de quatre de ses membres, et du secrétaire général. Ils ont été reconnus coupables de violation du code d’éthique électorale. La sanction a été appliquée à Mochammad Afifuddin (président), Idham Holik, Yulianto Sudrajat, Parsadaan Harahap, August Mellaz (membres de la KPU au moment des faits), et Bernad Darmawan Sutrisno (secrétaire général).