Publié le 8 novembre 2025. Mobilisation nationale contre les arbovirus, ce samedi, avec une journée dédiée à la lutte contre le moustique Aedes aegypti, vecteur de la dengue, du Zika et du chikungunya. Cette initiative vise à sensibiliser et à engager la population dans la prévention, alors que le Brésil enregistre une baisse significative des cas par rapport à l’année précédente.
- Le « Jour J national » mobilise plus de 370 000 professionnels de santé et citoyens dans 5 570 municipalités brésiliennes.
- Des investissements importants sont prévus pour le développement de nouvelles technologies de lutte antivectorielle, notamment la méthode Wolbachia.
- Malgré une baisse des cas, 30% des municipalités brésiliennes sont en état d’alerte, soulignant la nécessité d’une vigilance constante.
Sous le slogan « Ne donnez aucune chance à la dengue, au Zika et au chikungunya », le ministère de la Santé lance ce samedi 8 novembre une vaste campagne de prévention et de contrôle des arbovirus. Cette journée nationale est consacrée à l’éradication du moustique Aedes aegypti, responsable de la transmission de ces maladies. L’effort conjoint impliquera les autorités locales, les professionnels de santé, les agents de lutte contre les maladies endémiques, les leaders communautaires et l’ensemble de la population, avec des actions de sensibilisation et de nettoyage menées dans les espaces publics et les habitations.
Au quotidien, plus de 370 000 professionnels sont engagés dans la prévention des arbovirus sur l’ensemble du territoire brésilien. Les agents de santé communautaire (ASC) jouent un rôle clé en visitant les familles, en distribuant des informations et en encourageant la participation citoyenne. Les agents de lutte contre les maladies endémiques (ALCE) mènent des inspections, appliquent des larvicides et collectent des données essentielles à la planification des actions de surveillance.
Le ministre de la Santé, Alexandre Padilha, a souligné l’importance de cette campagne préventive, lancée avant la période de pic de transmission de la dengue, généralement observée au premier semestre.
« C’est le moment de sensibiliser et d’impliquer la population et les municipalités afin d’identifier les points critiques et d’éliminer les sites de reproduction des moustiques », a déclaré M. Padilha. Il a par ailleurs insisté sur l’importance des nouvelles technologies, comme la méthode Wolbachia, pour endiguer la propagation du vecteur.
Alexandre Padilha, Ministre de la Santé
La lutte contre les arbovirus prend une importance toute particulière. Le Brésil a enregistré, jusqu’au 30 octobre 2025, plus de 1,6 million de cas probables de dengue, marquant une réduction de 75 % par rapport à 2024. Sur la même période, environ 1 600 décès ont été confirmés, soit une diminution de 72 % par rapport à l’année précédente. Les États les plus touchés sont São Paulo (890 000 cas), Minas Gerais (159 300), Paraná (107 100), Goiás (96 400) et Rio Grande do Sul (84 700).
Malgré cette tendance à la baisse, le ministère de la Santé met en garde : la 3e Enquête rapide sur l’indice Aedes aegypti (LIRAa), menée d’août à octobre, révèle que 30 % des municipalités brésiliennes sont toujours en état d’alerte. Dans 3 200 villes, plus de 80 % des larves ont été découvertes dans des récipients tels que des pots de plantes, des pneus, des bouteilles, des réservoirs d’eau, des gouttières, des drains et même des cavités d’arbres et des feuilles de broméliacées.
Investissements pour l’avenir
Pour la période biennale 2025-2026, le ministère de la Santé prévoit d’investir 183,5 millions de reais (environ 33 millions d’euros) dans l’expansion de l’utilisation de nouvelles technologies de lutte antivectorielle. Cela inclut la stratification des risques, la méthode Wolbachia, les stations de diffusion d’insecticides (EDL) et les moustiques stériles irradiés.
La méthode Wolbachia : une arme prometteuse
La méthode Wolbachia, qui vise à réduire la capacité de transmission du moustique, a déjà été déployée dans 11 municipalités réparties dans huit États. À Niterói (État de Rio de Janeiro), cette approche a permis une diminution de 89 % des cas de dengue, de 60 % pour le chikungunya et de 37 % pour le Zika. L’objectif est d’étendre cette technologie à 70 villes d’ici fin 2026, dont 13 dès 2025.
La plus grande usine de production de moustiques Wolbachia au monde a été inaugurée à Curitiba (Paraná) en juillet 2025. Dotée d’une capacité de production de 100 millions d’œufs par semaine, cette installation produit des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia. Cette dernière bloque le développement des virus dans l’Aedes aegypti, empêchant ainsi leur transmission.
En parallèle, des millions d’unités de sels de réhydratation orale, de tests de diagnostic en laboratoire et de nébuliseurs portables ont été distribués. L’approvisionnement continu en larvicides et adulticides est également assuré. Rien qu’en 2025, 77 900 EDL ont été installées dans 26 municipalités, élargissant la portée des actions de contrôle.
Pour en savoir plus, découvrez comment Brasilia s’est également équipée d’une biofabrique de moustiques dotée de technologie contre la dengue : Brasilia acquiert une biofabrique de moustiques dotée d’une technologie contre la dengue.
Gestes simples, impacts majeurs
La campagne du ministère de la Santé rappelle que des gestes simples peuvent sauver des vies. Parmi les recommandations figurent : stocker les bouteilles, pots et vases à l’envers ; jeter les emballages inutilisés ; mettre du sable dans les soucoupes des pots de fleurs ; entreposer les pneus à l’abri ou les déposer dans des centres de recyclage ; bien fermer les sacs poubelles ; maintenir les réservoirs d’eau propres et hermétiquement fermés ; éviter l’accumulation de déchets ; nettoyer et sécher régulièrement les bacs à glaçons des réfrigérateurs et climatiseurs ; éliminer l’eau stagnante dans les appareils de purification d’eau ; entretenir les piscines ; tendre au maximum les bâches pour éviter la formation de flaques d’eau ; et enfin, permettre aux agents de santé d’accéder aux domiciles.
Reconnaître les symptômes
En cas de fièvre, maux de tête, douleurs derrière les yeux, douleurs articulaires, nausées ou apparition de taches sur la peau, il est conseillé de se rendre immédiatement dans une Unité Sanitaire de Base. Le ministère de la Santé met en garde contre l’automédication, qui peut aggraver l’état clinique.
Anticiper les saisons chaudes
Le Secrétariat d’État à la Santé de Rio de Janeiro (SES-RJ) a annoncé l’anticipation de ses actions face aux saisons chaudes, afin de réduire la circulation des arbovirus et, par conséquent, la prolifération du moustique Aedes aegypti. Cette mobilisation s’inscrit dans la campagne « Contre la dengue au quotidien » et se déroulera ce samedi dans les 92 municipalités de l’État.
Des actions spécifiques auront lieu dans les villes d’Armação do Búzios, Resende, et dans la capitale, Rio de Janeiro, à Quinta da Boa Vista. La population pourra bénéficier de matériel pédagogique et observer les différentes phases de développement du moustique Aedes aegypti au microscope. Le SES-RJ recommande aux habitants d’effectuer une patrouille hebdomadaire de dix minutes pour prévenir les foyers épidémiques.
Une responsabilité collective
« La lutte contre la dengue est la mission de tous. C’est pourquoi nous insistons sur l’importance d’éviter l’accumulation d’eau dans les récipients, les bouteilles vides, les réservoirs d’eau non couverts, les soucoupes sous les pots de fleurs et autres endroits. Dix minutes par semaine suffisent à sauver des vies. Le Secrétariat continue de surveiller le scénario pour assurer la sécurité de la population », a souligné Claudia Mello, Secrétaire d’État à la Santé.
Le SES-RJ a réactivé le Groupe de Travail sur le Contrôle des Arbovirus, qui se réunira bimestriellement pour définir les stratégies de lutte contre la dengue, le chikungunya, la fièvre Oropouche et le Zika. Des formations sont également organisées pour les professionnels de santé du réseau étatique et municipal.
Jusqu’au 4 novembre 2025, l’État de Rio de Janeiro a enregistré 29 315 cas probables de dengue, entraînant 1 200 hospitalisations et 25 décès. En 2024, l’État avait connu une épidémie majeure avec 302 674 cas probables, 9 726 hospitalisations et 232 décès. La ville de Rio de Janeiro était la plus touchée, suivie de Volta Redonda et Campos dos Goytacazes.
Surveillance active dans la ville de Rio
La Mairie de Rio de Janeiro, par le biais de son Service Municipal de Santé (SMS), organise également ce samedi son « Jour J » de lutte contre la dengue. Des activités de mobilisation seront menées dans tous les quartiers de la ville, incluant des inspections environnementales et la distribution de matériel d’information. Les professionnels de santé seront disponibles pour répondre aux questions de la population.
« L’objectif est de mobiliser la population dans la prévention des arbovirus, en mettant l’accent sur la lutte contre Aedes aegypti. La meilleure façon de prévenir les maladies est d’empêcher la naissance des moustiques et, pour cela, nous avons vraiment besoin du partenariat de la population. Le Jour J est justement pour promouvoir cette prise de conscience et obtenir ce soutien populaire dont nous avons tant besoin pour vaincre le vecteur », a déclaré Daniel Soranz, secrétaire municipal de la Santé.
Contrôle continu
Les actions de lutte contre les arbovirus sont menées tout au long de l’année par le SMS, tant dans les zones résidentielles que dans les lieux stratégiques tels que les cimetières, les ateliers de réparation de pneus, les déchetteries et les garages de bus. Durant les mois chauds, ces actions sont renforcées en raison de la période de fortes pluies, propice à la reproduction des moustiques.
Jusqu’au 1er novembre 2025, les agents de surveillance environnementale ont effectué plus de 10 millions de visites pour prévenir et contrôler Aedes aegypti, traitant ou éliminant plus de 1,4 million de récipients potentiellement infestés. La population peut signaler des problèmes ou demander une inspection via le Centre de Services Citoyens 1746 de la Mairie de Rio de Janeiro.