Publié le 2025-10-23 10:00:00. La justice britannique a mis en délibéré le verdict dans le dossier complexe d’un ancien soldat accusé de meurtres survenus lors du Bloody Sunday en 1972. L’issue de cette affaire, qui remonte à plus de cinquante ans, est désormais attendue pour le 23 octobre.
- L’ancien soldat, identifié comme le Soldat F, est jugé pour deux chefs d’accusation de meurtre et cinq de tentative de meurtre.
- La défense a tenté sans succès de faire rejeter l’affaire, arguant d’une absence de preuves recevables.
- Les plaidoiries finales ont mis en lumière les contradictions dans les témoignages et les accusations de fabrication de récits pour justifier les tirs.
Le juge Patrick Lynch a annoncé qu’il rendrait sa décision concernant le Soldat F le jeudi 23 octobre, à 10 heures. L’accusé fait face à de graves accusations liées aux événements tragiques du Bloody Sunday, le 30 janvier 1972, où 13 personnes ont perdu la vie et 15 autres ont été blessées lors d’une marche pour les droits civiques à Derry, en Irlande du Nord.
Lors des audiences, la défense, représentée par Mark Mulholland KC, a vivement critiqué les témoignages de deux autres soldats, désignés comme G et H. Selon Maître Mulholland, ces témoins seraient « des menteurs et des faussaires », leurs dépositions présentant des divergences notables et les qualifiant de « parjures présumés ». Il a également souligné que huit témoins civils avaient décrit un unique soldat ouvrant le feu, contrairement à la thèse d’une action concertée de plusieurs militaires contre des civils non armés, avancée par l’accusation.
En clôture du dossier, Louis Mably KC, représentant l’accusation, a soutenu que les tirs effectués dans le secteur de Glenfada Park North étaient injustifiés et commis avec une intention homicide. « C’est l’un des éléments constitutifs du meurtre », a-t-il déclaré. M. Mably a également pointé du doigt un « aspect de dissimulation » dans la collecte des déclarations des soldats et dans leur contenu, suggérant que des récits auraient été inventés après les faits pour légitimer les tirs sur des civils désarmés. Le tribunal a été informé que le Soldat F ne témoignerait pas dans sa propre défense.