Home International Le LAPD a envoyé des officiers s’entraîner en Israël, mais ne peut pas expliquer ce qu’ils ont appris

Le LAPD a envoyé des officiers s’entraîner en Israël, mais ne peut pas expliquer ce qu’ils ont appris

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Le département de police de Los Angeles (LAPD) a envoyé des agents en formation ou pour se faire former par des experts étrangers, notamment israéliens, à de multiples reprises au cours de la dernière décennie, sans pour autant documenter de manière systématique les connaissances acquises ou les contacts établis. Un rapport accablant de l’inspecteur général de la commission de police révèle un manque criant de suivi des activités de formation à l’étranger, soulevant des questions sur l’efficacité et la transparence de ces échanges.

Le rapport, publié mardi, examine 117 « activités de formation à l’étranger » impliquant 243 employés du LAPD depuis 2014. Il constate que, dans la plupart des cas, les participants se contentent de fournir des « brèves » déclarations de voyage, sans détailler les principaux enseignements, les applications pratiques ou les bénéfices potentiels pour le département. Les responsables du LAPD affirment n’avoir adopté aucune tactique, politique ou programme de formation spécifique suite à ces voyages, mais l’absence de documentation rend cette affirmation impossible à vérifier, selon les auteurs du rapport.

Les liens du LAPD avec les forces de sécurité israéliennes sont particulièrement scrutés, dans le contexte du conflit actuel à Gaza et des accusations de génocide. Depuis 2014, 18 agents du LAPD ont effectué des voyages en Israël, pour un coût total de 87 000 dollars (environ 80 000 euros). Un voyage spécifique, axé sur le « commandement et le contrôle de la lutte contre le terrorisme », a coûté 52 470 dollars (environ 48 000 euros) et a été financé par une subvention fédérale. Cependant, les responsables de la police n’ont pu fournir d’informations sur les résultats de cette formation ou sur son impact sur le département.

Au-delà d’Israël, le LAPD a envoyé des agents en Italie et en France en préparation des Jeux olympiques, ainsi que dans d’autres pays comme le Mexique et la Thaïlande, pour des échanges sur les techniques d’enquête et les tactiques policières. Près d’un quart des voyages documentés concernaient le Canada, où les agents se sont renseignés sur les meilleures pratiques en matière de lutte contre la traite des êtres humains et les laboratoires clandestins de drogue.

Le rapport souligne également que 80 % des voyages à l’étranger étaient financés par des sources externes, telles que des fondations et des subventions policières. Dans ces cas, la tenue de registres était encore moins rigoureuse, les agents n’étant pas tenus de justifier leurs déplacements. Bien que les dons ne soient pas soumis à des obligations de divulgation, le rapport met en garde contre les « risques potentiels et la perception de conflits d’intérêts » liés à un tel financement.

L’inspecteur général critique également le manque de processus pour évaluer les risques pour la sécurité dans les pays hôtes et pour vérifier les liens des contacts étrangers avec les agences de renseignement américaines ou des groupes extrémistes. À minima, le LAPD devrait enregistrer le lieu, la catégorie et les sujets abordés lors de chaque formation. Idéalement, il devrait exiger un rapport d’évaluation détaillé de la part des participants, décrivant les leçons apprises et leurs applications potentielles.

Lors de la réunion de la commission de police de mardi, les responsables du LAPD ont reconnu la nécessité d’améliorer le suivi des voyages à l’étranger et ont annoncé la mise en place d’un nouveau système. Ils ont également précisé que de nombreux dossiers antérieurs à 2021 avaient été supprimés conformément aux directives de conservation des données.

Amr Shabaik, directeur juridique de la section du Grand Los Angeles du Council on American-Islamic Relations, a déclaré espérer que les responsables réexamineraient la question. « Qu’est-ce qu’ils apprennent, que ramènent-ils chez eux ? Tout cela n’est pas documenté et est préoccupant », a-t-il déclaré. « Il y a aussi le souci du financement privé de ces voyages, et cela peut évidemment créer des conflits d’intérêts. »

Les responsables du LAPD ont par le passé justifié ces échanges par la nécessité de promouvoir une meilleure compréhension entre les agences, face à la montée du crime organisé international et des menaces terroristes. Cependant, le rapport de l’inspecteur général conclut que l’absence de dossiers détaillés rend impossible l’évaluation de la valeur réelle de ces voyages et la vérification de l’alignement des tactiques et stratégies acquises avec les politiques existantes.

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