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Le magnésium réduit la glycémie à jeun chez les personnes âgées

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Publié le 13 février 2026 à 10h30. Une étude clinique menée auprès de personnes âgées révèle que la supplémentation en magnésium peut aider à réguler la glycémie à jeun, mais ne constitue pas une solution unique pour prévenir le diabète.

  • La supplémentation en magnésium a entraîné une augmentation significative des taux de magnésium sérique chez les participants.
  • Une légère réduction de la glycémie à jeun a été observée dans le groupe recevant du magnésium, mais sans amélioration globale du contrôle glycémique sur la durée de l’étude.
  • Les chercheurs soulignent que les bénéfices de la supplémentation en magnésium sont plus prononcés chez les personnes présentant une carence initiale en magnésium.

Le prédiabète, caractérisé par une glycémie plus élevée que la normale mais pas encore suffisamment élevée pour être diagnostiqué comme diabète, représente une étape cruciale pour la prévention de la maladie. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Frontiers in Nutrition, explore l’impact de la supplémentation en magnésium sur le contrôle glycémique, en particulier chez les personnes âgées souffrant d’une carence en magnésium.

La carence en magnésium, relativement fréquente avec l’âge, est associée à des troubles du métabolisme du glucose et à une résistance à l’insuline. Le magnésium joue un rôle biologique essentiel en tant que cofacteur dans plusieurs enzymes impliquées dans la régulation du glucose et la signalisation de l’insuline. Jusqu’à présent, seules deux études contrôlées randomisées avaient évalué l’effet d’une supplémentation en magnésium chez des personnes prédiabétiques, mais ces études étaient de petite taille et ne tenaient pas suffisamment compte du statut en magnésium des participants.

Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables au prédiabète et aux carences en magnésium, en raison d’une absorption réduite des nutriments avec l’âge. C’est pourquoi les chercheurs ont spécifiquement ciblé cette population dans leur étude.

L’étude a porté sur 71 adultes chinois âgés (âge moyen de 69 ans) atteints de prédiabète et d’une carence en magnésium. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant un supplément d’oxyde de magnésium (360 mg de magnésium élémentaire par jour) et un groupe placebo. Soixante-cinq participants ont terminé l’essai de 16 semaines.

Le critère d’évaluation principal était la variation de la glycémie à jeun (FPG) entre le début de l’étude et le quatrième mois. Les chercheurs ont également mesuré les niveaux d’insuline, le peptide C, la résistance à l’insuline (à l’aide du modèle d’homéostasie d’évaluation de la résistance à l’insuline, ou HOMA-IR), l’hémoglobine glyquée (HbA1c), l’albumine glyquée et des marqueurs inflammatoires tels que la protéine C-réactive de haute sensibilité (hs-CRP) et l’interleukine-6 (IL-6).

Les résultats ont montré que la supplémentation en magnésium a entraîné une augmentation significative du magnésium sérique, avec une différence moyenne de 0,056 mmol/L par rapport au groupe placebo. La glycémie à jeun a également été légèrement réduite dans le groupe magnésium (-0,5 mmol/L en moyenne), mais les autres paramètres, notamment l’HbA1c, n’ont pas été significativement affectés, suggérant que la réduction de la glycémie à jeun n’a pas entraîné une amélioration durable du contrôle glycémique.

Une analyse préliminaire du métabolome (l’ensemble des petites molécules présentes dans le sang) a révélé que la supplémentation en magnésium était associée à des modifications de 52 métabolites, potentiellement liés au métabolisme lipidique et à la résistance à l’insuline. Cependant, les auteurs précisent que ces résultats sont préliminaires et nécessitent des recherches supplémentaires.

L’étude présente des points forts, notamment sa conception rigoureuse, le suivi de l’apport alimentaire en magnésium et l’utilisation de la métabolomique. Cependant, les chercheurs soulignent que la petite taille de l’échantillon limite la puissance statistique de l’étude et que les résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils recommandent des essais cliniques plus vastes et de plus longue durée pour confirmer ces résultats et déterminer si la supplémentation en magnésium peut constituer une stratégie efficace pour prévenir le diabète de type 2.

Ils soulignent également que l’oxyde de magnésium utilisé dans l’étude est relativement peu biodisponible, et que d’autres formes de magnésium, comme le citrate ou le glycinate, pourraient être plus efficaces. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comparer différentes formulations et déterminer la dose optimale de magnésium pour améliorer le contrôle glycémique.

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