Home Santé « Le mal des montagnes peut provoquer un œdème pulmonaire ou cérébral si l’on ne fait pas attention aux signes avant-coureurs »

« Le mal des montagnes peut provoquer un œdème pulmonaire ou cérébral si l’on ne fait pas attention aux signes avant-coureurs »

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Publié le 2025-10-22 11:14:00. Depuis les hauteurs de l’Himalaya, deux médecins alertent sur les dangers du mal de l’altitude, une affection potentiellement mortelle si elle n’est pas prise au sérieux. Le Dr José Manuel Felices et le Dr Ana Pérez Ballesta insistent sur la nécessité d’une vigilance constante pour profiter des joies de la montagne en toute sécurité.

  • Le mal de l’altitude peut évoluer d’un simple inconfort à une urgence vitale.
  • Les symptômes initiaux comme les maux de tête ou nausées ne doivent pas être ignorés.
  • La forme physique n’est pas une garantie contre le mal de l’altitude ; elle peut même être un facteur aggravant.

Installé au camp de base de l’Everest, à 5 000 mètres d’altitude, le Dr José Manuel Felices, accompagné de sa collègue le Dr Ana Pérez Ballesta, a tenu à rappeler l’importance capitale de la prévention face au mal de l’altitude. « L’Everest nous a appris bien plus sur le mal d’altitude que les livres de médecine », confie le Dr Felices, soulignant que ce risque ne doit en aucun cas être considéré à la légère. Les deux praticiens mettent en garde contre l’évolution rapide de cette pathologie : ce qui peut commencer par une simple gêne peut rapidement se transformer en œdème pulmonaire ou cérébral si les signes avant-coureurs sont négligés.

Les premiers symptômes du mal de l’altitude incluent généralement des maux de tête, des nausées, une fatigue inhabituelle ou des troubles du sommeil. Cependant, si ces manifestations s’aggravent, évoluant vers des difficultés respiratoires prononcées ou un état de désorientation, une intervention médicale immédiate est impérative. Le Dr Felices met en garde contre un écueil courant : penser que sa bonne condition physique protège. « Faites attention, car si vous êtes en forme, j’ai de mauvaises nouvelles. Vous pourriez croire que votre robustesse vous épargnera, mais une plus grande masse musculaire signifie un besoin accru en oxygène, vous pourriez donc ressentir le manque plus intensément », explique-t-il.

Parmi les signes les plus alarmants à surveiller, le Dr Felices cite « des difficultés de coordination, une désorientation, une perte de conscience, ou encore une sensation de fatigue ou des douleurs thoraciques, même au repos ». Dans de tels cas, la descente rapide est la seule recommandation. Le Dr Pérez Ballesta rappelle par ailleurs que ces symptômes ne se manifestent pas toujours d’emblée. « Ne vous reposez pas sur vos lauriers si vous ne ressentez rien au début ; ils apparaissent généralement entre 24 et 96 heures après avoir franchi la barre des 3 000 mètres », précise-t-elle.

Pour prévenir le mal de l’altitude, le Dr Felices résume cinq règles d’or : « Une bonne hydratation, un repos suffisant, des repas légers pour ne pas solliciter excessivement la digestion, l’abstinence d’alcool, des déplacements lents et mesurés, comme si l’on évoluait dans l’espace, et surtout, une ascension progressive pour permettre au corps de s’acclimater. » Il mentionne également que, si dans certaines régions les feuilles de coca peuvent offrir un certain soulagement, leur usage n’est pas pertinent dans l’Himalaya. Quant aux traitements médicamenteux comme l’acétazolamide ou les corticoïdes, ils peuvent s’avérer utiles mais doivent impérativement être prescrits par un professionnel de santé, insiste le Dr Pérez Ballesta.

En conclusion, les Drs Felices et Pérez Ballesta s’accordent sur un principe fondamental : la prudence est la clé pour une expérience montagnarde réussie et sans risque. « Grimper lentement et respecter ses propres limites sont les meilleures stratégies de prévention », affirme le Dr Felices, qui rappelle que « le seul remède infaillible reste le respect de la nature et, si nécessaire, la descente immédiate ».

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