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Le marché attend un signal clé sur le resserrement monétaire lors du dernier appel d’offres du mois

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Publié le 29 octobre 2023, 11:00:00. Les marchés financiers suivront avec attention le prochain appel d’offres sur la dette en pesos, une étape cruciale qui pourrait donner des indications sur la future politique monétaire du gouvernement après les élections d’octobre.

  • L’objectif prioritaire semble être de desserrer l’étau sur le peso et d’injecter des liquidités sur le marché.
  • Plusieurs leviers sont envisagés pour atteindre cet objectif, dont une potentielle baisse des réserves obligatoires ou une gestion plus fine des échéances de la dette.
  • Le gouvernement cherche à stabiliser les taux d’intérêt, actuellement jugés trop élevés, et à renforcer la courbe des taux en pesos.

Alors que le pays sort d’une période électorale tendue, les acteurs du marché économique anticipent un tournant dans la stratégie monétaire. L’appel d’offres de ce mercredi, le dernier sous la responsabilité de Pablo Quirno en tant que Secrétaire des Finances, est perçu comme un baromètre de cette nouvelle orientation. L’enjeu est de taille : près de 11 milliards de dollars d’échéances arrivent à terme, nécessitant un refinancement adéquat pour éviter de nouvelles turbulences.

Parmi les pistes étudiées par les courtiers, l’idée prédominante est de voir cesser la pression sur le peso. Pour y parvenir, plusieurs options sont sur la table. Certains analystes suggèrent que la Banque centrale pourrait envisager une réduction des réserves obligatoires, afin de libérer davantage de liquidités. Une autre stratégie évoquée consiste à réduire le volume des émissions de nouvelles dettes pour mieux gérer les échéances existantes. Dans cette optique, le second appel d’offres prévu en octobre sera également scruté de près pour confirmer la direction prise par le ministère de l’Économie.

Il n’est pas exclu non plus que l’économie puisse recourir à des rachats sur le marché secondaire. Cette manœuvre permettrait de remplacer une dette plus coûteuse par une dette moins onéreuse, allégeant ainsi le fardeau financier. Cependant, un risque subsiste : si ces injections de pesos ne sont pas correctement calibrées, elles pourraient raviver la demande de dollars. En effet, après une période de baisse des prix juste après les élections, la tendance à la « dollarisation » de l’épargne semble reprendre de la vigueur.

Ce mercredi, le gouvernement devra faire face à des échéances représentant environ 11 milliards de dollars. Les instruments concernés incluent les Lecaps et Boncaps avec des matérialités s’étalant de fin novembre 2023 à fin avril 2027, ainsi que des obligations indexées sur le dollar arrivant à terme fin novembre et fin janvier. La volatilité des taux d’intérêt à court terme reste une préoccupation majeure, comme l’illustre la fluctuation observée ce mardi sur les garanties à un jour, passant de plus de 80 % annualisés à 10,5 % en clôture.

D’après les observations de Cocos Capital, le marché se retrouve actuellement « avec une pénurie marquée de pesos », conséquence directe de la stratégie du ministère de l’Économie depuis juillet visant à absorber les excédents monétaires et à freiner la dollarisation avant les scrutins. Cette politique aurait engendré « une demande de couverture sans précédent de la part du secteur privé », représentant plus de 40 % des liquidités transactionnelles (M2). La position vendeuse de la Banque centrale sur le marché à terme aurait également contribué à absorber environ 0,5 billion de dollars, exerçant une pression accrue sur les taux de cautionnement.

Concernant l’appel d’offres à venir, Cocos Capital estime qu’un « refinancement inférieur à 100 % ne serait pas déraisonnable ». Néanmoins, ils soulignent que le résultat électoral et l’amélioration des perspectives ouvrent une marge de manœuvre au Trésor pour « rechercher une durée plus longue et recomposer la courbe », privilégiant les instruments à taux fixe à partir d’avril 2026.

Pablo Lazzati, PDG d’Insider Finance, indique quant à lui que « le marché maintiendra une position de prudence », favorisant les Lecaps et Boncaps à court terme (échéances novembre et janvier), car il s’agit d’instruments déjà connus. Il juge « très positif » le lancement d’instruments avec des échéances en octobre 2026 et avril 2027, car cela contribue à la construction d’une courbe de taux en pesos. Si le taux de change se stabilise, cette courbe pourrait gagner en importance pour les investisseurs.

L’analyste ajoute que « le gouvernement privilégiera la baisse des taux plutôt que le report total des échéances », tout en soulignant qu’il sera nécessaire d’observer jusqu’où iront ces taux et l’appétit du marché. Auxtin Maquieyra, directeur commercial de Sailing Inversiones, anticipe que le Trésor tentera d’allonger la durée en proposant un Lecap jusqu’en octobre 2026 et un Boncap jusqu’en avril 2027, ce dernier devenant l’instrument à taux fixe en pesos le plus long avant le Bonte TY30P. Il s’attend néanmoins à une demande accrue pour les Lecaps courts, où se concentre la plus grande liquidité et où les taux les plus élevés sont observés sur le marché secondaire, reflétant une courbe inversée.

Par ailleurs, le Secrétariat des Finances et le ministère de l’Économie ont procédé à un échange d’obligations indexées sur le dollar auprès de la Banque Centrale. Une dette d’une valeur de 1,2 milliard de dollars, arrivant à échéance le 31 octobre prochain, a été remplacée par une autre échéant le 28 novembre. Cette opération a été officialisée par une résolution commune publiée au Journal Officiel.

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