Home Santé Le médecin prévient – ​​Cela augmente le risque « de 300 pour cent »

Le médecin prévient – ​​Cela augmente le risque « de 300 pour cent »

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Après la ménopause, les femmes voient leur risque de crise cardiaque augmenter significativement. Pourtant, reconnaître les signes avant-coureurs s’avère souvent plus complexe pour elles que pour les hommes. Une étude révèle un délai de près de quatre heures et demie avant qu’elles ne consultent aux urgences, contre une heure de moins pour les hommes. Cette attente, potentiellement fatale, s’explique par des symptômes moins typiques et une sous-estimation fréquente de la gravité de la situation, y compris par les professionnels de santé.

Le taux de mortalité par infarctus du myocarde est, en effet, deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes. « Connaître les symptômes d’une crise cardiaque peut donc changer une vie », alerte le Dr Suzann Kirschner-Brouns, spécialiste de la santé féminine.

Des déclencheurs et des symptômes propres aux femmes

Une crise cardiaque survient lorsqu’une artère coronaire, qui alimente le cœur en oxygène et nutriments, se rétrécit ou se bloque, généralement en raison de l’inflammation des parois internes des vaisseaux et de dépôts athéromateux. Si les causes sous-jacentes sont similaires, les déclencheurs diffèrent notablement entre les sexes. Le Dr Kirschner-Brouns explique : « Le cœur masculin est plus susceptible de céder sous un stress physique intense et prolongé, tandis que le cœur féminin réagit de manière plus sensible au stress émotionnel et aux émotions fortes comme l’amour ou la tristesse. » Le risque de crise cardiaque lié au stress émotionnel serait ainsi 300 % plus élevé chez les femmes. Par ailleurs, les artères coronaires des femmes, de plus petit diamètre, seraient plus sujettes au rétrécissement.

Une crise cardiaque survient quand des dépôts vasculaires se fissurent, formant des caillots sanguins (thrombus). Le sang, appauvri en oxygène, n’atteint plus le muscle cardiaque. Sans intervention rapide, la zone touchée du muscle cardiaque peut nécroser. L’attente prolongée de rétablir la circulation sanguine entraîne des dommages irréversibles aux cellules cardiaques. Une crise cardiaque non traitée est souvent mortelle, et même les survivants voient leur risque de décès augmenter à long terme, un tiers d’entre eux décédant dans l’année suivant l’événement.

La ménopause, un tournant pour la santé cardiovasculaire féminine

Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès, tant chez les hommes que chez les femmes, devançant largement le cancer. Jusqu’à environ 50 à 60 ans, les femmes bénéficient d’une protection cardiovasculaire naturelle grâce aux œstrogènes. « L’œstrogène, une hormone sexuelle féminine, offre une protection naturelle du cœur et des vaisseaux pendant de nombreuses années », précise le Dr Kirschner-Brouns. Cette hormone prévient l’artériosclérose, maintient l’élasticité des vaisseaux et contribue à une pression artérielle basse.

La localisation du stockage des graisses joue également un rôle protecteur : les femmes ont tendance à accumuler la graisse sur les hanches et les jambes, tandis que les hommes tendent à développer une graisse abdominale plus nocive. Cette graisse viscérale, située autour des organes internes, libère des médiateurs inflammatoires et est favorisée par la testostérone, l’hormone sexuelle masculine.

Cependant, cette protection n’est pas absolue. Le tabagisme, le stress chronique, une alimentation déséquilibrée et l’obésité peuvent minimiser ces avantages naturels. De plus, avec l’avancée en âge et la diminution drastique des œstrogènes lors de la ménopause, les vaisseaux se rigidifient, la tension artérielle augmente et la graisse abdominale s’installe plus facilement. « Avec la ménopause vient le danger », prévient l’experte. Les statistiques montrent une augmentation du risque de crise cardiaque chez les femmes entre 60 et 65 ans.

Des symptômes qui trompent, y compris le corps médical

Les symptômes d’une crise cardiaque chez les femmes diffèrent souvent de ceux des hommes. Si ces derniers ressentent typiquement une « douleur d’annihilation » – une douleur thoracique soudaine et intense irradiant vers le bras gauche, le cou et la mâchoire, souvent accompagnée d’essoufflement et de panique –, les femmes présentent plus fréquemment des plaintes non spécifiques. « Les femmes sont plus susceptibles d’avoir des plaintes non spécifiques telles que nausées, étourdissements et maux de dos », explique le Dr Kirschner-Brouns. Une diminution soudaine de la résilience ou un malaise général peuvent également être des signes d’alerte.

Les signes à surveiller chez les femmes :

  • Pression ou oppression dans la poitrine
  • Douleur dorsale, particulièrement entre les omoplates
  • Nausées et vomissements
  • Vertiges
  • Maux de tête
  • Douleur à la mâchoire
  • Essoufflement
  • Épuisement sévère
  • Sueurs

La subtilité de ces symptômes rend le diagnostic complexe, non seulement pour les patientes mais aussi pour le corps médical. Certains examens standards, comme l’électrocardiogramme (ECG) au repos, peuvent s’avérer normaux même en cas de crise cardiaque chez la femme. Des examens plus poussés, tels que l’échocardiographie de stress ou la scintigraphie myocardique, qui évaluent le cœur sous effort et peuvent détecter des anomalies au niveau des petits vaisseaux, sont parfois nécessaires pour un diagnostic fiable.

Prévenir les risques : une action multifactorielle

Plus une crise cardiaque est détectée et traitée tôt, plus le risque de complications à long terme, comme les arythmies ou l’insuffisance cardiaque, est réduit, et meilleur est le pronostic. Bien que des facteurs génétiques existent, les femmes peuvent agir activement sur leur santé cardiaque en modifiant certains facteurs liés à leur mode de vie.

Une alimentation saine est primordiale. Adopter un régime méditerranéen, riche en fruits, légumes frais, huiles végétales (olive, colza) et poisson, tout en limitant le sel et la viande, permet de réduire la tension artérielle, de lutter contre l’inflammation et l’artériosclérose. Les acides gras oméga-3, présents dans les poissons gras et certaines huiles, jouent un rôle anti-inflammatoire, contribuent à améliorer le cholestérol HDL et à réduire le LDL. Si l’alimentation ne suffit pas, des compléments à base d’huile de poisson ou d’algues peuvent être envisagés.

L’activité physique régulière est également essentielle pour renforcer le muscle cardiaque. Le Dr Kirschner-Brouns recommande trois à quatre séances d’exercice d’endurance par semaine (course, natation, vélo) et de viser les 10 000 pas quotidiens.

Enfin, la gestion du stress est cruciale, en particulier pour les femmes sujettes au stress émotionnel. « La réduction du stress est très importante, en particulier pour les femmes, et surtout la réduction du stress émotionnel lié aux conflits relationnels », souligne l’experte. Elle conseille de ne pas rester seule face à ses difficultés et de chercher du soutien.

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