Publié le 13 octobre 2025. L’intelligence artificielle pourrait bientôt automatiser une part écrasante des tâches professionnelles, selon une étude de Microsoft. Des métiers intellectuels tels que la traduction sont particulièrement touchés, alimentant les inquiétudes quant à l’avenir de l’emploi.
- Jusqu’à 98 % des tâches des traducteurs pourraient être prises en charge par l’IA.
- 40 professions présentent un « chevauchement » élevé avec les capacités de l’intelligence artificielle.
- Certaines professions manuelles pourraient également être affectées par la robotisation croissante.
Une analyse approfondie menée par Microsoft, s’appuyant sur plus de 200 000 conversations anonymes avec son chatbot Copilot, révèle l’ampleur potentielle de l’automatisation dans le monde professionnel. L’étude identifie 40 métiers où les fonctions exercées par les humains sont les plus susceptibles d’être assumées par l’IA.
Parmi les professions les plus exposées figurent les traducteurs, dont jusqu’à 98 % des tâches pourraient être automatisées. Les historiens et les mathématiciens ne sont pas en reste, avec un taux d’automatisation potentiel de 91 %. Les écrivains pourraient voir 85 % de leur travail pris en charge par des algorithmes. Les journalistes (81 %), les commerciaux (84 %), les téléphonistes (80 %) et les spécialistes du service client (72 %) sont également cités parmi les professions vulnérables. D’autres métiers comme ceux d’automatisation de la production (90 %), de rédacteurs (78 %), d’agents de voyages (71 %) et d’analystes marketing (71 %) sont également jugés à haut risque.
Un consultant en intelligence artificielle, fort de plus de dix ans d’expérience, met en garde : « Si l’on regarde ces métiers dans trois à cinq ans, il est très probable qu’ils soient totalement remplacés ». Cette prédiction s’inscrit dans un contexte de suppressions d’emplois dans des entreprises internationales, souvent liées à des restructurations massives pour intégrer les avancées de l’IA.
Cependant, Kiran Tomlinson, expert chez Microsoft, tempère légèrement ces prévisions : « L’intelligence artificielle soutient de nombreuses activités mais ne peut exercer pleinement aucune profession ». Il suggère ainsi que la tendance pourrait davantage s’orienter vers une transformation des métiers plutôt qu’un remplacement intégral. Néanmoins, des exemples concrets illustrent une réalité différente.
Des entreprises d’envergure comme Klarna ont déjà réduit leurs effectifs de 40 % pour intégrer l’IA. Microsoft a annoncé un investissement de 80 milliards de dollars dans les infrastructures d’intelligence artificielle et prévoit des réductions d’effectifs pour 2025, tandis qu’Amazon confirme également des suppressions de postes liées à l’expansion de l’usage de l’IA. Le géant du conseil informatique Accenture a, pour sa part, supprimé plus de 11 000 emplois en seulement trois mois, sa PDG Julie Sweet justifiant ces licenciements par le manque d’options de reconversion pour les compétences visées.
L’étude de Microsoft met également en lumière 40 métiers pour lesquels l’IA pourrait prendre en charge moins de 10 % des tâches. Il s’agit principalement de professions exigeant une présence physique, une dextérité manuelle ou des compétences médicales très spécialisées, telles que les assistants médicaux (7 %), les ouvriers du bâtiment (3 %), les massothérapeutes (10 %) et les opérateurs d’équipements industriels (1 à 5 %).
Il est crucial de souligner que cette analyse se concentre sur l’IA destinée à l’automatisation du travail intellectuel. Les métiers du travail manuel, apparemment épargnés, pourraient en réalité être menacés par la projection de l’IA dans le monde physique. La robotisation croissante, avec des robots humanoïdes capables d’occuper des postes de travail humains et des machines « intelligentes » effectuant des tâches précises et répétitives avec une efficacité supérieure, constitue une nouvelle vague de transformations.