Publié le 24 février 2026 09:00. L’adaptation cinématographique du roman énigmatique d’Umberto Eco, Le Nom de la Rose, a connu une production tumultueuse, marquée par des désaccords de casting et des défis logistiques considérables. Retour sur les coulisses d’un tournage qui a failli ne jamais voir le jour.
Le choix de Sean Connery pour incarner le frère Guillaume de Baskerville, personnage central de l’œuvre d’Eco, fut loin d’être évident. L’acteur écossais traversait alors une période perçue comme un déclin professionnel, après des rôles dans L’Homme qui voulait être roi, Robin et Marian et Un Pont trop loin, entrecoupés d’un retour en force avec Jamais plus jamais (Never Say Never Again). Pourtant, Jean-Jacques Annaud, le réalisateur, était obsédé par le roman depuis des années et avait envisagé de nombreux acteurs pour le rôle.
Annaud avait initialement proposé le rôle à Jack Nicholson, dont le cachet était jugé exorbitant, puis à Michael Caine, indisponible en raison de contraintes d’emploi du temps, et à Robert De Niro, qui n’acceptait qu’à condition d’une scène de duel à l’épée. Une trentaine d’acteurs furent approchés, dont Ian McKellen, Richard Harris, Donald Sutherland et Albert Finney. C’est finalement un appel inattendu de Sean Connery lui-même qui changea la donne. Le réalisateur fut immédiatement séduit par la voix et l’interprétation du personnage par l’acteur, lui offrant le rôle sans hésitation.
Umberto Eco, l’auteur du roman, s’était initialement opposé à ce choix, craignant que Connery ne soit incapable de se défaire de l’image de James Bond. Cependant, il fut conquis dès qu’il vit l’acteur sur le plateau, vêtu d’une tenue austère, avec une barbe négligée, insufflant au personnage une subtile combinaison d’intellectualité et d’ironie. Malgré cette approbation, Paramount Pictures menaça de retirer son soutien financier au projet si Annaud maintenait Connery au casting, ce qui entraîna le film à devenir une coproduction ouest-allemande (RFA).
Les difficultés ne s’arrêtèrent pas là. Le casting de Christian Slater, dans le rôle de l’apprenti Adso de Melk, fut également complexe. Le tournage d’une scène de lit, où le jeune acteur, âgé d’à peine 15 ans, devait exprimer l’hésitation et la maladresse de son personnage, fut particulièrement délicat. De plus, F. Murray Abraham, auréolé de son Oscar pour Amadeus, créa une atmosphère tendue sur le plateau en affichant ouvertement sa supériorité, suscitant l’irritation de Sean Connery.
La recherche du lieu de tournage idéal fut également un défi de taille. Annaud ne trouva aucune des 10 000 abbayes, couvents et monastères médiévaux européens qui correspondait à la description du « château imprenable » d’Eco. Il décida donc de fragmenter le tournage. L’abbaye d’Eberbach en Allemagne servit de décor pour les scènes se déroulant dans l’église, le cloître et le scriptorium. Le château isolé de Rocca Calascio, dans les Apennins italiens, offrit un cadre naturel à l’arrivée de Guillaume et Adso à l’abbaye, ainsi qu’à la scène finale poignante. La combinaison de ces deux lieux contribua à créer l’atmosphère particulière du film.
Le Nom de la Rose, sorti en 1986, est une adaptation cinématographique du roman éponyme d’Umberto Eco, publié en 1980. Plus d’informations sur le film sont disponibles sur Wikipédia.