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Le nouveau paysage du contrôle fiscal

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Publié le 8 février 2026 17h14. L’administration fiscale philippine (BIR) entame une profonde réforme de ses procédures de contrôle, après une suspension des opérations suite à des accusations de pratiques abusives. Ce nouveau cadre, axé sur la transparence et la simplification, vise à rétablir la confiance des contribuables et à moderniser l’administration fiscale.

  • Le BIR a suspendu ses audits et opérations de terrain en 2025 pour réaligner sa stratégie.
  • À partir du 27 janvier 2026, les contrôles fiscaux ont repris avec un nouveau cadre basé sur une seule lettre d’autorisation électronique (eLA) par année d’imposition.
  • Le BIR adopte une approche de sélection des audits basée sur les risques et assistée par le système pour lutter contre les abus.

L’administration fiscale philippine (BIR) a annoncé une série de réformes majeures visant à transformer ses processus d’audit et à restaurer la confiance du public, après une période de controverse. En 2025, le BIR avait suspendu toutes ses opérations d’audit et de terrain suite à des enquêtes parlementaires concernant l’utilisation de lettres d’autorisation (LOA) et des allégations de pratiques d’audit irrégulières, qualifiées de « militarisation » par certains observateurs.

Le 27 janvier 2026, le BIR a annoncé la reprise de tous les contrôles fiscaux et opérations sur le terrain, signalant sa volonté de mettre en œuvre un nouveau cadre d’audit. La réforme clé réside dans l’introduction d’une lettre d’autorisation électronique unique (eLA) par année d’imposition, couvrant tous les types d’impôts : impôt sur le revenu, taxe sur la valeur ajoutée (TVA), retenue à la source, impôts finaux et timbre fiscal documentaire. L’objectif est de simplifier le processus pour les contribuables, qui ne seront généralement confrontés qu’à un seul examen de vérification par année fiscale.

À compter du 4 mars 2026, les multiples eLA couvrant la même année d’imposition seront automatiquement regroupées en une seule. Sauf demande contraire du contribuable, les eLA précédentes seront annulées et remplacées par cette version consolidée d’ici le 4 mai 2026. Le BIR ambitionne ainsi de mettre en place un « cadre d’audit à guichet unique », promettant un protocole plus prévisible et plus efficace.

En réponse aux préoccupations concernant l’utilisation abusive des LOA, le BIR met en place une approche de sélection des audits basée sur l’analyse des risques et l’assistance informatique. Le système génère une liste anonyme de contribuables présélectionnés sur la base de critères spécifiques, tels que des ratios financiers anormaux, des incohérences de données, des divergences dans les déclarations, des événements déclencheurs d’audit automatique et des risques sectoriels. Le commissaire du BIR examinera ensuite personnellement cette liste restreinte avant d’approuver l’émission de l’eLA. Les dossiers seront ensuite confiés aux agents chargés de l’enquête.

L’administration fiscale reconnaît les faiblesses passées de son système et cherche à rendre son processus de sélection d’audit plus juste, plus objectif et plus fondé sur des données probantes. Ce nouveau cadre vise à mettre fin aux pratiques consistant à cibler les gros contribuables uniquement pour atteindre des objectifs de recouvrement.

Pour rationaliser ses opérations, le BIR introduit également des mesures de surveillance et des garanties d’audit plus strictes, notamment la normalisation des listes de contrôle, l’exigence d’une documentation appropriée et l’utilisation de canaux de communication officiels, afin de garantir l’ordre et la transparence du processus.

Ces mesures visent à minimiser l’émission de redressements fiscaux « gonflés » ou « exagérés », en veillant à ce que les conclusions des audits soient étayées par des faits vérifiés, une base juridique solide et un contrôle prudentiel rigoureux. Grâce à ces améliorations, les contribuables pourraient être moins susceptibles de se voir imposer des règlements fiscaux déraisonnables ou des accords de compromis.

Le BIR prévoit également une vaste réorganisation, avec la suppression progressive de divers bureaux, unités et groupes de travail afin de réaligner ses services et ses fonctions sur le nouveau régime. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de mettre en place une administration fiscale axée sur le service public, tout en remplissant sa mission de collecte des fonds nécessaires au développement du pays.

Ronald Bernas, associé fiscal et juridique chez Deloitte Philippines, et Joshua Tan, directeur adjoint du cabinet fiscal et juridique de Deloitte Philippines, saluent cette réforme vers la transparence, l’efficacité et la prévisibilité du processus d’audit. Ils soulignent toutefois que le véritable test réside dans la mise en œuvre systématique des engagements pris. Pour toute question ou commentaire, vous pouvez contacter Ronald Bernas et Joshua Tan à l’adresse [email protected].

Le BIR devrait publier des réglementations plus détaillées d’ici le 16 avril 2026, couvrant les règles de sélection systématique des contribuables pour l’audit, l’attribution des dossiers et la délivrance des eLA. Ces nouvelles règles devraient entrer en vigueur le 1er mai 2026. En attendant, les contribuables sont encouragés à prendre les mesures nécessaires pour adapter leurs systèmes aux nouvelles normes de contrôle fiscal, notamment en révisant leurs protocoles de documentation, en validant la cohérence des données et en mettant à jour leurs contrôles internes.

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