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Le nouveau Premier ministre français démissionne quelques heures après la nomination du Cabinet – The Irish Times

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Publié le 2025-10-06 17:23:00. La démission inattendue de Sébastien Lecornu, moins d’un mois après sa nomination à Matignon, secoue la France et inquiète les marchés. La crise politique fragilise l’exécutif et complique la tâche du gouvernement face aux défis budgétaires.

  • Sébastien Lecornu a présenté sa démission lundi matin, invoquant le manque de compromis des partis politiques au Parlement.
  • Sa courte mandature, la plus brève sous la Ve République, met Emmanuel Macron dans une position délicate pour trouver un successeur.
  • Les marchés financiers ont réagi négativement, l’indice CAC 40 accusant le coup et les coûts d’emprunt de la France augmentant.

Sébastien Lecornu, fidèle allié du président Emmanuel Macron, a officialisé sa démission ce lundi matin, comme l’a annoncé l’Élysée. Un départ précipité qui fait de lui le Premier ministre au plus court mandat depuis 1958, plaçant le président dans une situation de forte pression. M. Lecornu a justifié son choix par l’impossibilité d’exercer ses fonctions dans le contexte politique actuel : « On ne peut pas être Premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée, pointant du doigt le manque de consensus au sein d’un Parlement fragmenté.

Cette décision intervient dans un climat de tensions politiques vives. Les Républicains, alliés de la majorité, avaient fait part de leur mécontentement quant à la composition du gouvernement, craignant d’être marginalisés au profit de membres du parti présidentiel Renaissance. De son côté, la gauche socialiste avait menacé de voter une motion de censure si les réformes des retraites, portées par le président Macron, n’étaient pas suspendues. Dans ce contexte, la démission de M. Lecornu rend la tâche encore plus ardue pour la France, notamment en ce qui concerne l’adoption du budget d’ici la fin de l’année et la maîtrise de son déficit public, projeté à 5,4 % du PIB en 2025.

« La gouvernabilité de la France est en baisse », a constaté Jean-François Robin, responsable mondial de la recherche chez Natixis CIB. « En termes de finances publiques, cela signifie moins de consolidation. Aucun Premier ministre par intérim n’aura la majorité nécessaire pour réaliser des économies substantielles sur les dépenses publiques. » M. Lecornu est le troisième Premier ministre nommé par Emmanuel Macron depuis les élections législatives de l’été 2024, qui ont abouti à une Assemblée nationale profondément divisée, rendant la gouvernance « presque impossible ». Les trois personnalités nommées à ce poste ont désormais quitté leurs fonctions.

Le président Macron est désormais confronté à un choix difficile : désigner un nouveau Premier ministre qui pourrait rencontrer les mêmes obstacles que ses prédécesseurs, ou convoquer de nouvelles élections législatives. Les marchés financiers ont immédiatement réagi à la nouvelle, l’indice boursier CAC 40 chutant jusqu’à 2 % lundi matin, sous l’effet des prises de bénéfices sur les valeurs bancaires, particulièrement sensibles aux soubresauts de l’économie française. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, parti arrivé en tête des dernières élections et en tête des sondages, a appelé à la dissolution de l’Assemblée et à de nouvelles élections : « Nous n’avons pas d’autre possibilité que de retourner devant le peuple français, car plus nous attendons, plus nous jouons avec la stabilité du pays et l’angoisse de nos compatriotes. » Jean-Luc Mélenchon, figure de l’extrême gauche, a pour sa part qualifié le président de l’Élysée « à l’origine du chaos » et a demandé sa démission afin d’organiser une nouvelle élection présidentielle, une option que M. Macron a écartée à plusieurs reprises.

La baisse des prix des obligations d’État a entraîné une hausse des coûts d’emprunt à dix ans pour la France, tandis que l’euro a cédé du terrain face au dollar. « La seule façon d’arrêter cette crise est d’avoir une nouvelle élection », a estimé Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions européennes chez Barclays. « Cela rend l’Europe difficile à investir et crée une excuse pour que les investisseurs fassent preuve de prudence. » Il a ajouté que « le marché doit réfléchir à la capacité de l’extrême droite à capitaliser sur cette situation. » La prime de risque sur la dette française par rapport aux obligations allemandes de référence, indicateur clé des tensions sur les marchés, s’est approchée de ses plus hauts niveaux depuis la crise de la dette de la zone euro il y a plus d’une décennie.

Sébastien Lecornu avait promis une « rupture » avec les gouvernements précédents de Macron. Cependant, sa nouvelle équipe ministérielle comprenait plusieurs membres issus de l’administration de son prédécesseur, ainsi que d’autres ayant déjà servi sous Emmanuel Macron. Le choix de nommer Bruno Le Maire, ancien ministre des Finances et pilier des gouvernements Macron, a été particulièrement critiqué par les Républicains, d’autant que sous sa direction, le déficit français s’est creusé. Bruno Retailleau, chef des Républicains, a dénoncé un « problème de confiance ».

Contrairement à ses prédécesseurs, M. Lecornu s’était engagé à ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution, permettant au gouvernement d’imposer des lois sans vote. Il a toutefois déploré que les forces d’opposition n’aient pas reconnu cette « rupture profonde », accusant certains partis, dans une critique voilée des Républicains, d’avoir privilégié « l’appétit partisan » au détriment de l’intérêt général. « J’étais prêt au compromis, mais chaque parti politique veut que les autres adoptent l’intégralité de son programme », a-t-il regretté, concluant : « Il faut toujours préférer son pays à son parti. »

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