Publié le 2025-10-24 14:41:00. La nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a placé la défense au cœur de sa priorité politique, annonçant une accélération des dépenses militaires dans un contexte régional tendu, marqué par les tensions avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord.
- Le Japon va augmenter ses dépenses de défense pour atteindre 2 % du PIB d’ici mars 2026.
- Cette décision intervient dans un contexte d’incertitudes géopolitiques accrues en Asie et dans le monde.
- La nouvelle dirigeante mettra également l’accent sur la gestion de l’immigration et les relations avec la Chine.
En prenant ses fonctions mardi, la première femme à diriger le Japon, Sanae Takaichi, a affirmé que le pays allait accélérer son objectif d’augmenter ses dépenses de défense. Elles devraient atteindre 2 % de son produit intérieur brut (PIB) d’ici mars 2026, soit un an plus tôt que prévu initialement. Si les modalités de financement de ce renforcement militaire n’ont pas été précisées, cette stratégie de sécurité renforcée intervient dans un contexte mondial instable, marqué notamment par le conflit en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.
Dans son premier discours, Mme Takaichi a souligné le bouleversement de l’ordre international. Elle a notamment évoqué l’intensification des compétitions géopolitiques et les « graves inquiétudes » suscitées par les activités militaires de ses voisins : la Chine, la Corée du Nord et la Russie. « Le Japon doit faire pression de manière proactive pour renforcer fondamentalement sa puissance de défense », a-t-elle déclaré.
Cette annonce survient à l’approche d’une visite officielle du président américain Donald Trump à Tokyo, prévue du 27 au 29 octobre. Au cours de ce sommet, Mme Takaichi devra probablement répondre aux attentes américaines, notamment en matière de nouvelles augmentations des dépenses de défense et d’achats d’armements auprès des États-Unis. Les discussions porteront également sur le renforcement de l’alliance nippo-américaine.
Concernant la Chine, la nouvelle Première ministre a indiqué la nécessité d’établir une relation constructive et stable, tout en reconnaissant l’existence de « problèmes de sécurité » entre les deux nations. Des experts soulignent que ses positions passées sur l’histoire de la guerre et ses visites au sanctuaire Yasukuni, considérées par certains pays asiatiques comme un manque de remords, pourraient compliquer les relations bilatérales.
Sur le plan intérieur, la Première ministre a affirmé que le Japon avait besoin de travailleurs étrangers pour pallier les pénuries de main-d’œuvre, conséquences du vieillissement et du déclin démographique du pays. « C’est un fait que les activités illégales et la violation des règles par certains étrangers provoquent un sentiment de malaise et d’injustice parmi la population japonaise », a-t-elle précisé, ajoutant que le gouvernement réagirait de manière décisive face à ces agissements, tout en niant toute xénophobie.
Dans cette optique, Kimi Onoda a été nommé ministre de la Sécurité économique, avec pour mission de renforcer les réglementations concernant les étrangers au Japon, notamment en matière d’achat de terres, une préoccupation concernant de nombreux ressortissants chinois. Cette politique pourrait séduire une partie de l’électorat japonais, y compris les partisans du parti d’extrême droite Sanseito. Il est à noter que les statistiques officielles indiquent une baisse de la criminalité parmi les étrangers au Japon, parallèlement à une augmentation de leur population.
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