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Le pape Léon XIV pauvreté Dilexi Te : NPR

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Le pape Léon XIV, dans son premier document officiel, met les pauvres et les migrants au cœur de la doctrine de l’Église catholique, exhortant les évêques du monde entier à devenir des champions de la justice sociale. L’exhortation apostolique « Dilexi te » (Je t’ai aimé), publiée jeudi, réaffirme l’engagement de l’Église envers les plus vulnérables.

Dans ce texte adressé « à tous les chrétiens », signé le 4 octobre, jour de la fête de saint François d’Assise, Léon XIV rappelle la mission de l’Église en tant que « mère » qui « accompagne celui qui marche ». Il déclare : « Là où le monde voit des menaces, elle voit des enfants ; là où se dressent des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile n’est crédible que lorsqu’elle se traduit par des gestes de proximité et d’accueil. Et elle sait qu’en chaque migrant rejeté, c’est le Christ lui-même qui frappe à la porte de la communauté. »

Ce document s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs, notamment saint Jean XXIII, qui avaient déjà appelé à prendre soin des plus démunis. L’exhortation « Dilexi te » s’appuie sur la dernière encyclique du pape François, « Dilexit Nos », soulignant le lien indissociable entre l’amour de Dieu et l’amour des pauvres. Elle reprend les appels du pontife latino-américain à un « traitement préférentiel pour les pauvres » et à une « Église pauvre pour les pauvres ».

Le pape Léon XIV consacre plusieurs paragraphes au sort des immigrants et des réfugiés, insistant sur l’importance d’accueillir ceux qui vivent dans des « périphéries existentielles », c’est-à-dire « ni droits, ni espace, ni liberté ». Il a multiplié les appels à l’accueil de l’étranger, particulièrement dans son pays d’origine, les États-Unis, où l’administration Trump applique une politique d’expulsion stricte. L’approche préconisée par le pape est celle de « d’accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les migrants, rappelant qu’ils constituent la « présence vivante du Seigneur ».

Le Saint-Père a salué la tradition de l’Église en matière d’accueil, citant les actions de Caritas Internationalis. Il a également adressé un message au réseau Catholic Charities USA, saluant son travail auprès des migrants et l’encourageant à rester un « agent d’espoir », dans un contexte de gel des fonds fédéraux pour les organisations à but non lucratif.

Le nom même de Léon XIV rend hommage à Léon XIII, dont l’encyclique « Rerum Novarum » (1891) a posé les bases de l’enseignement social de l’Église concernant les syndicats et les salaires équitables au XIXe siècle. Dans cette nouvelle exhortation, le pape s’attaque aux sociétés modernes qui peinent à éradiquer les inégalités, appelant les « personnes de bonne volonté » à s’engager en faveur de la justice sociale.

« Je ne peux qu’affirmer une fois de plus que les inégalités sont ‘la racine de tous les maux sociaux’ », écrit-il. Il dénonce un monde où la richesse des élites croît « de façon exponentielle » tandis que « des millions de personnes meurent de faim ou survivent dans des conditions impropres aux êtres humains ». Il critique également « les idéologies qui défendent l’autonomie absolue du marché et la spéculation financière », qui promettent à tort qu’une économie de marché résoudrait la pauvreté.

Le pape dénonce une « nouvelle tyrannie » où l’économie est organisée pour le profit des puissants, exigeant des sacrifices des masses, tandis que les pauvres ne reçoivent que « des gouttes qui coulent ». Il s’oppose ouvertement à la « théologie de la prospérité », tout en insistant sur la nécessité de la charité : « Cela ne résoudra pas le problème de la pauvreté mondiale, mais il faut quand même le mettre en œuvre avec intelligence, diligence et responsabilité sociale. »

Léon XIV salue les mouvements populaires qui contestent « l’empire de l’argent » et invitent à s’engager « aux côtés des pauvres, plutôt qu’en leur nom », et à « écrire l’histoire ». Il est de notre devoir, dit-il, de « faire entendre leurs voix, quoique de différentes manières, afin de signaler et de dénoncer ces problèmes structurels, même au prix de paraître stupides ou naïfs ».

Une Église qui néglige les pauvres et les marginalisés « risque de s’effondrer, même si elle parle beaucoup de questions sociales ou critique les gouvernements. Elle dérivera facilement vers une mondanité spirituelle camouflée par des pratiques religieuses, des réunions improductives et des discours creux », met-il en garde. Il critique l’image d’une église parée de soie alors que les pauvres grelottent dehors, affirmant : « Dieu n’a pas besoin de vases en or, mais d’âmes en or. »

Face aux « causes structurelles de la pauvreté », les catholiques sont à un « carrefour moral » : « Soit nous retrouvons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un cloaque », prévient le pape.

Dans ce monde en pleine mutation technologique, le pape exhorte à s’engager auprès des pauvres qui « possèdent une lumière particulière pour le comprendre » et à utiliser la science et la technologie au service du bien.

Il cite les femmes, souvent « doublement pauvres » et premières à perdre leur dignité et leurs droits, comme exemples. Les figures de saints comme François d’Assise et Mère Teresa de Calcutta sont également évoquées, traçant la voie de la miséricorde et de l’accompagnement des démunis.

Enfin, le pape met en lumière l’engagement des ordres religieux, moines, moniales et missionnaires à travers le monde qui luttent contre les « formes modernes d’esclavage », telles que la traite des êtres humains, le travail forcé et l’exploitation sexuelle, et souligne le rôle crucial de l’Église dans le domaine de l’éducation.

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