Publié le 10 février 2026 à 04h38. Le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre japonais Sanae Takaichi a remporté une victoire écrasante aux élections anticipées, lui assurant une majorité constitutionnelle au Parlement et ouvrant la voie à d’importantes réformes.
- Le PLD obtient 315 sièges, soit une majorité des deux tiers à la chambre basse du Parlement.
- Sanae Takaichi devient la première femme dirigeante du Japon à pouvoir mettre en œuvre son programme pour les quatre prochaines années.
- Le parti anti-immigration Sanseito a réalisé une progression notable, tandis que l’opposition a subi de lourdes pertes.
La victoire du PLD, qui comptait auparavant 198 sièges, représente un tournant majeur dans la politique japonaise. Le parti, allié au Parti de l’innovation japonaise (PIJ) qui a obtenu 36 sièges, dispose désormais de 351 sièges sur 456 à la chambre basse, selon les données du ministère de l’Intérieur. Cette majorité qualifiée permet au gouvernement de modifier la constitution, une promesse de campagne de Sanae Takaichi.
L’élection a également mis en évidence la montée en puissance du parti Sanseito, qui a vu son nombre de représentants passer de deux à quinze. À l’inverse, les partis d’opposition, tels que le Parti démocratique constitutionnel et Komeito, ont subi des revers considérables, passant respectivement de 167 à 49 sièges.
Une majorité des deux tiers au Parlement confère au gouvernement la capacité de passer outre les décisions de la chambre haute, où la coalition au pouvoir est minoritaire. Cela donne à Sanae Takaichi les moyens de mener à bien la réforme constitutionnelle qu’elle a annoncée, une question sensible au Japon.
« C’est le début de la lourde responsabilité de rendre le Japon plus fort et plus prospère. »
Sanae Takaichi, Première ministre du Japon
Sanae Takaichi, 64 ans, a convoqué ces élections anticipées en capitalisant sur sa popularité, après être devenue en octobre dernier la cinquième Première ministre du Japon en cinq ans. Bien qu’elle soit la première femme à occuper ce poste, elle a choisi de ne pas mettre en avant son genre dans un paysage politique traditionnellement dominé par les hommes.
Paradoxalement, le nombre de femmes parlementaires a diminué, passant de 73 à 68. Cependant, Takaichi a su séduire une partie de l’électorat, notamment les jeunes, grâce à son style décontracté et à ses initiatives originales, comme son improvisation sur un morceau de K-pop avec le président sud-coréen.
Malgré cette victoire, Sanae Takaichi est confrontée à des défis importants. Elle devra notamment trouver des solutions pour aider les familles à faire face à l’inflation et relancer l’économie sans inquiéter les investisseurs, tout en gérant les finances publiques du pays.
Son gouvernement est également sous pression pour tenir la promesse faite au président américain Donald Trump d’investir 550 milliards de dollars dans l’économie américaine. Les relations avec la Chine restent tendues, en particulier après que Takaichi a suggéré en novembre que le Japon pourrait intervenir militairement si Pékin tentait de prendre Taïwan par la force.
La Chine considère Taïwan comme une province rebelle et n’exclut pas l’usage de la force pour la réunifier. Pékin a averti Tokyo lundi que toute action imprudente se heurterait à une « réponse résolue de la communauté internationale ».