Home Santé Le pathologiste souligne que les progrès en médecine de précision dans le cancer du sein permettent des « traitements de lettres »

Le pathologiste souligne que les progrès en médecine de précision dans le cancer du sein permettent des « traitements de lettres »

0 comments 65 views

Publié le 06 octobre (Europa Press). Les avancées de la médecine de précision transforment le traitement du cancer du sein, ouvrant la voie à des thérapies sur mesure et améliorant significativement les taux de survie, bien que des défis persistent, notamment face aux formes métastatiques de la maladie.

  • La médecine de précision et l’intégration croissante de marqueurs moléculaires permettent une meilleure caractérisation des tumeurs et des traitements adaptés.
  • Le rôle du pathologiste est jugé « fondamental » dans la détection, la classification moléculaire et la prédiction de la réponse aux traitements.
  • L’intelligence artificielle et le séquençage de masse ouvrent de nouvelles perspectives pour une analyse plus fine et personnalisée du cancer du sein.

À l’hôpital Ramón Y Cajal de Madrid, le Dr Belén Pérez Mies, spécialiste en anatomie pathologique, souligne l’importance de ces progrès. « Dans le cancer du sein, la médecine de précision prend son envol, ce qui se traduit par l’intégration toujours plus poussée de marqueurs moléculaires, » explique-t-elle. Le travail des pathologistes consiste à synthétiser ces informations complexes dans des rapports clairs, permettant ainsi de proposer des « traitements sur mesure ». Cette approche personnalisée a contribué à atteindre des taux de survie avoisinant les 85 %, bien que le cancer du sein métastatique demeure une préoccupation majeure.

Le rôle du pathologiste est « fondamental » dans l’identification des biomarqueurs tumoraux et leur classification moléculaire, des éléments cruciaux pour anticiper la réaction d’une tumeur à un traitement donné. « La classification moléculaire du cancer du sein est essentielle à la prise en charge de la maladie. En anatomie pathologique, nous observons la réponse de la tumeur et pouvons quantifier précisément son évolution face à la thérapie, afin de planifier les traitements ultérieurs si nécessaire, » précise le Dr Pérez Mies.

L’exploration de l’intelligence artificielle (IA) dans ce domaine promet des avancées significatives. L’IA pourrait offrir une quantification « beaucoup plus objective » des biomarqueurs, aider à définir des seuils de décision et orienter l’attention des spécialistes vers des zones clés de la tumeur. Parallèlement, le séquençage de masse se révèle particulièrement utile chez les patientes atteintes de formes avancées. Cette technique permet, à partir d’une petite quantité d’ADN, d’analyser simultanément le statut de nombreux gènes, fournissant ainsi une quantité d’informations considérable à partir d’un échantillon tissulaire minimal.

L’arrivée de la biopsie liquide représente une autre innovation majeure. Cette technique, qui analyse les cellules tumorales circulantes à partir d’un simple échantillon de sang, offre une méthode « très peu invasive » pour recueillir des informations sur l’état de la maladie et rechercher d’éventuelles cibles thérapeutiques.

Ces avancées prennent tout leur sens au regard de l’ampleur de la maladie. La Société espagnole d’oncologie médicale (SEOM) estime qu’environ 37 000 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année en Espagne, soit un diagnostic toutes les 15 minutes. « Nous diagnostiquons 37 000 femmes et quelques hommes atteints d’un cancer du sein chaque année. C’est un diagnostic de cancer toutes les quinze minutes environ, » souligne le Dr José Ángel García Sáenz, membre du groupe de recherche sur le cancer du sein et coordinateur de l’unité du sein à l’Hôpital clinique San Carlos de Madrid et à l’International Ruber.

Face à cette réalité, le dépistage universel des femmes, de 45 à au moins 70 ans, est primordial. Le Dr García Sáenz insiste également sur la nécessité d’une attention particulière pour les groupes à risque accru, tels que les femmes porteuses de mutations génétiques pathogènes pour le cancer du sein ou de l’ovaire, ou celles ayant des antécédents familiaux de cancer du sein, pour lesquelles un dépistage précoce est indispensable.

L’innovation joue un rôle clé dans l’approche des cas complexes, comme le cancer du sein métastatique qui touche une femme sur vingt. « Des cibles thérapeutiques potentielles ont été identifiées, modifiant la prise en charge de la maladie avec des thérapies très spécifiques, dirigées exclusivement contre la cellule pathogène et épargnant la cellule saine, » explique le Dr García Sáenz. Cette approche, de plus en plus individualisée, précise et efficace, tout en étant moins toxique, répond mieux aux besoins thérapeutiques des patientes.

Les biomarqueurs prédictifs, tels que l’expression de la protéine PD-L1 dans le cancer du sein triple négatif, sont essentiels pour identifier les patientes éligibles à l’immunothérapie. De même, la détection de mutations germinales BRCA permet de cibler les cellules tumorales avec des médicaments spécifiques.

Marta Moreno, directrice des affaires d’entreprise et de l’accès au marché chez AstraZeneca, rappelle que malgré les améliorations notables dans les taux de survie, des cas difficiles à traiter ou des rechutes continuent de survenir, soulignant l’importance de la recherche et de l’innovation continues.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.