Publié le 2023-11-23 10:00:00. Le père du joueur de rugby Paddy Jackson a obtenu 100 000 livres sterling de dommages et intérêts pour diffamation. Un juge de Belfast a statué que la personnalité de télé-réalité Danielle Meagher avait diffusé de fausses allégations selon lesquelles Peter Jackson aurait tenté de soudoyer la plaignante lors du procès pour viol de son fils.
- Peter Jackson, 69 ans, a été indemnisé pour des mensonges publiés par Danielle Meagher sur les réseaux sociaux.
- Le juge Mark Harvey a souligné la nécessité de conséquences face à des allégations qualifiées d’« ignobles ».
- Les déclarations diffamatoires ont eu un impact dévastateur sur la vie et la réputation de Peter Jackson, le conduisant à un accident vasculaire cérébral.
Le père de l’ancien joueur international irlandais de rugby Paddy Jackson a vu sa longue bataille juridique pour diffamation aboutir à une décision favorable. Peter Jackson a été gratifié de 100 000 £ (environ 115 000 €) de dommages et intérêts après que la personnalité de télé-réalité Danielle Meagher, également connue sous le nom de Danielle Collins, a propagé de fausses accusations sur les réseaux sociaux. Ces allégations laissaient entendre qu’il aurait tenté de corrompre la plaignante lors du procès pour viol de son fils, Paddy Jackson, et de Stuart Olding, tous deux acquittés à l’unanimité en avril 2018.
Lors du rendu de son jugement à la Haute Cour de Belfast, le Maître Mark Harvey a fustigé la nature de ces accusations, les qualifiant d’« ignobles ». Il a dénoncé une tendance inquiétante à croire qu’une « invisibilité en ligne » permettrait de tenir des propos qu’on n’oserait jamais tenir en personne. Selon le juge, de telles « lâches bile en ligne » entraînent des conséquences réelles, causant détresse et dommages à la réputation. Il a martelé que les répercussions pour des publications diffamatoires sans fondement en ligne pouvaient être « très graves ».
Peter Jackson, âgé de 69 ans, a exprimé sa satisfaction face à l’issue de ce qui fut une bataille juridique de sept ans et demi. Il a témoigné de la pression constante subie par sa famille et a renouvelé son appel à des excuses de la part de celle qui a diffusé ces fausses accusations. Les propos tenus par Mme Meagher sur Twitter (aujourd’hui X) en avril 2018 avaient une résonance particulière, survenant peu après l’acquittement de son fils et de Stuart Olding, qui avaient toujours nié toute implication dans les faits reprochés.
Le tribunal a appris l’impact dévastateur de ces allégations sur Peter Jackson. « Écrasé » par ces mensonges concernant une tentative de corruption de témoin et de la plaignante, il aurait développé une paranoïa telle qu’il aurait subi un accident vasculaire cérébral en août 2023, alors qu’il consultait Internet pour surveiller les publications de Mme Meagher. Sa confiance en lui s’est effondrée, le conduisant à un repli social marqué. Cet ancien directeur commercial a qualifié ces faits d’« attaque planifiée contre [sa] intégrité », considérant que ces tweets visaient délibérément à lui nuire.
Le moment de la diffusion des tweets, alors que la famille tentait d’aider Paddy Jackson à relancer sa carrière sportive après son acquittement, fut particulièrement difficile. « Frappé pour six », Peter Jackson s’est senti profondément atteint. Malgré ces accusations, Mme Meagher avait nié être à l’origine des tweets, prétendant sans fondement que le compte était géré par une agence artistique. Peter Jackson aurait souhaité une confrontation directe pour obtenir des explications.
Face à l’absence d’excuses et à la persistance des allégations, Maître Harvey a justifié l’ampleur des dommages accordés. Il a qualifié les tweets d’« attaque personnelle visant à détruire la réputation » par des accusations de malhonnêteté criminelle. Le juge a souligné les efforts considérables déployés pour retrouver Mme Meagher, y compris des démarches aux États-Unis et le recours à une société de sécurité privée. Il a qualifié la personnalité de télé-réalité de « célébrité de la liste Z » dont la conduite était « répréhensible », soulignant sa fuite vers l’Amérique et son attitude « maladroite et difficile » tout au long de la procédure. Le juge a conclu qu’en l’absence de rétractation ou d’excuses, le montant devait refléter l’innocence de M. Jackson et le préjudice subi. Il a rappelé que les « commentaires virtuels ont des conséquences réelles », et que c’est cette conduite flagrante et ultérieure qui a mené à cette décision.
Bien que la récupération de l’indemnisation puisse être compliquée étant donné que Mme Meagher réside à l’étranger, le juge a indiqué que M. Jackson pourrait au moins se targuer d’avoir présenté son dossier, obtenu gain de cause et été innocenté, espérant ainsi prévenir de futures accusations similaires.