Publié le 2025-11-07 05:35:00. Le Congrès péruvien a déclaré la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum « persona non grata » en raison de son soutien à l’ancienne ministre Betssy Chávez. Cette décision intervient après la rupture des relations diplomatiques entre le Pérou et le Mexique.
- Le Congrès péruvien a voté la déclaration de « persona non grata » à l’encontre de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.
- Cette mesure fait suite à l’octroi de l’asile politique par le Mexique à l’ancienne cheffe de cabinet péruvienne Betssy Chávez, recherchée par la justice.
- Le Pérou avait précédemment rompu ses relations diplomatiques avec le Mexique, considérant l’asile accordé comme une ingérence inacceptable.
Le jeudi 11 juin 2025, le Parlement péruvien, par une majorité de 63 voix contre 33 et deux abstentions, a désigné Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, comme « persona non grata ». Le Congrès péruvien estime que la dirigeante mexicaine s’est rendue coupable d’une « ingérence inacceptable dans les affaires intérieures » du pays en offrant l’asile politique à Betssy Chávez, ancienne cheffe de cabinet du président déchu Pedro Castillo. Selon les parlementaires, le comportement de la présidente mexicaine aurait été hostile envers le Pérou depuis le début de son mandat.
Cette décision s’inscrit dans le prolongement de la rupture des relations diplomatiques entre le Pérou et le Mexique, annoncée le lundi précédent. La raison invoquée était l’asile accordé à Betssy Chávez, poursuivie pour son rôle présumé dans la tentative de coup d’État de décembre 2022 menée par l’ancien président Pedro Castillo. Betssy Chávez demeure actuellement dans la résidence de l’ambassade du Mexique à Lima.
Suite à la rupture diplomatique, le président par intérim péruvien a fait savoir que la cheffe de la mission diplomatique mexicaine au Pérou, Karla Ornela, avait reçu un délai impératif pour quitter le territoire national. Le gouvernement mexicain a réagi en qualifiant la mesure péruvienne d’« excessive et disproportionnée ». Mexico a défendu sa décision d’accorder l’asile à Chávez comme un « acte légitime et conforme au droit international », réfutant toute ingérence dans les affaires intérieures péruviennes.
Le contexte judiciaire est tendu : en mars 2025, le procès contre Betssy Chávez et l’ancien président Pedro Castillo a débuté. Le parquet requiert une peine de 25 ans de prison contre l’ancienne ministre pour sa participation au « prétendu plan » de Castillo. Le 7 décembre 2022, Pedro Castillo avait annoncé la dissolution du Congrès et la convocation d’une Assemblée constituante, alors qu’une motion de destitution pour corruption pesait sur lui. Privé du soutien militaire, il avait été destitué par un vote du Congrès, avant d’être arrêté alors qu’il se dirigeait vers l’ambassade du Mexique à Lima. Son épouse et ses deux enfants avaient alors obtenu l’asile dans ce pays, une situation qui pourrait désormais se reproduire pour Betssy Chávez.