Home Accueil Le personnel du ministère britannique des Affaires étrangères a encouragé le voyage de ses pairs en Israël malgré la dégradation des relations

Le personnel du ministère britannique des Affaires étrangères a encouragé le voyage de ses pairs en Israël malgré la dégradation des relations

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Publié le 2025-10-18 18:22:00. Des jeunes venus des quatre coins de la Méditerranée ont partagé leur expérience de paix et de dialogue à bord du trois-mâts « Bel Espoir » en escale à Ostie. Leur initiative, soutenue par une visite du pape, vise à construire des ponts face à un monde traversé par les conflits.

  • Une soixantaine de jeunes issus de divers horizons culturels et religieux naviguent sur la Méditerranée pour promouvoir la paix.
  • Le pape a salué cette initiative, encourageant les participants à rester des signes d’espoir dans un monde marqué par la violence.
  • L’expérience « Bel Espoir » se veut une « école de paix », offrant aux jeunes une plateforme de dialogue et de rencontre.

Au cœur du port italien d’Ostie, une atmosphère de fraternité régnait alors que des jeunes gens, bras dessus, bras dessous, exécutaient le dabke, une danse folklorique arabe traditionnelle. Ces jeunes, originaires de pays tels que la Libye, l’Égypte, la France ou encore la Bosnie, participent à une traversée de la Méditerranée à bord du « Bel Espoir », une goélette dont l’objectif est de semer les graines de la paix. Leur démarche a été particulièrement honorée par la présence et le soutien du pape Léon XIV, dont la visite a été accueillie avec une grande joie.

« Pour moi, c’est une immense joie que le pape croie en notre projet et tienne à nous rencontrer », a confié à l’AFP Jesus Marro, un Espagnol de 30 ans, soulignant l’importance de ce soutien papal pour la construction d’une paix commune.

Depuis le mois de mars, ce navire historique, construit en 1944 et récemment restauré, a accueilli près de 200 jeunes, âgés de 19 à 35 ans. Ces jeunes, issus de cultures et de religions diverses, ont pris part à plusieurs voyages maritimes à travers la Méditerranée. Le périple actuel, débuté à Naples, se dirigeait vers Marseille, marquant la huitième et dernière étape de leur périple. Ces participants, déjà engagés dans des projets communautaires dans leurs pays d’origine, voient dans ce voyage une opportunité précieuse de promouvoir le dialogue, face à ce qu’ils décrivent comme une montée inquiétante des tensions mondiales.

Vendredi après-midi, le souverain pontife américain, lors de sa visite à bord du trois-mâts amarré près de Rome, a tenu à les encourager. Il les a exhortés à écouter dans « un monde de plus en plus enclin à la violence, à la haine et à la séparation ». Accueilli par des chants, le chef de l’Église catholique a gravi le pont, visité les cabines et partagé un moment convivial autour de pâtisseries dans la petite salle à manger du bateau. « Le monde d’aujourd’hui a plus besoin de signes et de témoignages qui donnent de l’espoir que de mots », a-t-il déclaré dans un discours improvisé en anglais, prononcé sur le pont principal.

Pendant la navigation, les jeunes, qu’ils soient musulmans, chrétiens orthodoxes, catholiques ou sans affiliation religieuse, participent activement aux tâches quotidiennes du navire. Cuisine, entretien, quarts de nuit : ces responsabilités partagées renforcent un sentiment de proximité et d’entraide.

« La vie est courte. »

Christina Hilana, une Palestinienne de 27 ans originaire d’un village près de Ramallah en Cisjordanie, a qualifié cette expérience de « très émouvante ». Elle a ajouté : « Ces deux années ont été très douloureuses, et quitter mon pays dans cette situation n’a pas été facile du tout. »

Fatima Al-Wardi, une musulmane irakienne de 30 ans qui dirige un projet humanitaire à Bagdad, a vécu sa première rencontre avec la mer à cette occasion. « Je n’étais pas prête, j’ai peur de l’eau, je ne sais pas nager, mais la vie est courte et quand on a une chance, il faut la saisir », a-t-elle confié. Elle a poursuivi : « L’Irak a connu l’armée américaine, puis la guerre civile entre sunnites et chiites, et maintenant il y a Daesh. Nous avons traversé de nombreux conflits incessants, mais nous avons encore besoin de paix parce que nous croyons en l’humanité. »

Le père Alexis Leproux, prêtre catholique marseillais et co-organisateur du projet, a expliqué que chaque jour était l’occasion pour les jeunes d’échanger sur des thèmes variés tels que l’environnement, l’économie, la place des femmes, l’éducation ou encore le dialogue culturel. « Il s’agit de construire une culture de la rencontre comme alternative à la culture du conflit et de la rivalité, et cela s’apprend », a-t-il précisé.

De retour à terre, les participants poursuivent cette démarche d’apprentissage lors de séminaires et d’ateliers dans les villes visitées, dans le cadre de l’édition 2025 des « Rencontres méditerranéennes » organisées par l’Église catholique. Fatima Al-Wardi a d’ailleurs partagé un passage du Coran qui l’a particulièrement marquée : « Sortez, explorez les gens. Je vous ai tous créés pour que vous puissiez vous connaître… Il vous suffit de sortir de votre zone de confort. »

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