Publié le 2025-10-16 07:46:00. Le cours du pétrole a connu une nette remontée après que le président américain Donald Trump a annoncé un possible arrêt des achats de brut russe par l’Inde. Cette déclaration pourrait impacter l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
- Le Brent a dépassé les 62 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate s’est rapproché de 59 dollars.
- L’Inde, l’un des principaux bénéficiaires du pétrole russe à prix réduit, est appelée à trouver des alternatives.
- Le Royaume-Uni a également renforcé ses sanctions contre des acteurs du secteur énergétique russe.
La perspective d’une suspension des importations de pétrole russe par l’Inde a suffi à faire grimper les cours du brut, le Brent repassant la barre des 62 dollars le baril après avoir cédé du terrain lors des deux séances précédentes. Le West Texas Intermediate (WTI) évoluait quant à lui proche des 59 dollars. Cette réaction du marché fait suite à une déclaration du président américain Donald Trump, affirmant que le Premier ministre indien Narendra Modi s’était engagé à cesser ses achats de pétrole russe. Cependant, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour cette potentielle réduction, et New Delhi n’a pas encore officiellement confirmé cette information. Le ministère indien des Affaires étrangères a seulement précisé que le pays continuerait de diversifier ses sources d’approvisionnement afin d’assurer la stabilité des prix et la sécurité des livraisons.
L’Inde, à l’instar de la Chine, avait largement profité des exportations russes à prix attractifs, rendues possibles par le mécanisme de plafonnement des prix du G7. Ce dispositif visait à maintenir les flux de pétrole sur le marché mondial tout en limitant les revenus de la Russie destinés à financer son conflit en Ukraine. Néanmoins, des officiels américains ont récemment critiqué les pratiques de certaines entreprises indiennes jugées trop lucratives dans ce contexte. Ces importations russes constituent un point de friction notable, alors que l’Inde cherche à accélérer les négociations commerciales avec les États-Unis, ces derniers ayant vu leur capacité d’exportation de pétrole vers l’Inde atteindre potentiellement 15 milliards de dollars supplémentaires, selon les dires du secrétaire américain au Commerce.
« C’est assurément une nouvelle haussière pour les prix », a commenté Mukesh Sahdev, fondateur et PDG de la société d’analyse Xanalysts, basée à Sydney. Il souligne que l’Inde importe actuellement environ trois fois plus de pétrole de Russie que des États-Unis et devra trouver des alternatives au Moyen-Orient pour mettre fin intégralement à ses achats russes.
Parallèlement, le Royaume-Uni a durci son action en imposant des sanctions aux principaux producteurs de pétrole russes, ainsi qu’à deux entreprises énergétiques chinoises et au raffineur indien Nayara Energy Ltd., pour leur implication dans la gestion de carburants russes. Ces mesures s’inscrivent dans un effort coordonné des pays occidentaux visant à assécher le financement du Kremlin par le biais des exportations d’hydrocarbures et à limiter la capacité du président Vladimir Poutine à financer la guerre en Ukraine.
Le cours du brut avait déjà connu une baisse au cours du mois écoulé, alimentée par les inquiétudes concernant la demande mondiale, exacerbées par les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine, les deux plus grands consommateurs de pétrole. Les principales sociétés de négoce anticipent l’émergence d’une offre excédentaire sur le marché. Donald Trump a d’ailleurs déclaré que les États-Unis étaient engagés dans une guerre commerciale avec la Chine, alors même que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, envisageait une pause plus longue sur les droits de douane élevés appliqués aux produits chinois pour tenter de résoudre un conflit portant sur les minéraux critiques.