Washington. Le président américain Donald Trump a dévoilé un plan visant à faciliter l’accès à la fécondation in vitro (FIV), promettant de réduire les coûts pour les familles désireuses d’avoir recours à cette technique. Cette initiative, annoncée le 16 octobre dans le Bureau Ovale, s’inscrit dans une démarche visant à tenir une promesse de campagne de 2024.
Le plan de Donald Trump prévoit la suppression des formalités administratives pour les employeurs souhaitant proposer une couverture pour la FIV à leurs employés. Bien que cette mesure vise à élargir l’accès à des millions d’Américains, elle n’imposerait pas aux assureurs de couvrir systématiquement ces services, une proposition plus ambitieuse initialement mentionnée durant sa campagne.
Parallèlement, le président a annoncé un accord avec EMD Serono, le plus grand fabricant de médicaments pour la fertilité aux États-Unis. Cet accord, qualifié de « nation la plus favorisée » pour la fixation des prix, prévoit une réduction des coûts des médicaments de fertilité, allant de 42% à 79%. Cette baisse concernera notamment le Gonal-f, un médicament essentiel à la stimulation ovarienne. Ces médicaments seront disponibles via TrumpRx, le site internet dédié à la vente directe de certains médicaments sur ordonnance aux consommateurs, à partir de début 2026. Le montant de la remise sera modulé en fonction des revenus des patients.
« Il n’y a pas de bonheur et de joie plus profonds que d’élever des enfants, et désormais des millions d’Américains aux prises avec l’infertilité auront une nouvelle chance de partager la plus grande expérience de toutes », a déclaré Donald Trump, soulignant l’importance de cette avancée pour les familles.
La FIV, une technologie combinant ovules et spermatozoïdes en laboratoire pour former des embryons, représente un coût significatif pour les familles, souvent compris entre 20 000 et 30 000 dollars par cycle. Le projet de Trump vise à alléger ce fardeau financier pour les employeurs et leurs employés.
L’administration Trump s’apprête ainsi à assouplir les réglementations pour les entreprises désireuses d’étendre les traitements de fertilité à leurs salariés. Ces nouvelles dispositions permettraient aux employeurs d’offrir les traitements de fertilité comme un avantage supplémentaire, distinct de l’assurance maladie principale, à l’instar des couvertures dentaire, optique ou de vie.
Selon les estimations, ces économies négociées pourraient représenter entre 1 200 et 1 900 dollars de réduction par cycle pour les consommateurs éligibles, en fonction de leurs revenus. Cette remise serait accessible aux personnes dont les revenus atteignent jusqu’à 550% du seuil de pauvreté fédéral, soit environ 86 000 dollars par an.
Les ministères fédéraux du Travail, du Trésor et de la Santé et des Services sociaux devraient prochainement publier des directives clarifiant la manière dont les employeurs pourront proposer des traitements de fertilité en tant qu’avantage indépendant. Cette démarche devrait permettre aux entreprises de mieux maîtriser les coûts de ces prestations et aux travailleurs de souscrire plus facilement à ces options.
Durant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump s’est positionné en faveur de la FIV, promettant d’en faciliter l’accès. Cette position visait à contrer les critiques des démocrates, qui avaient soulevé des inquiétudes quant à l’impact de l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade sur l’accès à la FIV dans certains États. L’ancien président s’était d’ailleurs autoproclamé « père de la FIV », une appellation moquée par ses opposants, qui ont rappelé les votes républicains au Congrès visant à bloquer des législations de protection de la FIV.
Interrogé sur d’éventuelles objections religieuses de la part des conservateurs pro-vie, Donald Trump a affirmé : « Je pense que c’est très pro-vie. Vous ne pouvez pas être plus pro-vie que cela ». Il avait déjà signé un décret le 18 février dernier, demandant à son administration de proposer des recommandations pour « protéger l’accès à la FIV et réduire agressivement les dépenses personnelles et les plans de santé pour le traitement de FIV ». La Maison Blanche avait toutefois dépassé le délai de 90 jours fixé pour ces recommandations.
D’après le cabinet de conseil Mercer, près de la moitié des employeurs de plus de 500 employés proposent déjà une couverture FIV dans leurs régimes d’assurance maladie. Ce chiffre monte à 70% pour les très grandes entreprises comptant 20 000 employés ou plus. Des enquêtes récentes indiquent par ailleurs que la couverture de la fertilité figure parmi les avantages les plus recherchés par les jeunes adultes actifs. Une étude de Maven Clinic révélait que 69% des employés accepteraient un nouvel emploi pour de meilleurs avantages familiaux et reproductifs, tandis qu’une autre enquête de Gallagher indiquait que 63% des salariés envisageraient de changer d’employeur pour des avantages sociaux améliorés.
Une enquête de la KFF en 2024 soulignait que 13% des femmes en âge de procréer ont eu besoin de services d’aide à la fertilité, dont 14% ont eu recours à la FIV.
Ce plan sur la FIV intervient dans un contexte de débat sur le coût des soins de santé, suite à une récente fermeture partielle du gouvernement fédéral, lors de laquelle les démocrates ont mis en avant l’augmentation des dépenses de santé.