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Le pop-up store de Tanja Neumann à Duderstadt

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Publié le 2025-10-14 09:00:00. Des créatures cauchemardesques prennent vie dans une boutique éphémère à Duderstadt, portée par l’imagination débordante de Tanja Neumann, une artiste aux multiples facettes qui a transformé sa passion pour l’horreur et le fantastique en une entreprise unique.

  • Tanja Neumann a ouvert une boutique pop-up à Duderstadt, proposant figurines, objets de décoration et tatouages inspirés par les monstres, les vampires et les univers fantastiques.
  • Ancienne enseignante, elle a décidé de se consacrer pleinement à son art après avoir exploré le tatouage et le mannequinat dans le milieu alternatif.
  • Son espace de vente, aménagé dans un style « sorcier » mêlant nature et macabre, invite les visiteurs dans un univers immersif, parfois comparé à un musée ou une galerie.

C’est un rire franc, loin des grognements de monstres ou des cris de sorcières, qui anime Tanja Neumann, une femme d’une quarantaine d’années aux cheveux violets et aux lunettes audacieuses. Sa vie ? Elle est peuplée de zombies, de créatures fantastiques et d’autres êtres surnaturels. Si les héros d’action ou les personnages de mangas font parfois une apparition, ce sont bien les monstres qui occupent la première place dans son cœur et dans son art. Cette passion, loin d’être macabre, se traduit par des objets et des figurines qui fascinent autant qu’ils amusent. Installée temporairement sous la Westerturm à Duderstadt, sa boutique « abARTig » propose une ambiance où le macabre côtoie le ludique, un mélange qui sied parfaitement à cette habitante de Duderstadt, qui a grandi dans un environnement plus conventionnel tout en nourrissant un attrait pour les musiques sombres et les films d’horreur.

Il y a plusieurs décennies, c’est par amour que Tanja Neumann a quitté sa ville natale pour s’installer en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Parallèlement à son métier d’enseignante, elle a fait ses armes dans un studio de tatouage. « J’ai passé des années à tatouer le soir, après mon travail à temps plein », confie-t-elle. Cette double vie, entre le monde de l’enfance et l’art corporel, lui a apporté une certaine tension créative, mais elle déplore alors un manque de reconnaissance et une scène du tatouage trop souvent associée aux clubs de motards. Les exigences du métier, accentuées par une grossesse, l’ont poussée à chercher une voie plus libre, plus artistique, sans crainte ni contrainte. « J’ai tout arrêté pour me consacrer pleinement à l’enseignement », explique-t-elle.

La naissance de son fils a marqué une nouvelle étape dans sa vie. Pendant un temps, elle s’est dédiée à l’artisanat, créant des objets pour elle-même et sa famille. Mais la vie réserve parfois des détours inattendus. Suite à la rupture de son mariage, Tanja Neumann a dû trouver des solutions pour subvenir à ses besoins. C’est ainsi qu’elle a décidé de vendre ses créations artisanales sur les marchés, une initiative qui l’a surprise par son succès. « C’était incroyable, je n’aurais jamais imaginé ça », s’exclame-t-elle.

À ses débuts, elle transformait des figurines de poneys en plastique colorées, leur greffant des visages démoniaques et des cornes pour en faire des décorations « gothiques ». Elle a également fait quelques incursions dans le mannequinat pour des shootings spécialisés dans le fantastique, concevant elle-même ses costumes. Bien que cette période lui ait permis de se faire connaître, elle n’a pas été particulièrement lucrative : « J’ai investi beaucoup d’argent, mais j’en ai retiré très peu », reconnaît-elle. Néanmoins, l’expérience de parcourir l’Allemagne et de réaliser des shootings reste un souvenir précieux.

Finalement, elle a décidé de structurer son activité, participant à des festivals comme le M’Era Luna ou l’Amphi, ainsi qu’à des conventions dédiées au cinéma, à la bande dessinée et aux jeux vidéo. « À un moment donné, je me suis dit : dès que mon fils aura quitté la maison, je créerai ma propre entreprise », raconte-t-elle. Ce moment est arrivé il y a deux ans.

« Les visiteurs me disent souvent que cela ressemble à un musée ou à une galerie. »

Tanja Neumann, femme d’affaires indépendante à Duderstadt

Ce fut son fils qui, en quittant le nid familial pour vivre avec sa compagne, a encouragé sa mère à concrétiser son rêve d’une entreprise dédiée à l’horreur « fait maison ». Son compagnon lui a également apporté un soutien indéfectible. Le soir du Nouvel An, avec le cœur battant, Tanja Neumann a remis sa démission, tournant le dos à sa carrière d’enseignante, malgré un manque de connaissances en comptabilité. « Je ne connaissais rien à la comptabilité et à tout ça », avoue-t-elle en riant.

Grâce à son ex-mari, elle a trouvé un local à Schwelm où elle a installé sa « petite boutique d’horreur ». Ouverte du jeudi au samedi, le reste de son temps est consacré à son atelier. Son domicile aussi, d’ailleurs, où elle a opté pour un style « sorcier » pour sa décoration intérieure, mêlant matériaux naturels comme des troncs de bouleau et des herbes à ses propres créations pour recréer une atmosphère de forêt mystérieuse. « Les visiteurs me disent souvent que cela ressemble à un musée ou à une galerie », confie-t-elle avec amusement.

À Duderstadt, elle investit le local qui a connu plusieurs vies : d’abord le Café Spießbürger, puis la galerie « Hin und weg » et enfin un espace de co-working. Elle y a installé son atelier de tatouage et son espace de vente. La concurrence est rude à Schwelm, avec une densité impressionnante de tatoueurs. « Il y a peut-être une différence ici », suggère-t-elle, consciente de s’adresser à une niche spécifique. Son art du tatouage, tout en abordant des thèmes comme les monstres, les dragons et les vampires, s’étend également aux animaux de compagnie. « Si vous le souhaitez, vous pouvez me confier l’empreinte de la patte de votre animal et je la tatouerai », explique Tanja Neumann, qui collabore d’ailleurs avec un distributeur d’aliments pour animaux et une association de protection des chauves-souris.

Côté décoration, l’univers manga, le cosplay, mais aussi Halloween et Noël sont très demandés. Noël ? En effet. En plus des serre-têtes ornés de cornes et de masques fantastiques, Tanja Neumann propose des couronnes de l’Avent agrémentées de petits dragons et des boules de Noël au look de chauve-souris. Son installation actuelle à Duderstadt est d’ailleurs le fruit du hasard. « C’était la seule semaine où j’avais une disponibilité », explique-t-elle en riant. La saison des festivals vient de s’achever, avec les salons Magic Con et Hotel Con. « Et maintenant, me voilà. » Quant à savoir si cette présence à Duderstadt sera plus longue que prévue, elle reste prudente : « Voyons comment ça se passe. » Quoi qu’il en soit, elle continuera à visiter l’Eichsfeld pour des raisons personnelles, rendant visite à sa sœur, sa famille, et se recueillant sur la tombe de sa mère. Elle espère également renouer avec d’anciennes connaissances.

« J’ai toujours été une créatrice de monstres. »

Tanja Neumann

« Y a-t-il encore d’anciens gothiques dans le coin ? » demande-t-elle en riant, évoquant le temps où les métalleux, les gothiques, les punks et les hippies se côtoyaient à Duderstadt. « Il y avait ici une scène avec une cohésion très forte », se souvient-elle, avant de conclure avec un sourire : « J’ai toujours été une créatrice de monstres. »

Tanja Neumann et sa boutique « abARTig » sont présentes sous la Westerturm jusqu’à samedi.

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