Publié le 20 février 2026 à 08h20. Une enquête pour corruption visant d’anciens hauts fonctionnaires norvégiens, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Børge Brende, est en cours, parallèlement à un regain d’attention sur leurs liens avec le financier américain Jeffrey Epstein et la gestion de documents sensibles liés au processus d’Oslo.
- L’unité norvégienne de lutte contre la criminalité économique et environnementale (Økokrim) enquête sur Thorbjørn Jagland, Terje Rød-Larsen et Mona Juul.
- Børge Brende est critiqué pour son manque de transparence concernant ses relations avec son employeur au Forum économique mondial à Davos et ses éventuels contacts avec Jeffrey Epstein.
- Des questions subsistent quant à la dissimulation de documents relatifs au processus d’Oslo et aux déclarations antérieures du Premier ministre Jonas Gahr Støre à ce sujet.
L’affaire, qui a débuté il y a environ trois semaines avec la publication des « fichiers Epstein », révèle un réseau de relations complexes entre des personnalités norvégiennes de premier plan et le financier américain condamné pour agressions sexuelles. Plusieurs individus impliqués ont affirmé prendre leurs distances avec Epstein après avoir pris connaissance de ses actes, ou ont exprimé des regrets quant à leurs précédents contacts.
Cependant, un silence pesant est tombé sur les principaux concernés. Børge Brende se retranche derrière l’examen mené par son employeur à Davos, tandis que les trois accusés, faisant l’objet de l’enquête d’Økokrim, se contentent de renvoyer à des réponses écrites antérieures ou de communiquer par l’intermédiaire de leurs avocats.
Au-delà des aspects strictement légaux, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la confiance accordée à ces personnalités et sur la manière dont elles ont agi au nom de la Norvège, ou dans des fonctions financées par l’argent public. Il s’agit, selon certains observateurs, d’une question de responsabilité envers l’ensemble de la population, qui a été en quelque sorte leur « cliente ».
Le Premier ministre Jonas Gahr Støre est également interpellé sur la gestion de cette affaire. Bien qu’il ne soit pas directement impliqué dans les documents d’Epstein, des interrogations persistent quant à sa connaissance et à sa réaction face à la dissimulation de documents relatifs au processus d’Oslo, notamment ceux conservés par Terje Rød-Larsen.
En 2006, le porte-parole de Støre avait affirmé qu’aucun document ne manquait, une déclaration que le Premier ministre lui-même ne se souvient plus avoir validée. Sa porte-parole actuelle, Anne Lene Dale Sandsten, contredit cette affirmation, affirmant qu’une communication avait été convenue sur instruction du ministre des Affaires étrangères. Des déclarations similaires avaient été faites en 2012, selon le journal Dag og Tid.
L’historienne Ingrid Vik, qui suit de près cette affaire depuis des années, décrit l’Institut de la paix international (IPI), dirigé par Rød-Larsen, comme une sorte d’agence événementielle pour la délégation norvégienne à l’ONU. Les allocations financières à l’IPI ont considérablement augmenté sous le mandat de Støre en tant que ministre des Affaires étrangères, atteignant un pic entre 2007 et 2009, avant d’être réduites sous le gouvernement conservateur d’Ine Eriksen Søreide.
La question centrale demeure : l’accès au réseau de Rød-Larsen a-t-il joué un rôle déterminant dans ces décisions, et Støre a-t-il protégé Rød-Larsen ? Tant que le Premier ministre ne fournira pas de réponses plus claires, les spéculations persisteront et la confiance du public risque d’être ébranlée.