Nicosie, 15 février 2026. Le président chypriote Nikos Christodoulides a fermement réfuté ce dimanche les justifications invoquées pour retarder la reprise des négociations sur le problème chypriote, se déclarant prêt à s’engager « dès la semaine prochaine » dans une conférence élargie.
- Le président Christodoulides juge « absurdes » les arguments liés aux élections législatives et à la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne pour justifier un report des négociations.
- Il réaffirme la volonté de la partie chypriote grecque de reprendre les discussions là où elles s’étaient interrompues à Crans-Montana.
- Chypre a reçu une invitation des États-Unis à participer en tant qu’observateur à une initiative du Conseil de paix concernant Gaza, une invitation qualifiée d’« importante » par le président Christodoulides.
S’exprimant après avoir assisté aux célébrations de la Saint Maron à Nicosie, le président Christodoulides a balayé d’un revers de main les obstacles soulevés pour différer la reprise des pourparlers. Il a qualifié de « ridicules » les arguments selon lesquels les prochaines élections parlementaires en mai ou la présidence chypriote du Conseil de l’Union européenne pourraient empêcher la tenue d’une conférence élargie sur le problème chypriote.
« Je suis prêt la semaine prochaine à me rendre à New York et à annoncer la reprise des négociations là où elles s’étaient arrêtées à Crans-Montana, dans le plein respect de l’acquis de négociation. »
Nikos Christodoulides, président de Chypre
Le chef de l’État a insisté sur la détermination de son gouvernement à revenir à la table des négociations, soulignant que ni la présidence chypriote du Conseil de l’UE, ni les échéances électorales ne remettent en cause cette volonté.
« En ce qui concerne les élections législatives, je suis désolé, mais c’est un argument absurde. Elles n’affectent en aucune manière ni le résultat ni le processus. »
Nikos Christodoulides, président de Chypre
Il a lancé un appel direct à l’autre partie, demandant qu’elle exprime publiquement toute incapacité à participer aux négociations.
« Si certains – je ne sais pas qui – ne sont pas en mesure de participer à des négociations à ce moment-là, qu’ils le disent publiquement. La partie chypriote grecque est prête. »
Nikos Christodoulides, président de Chypre
Ces déclarations interviennent alors que des informations font état des difficultés rencontrées par les Nations Unies pour organiser une conférence dans le contexte actuel. Le président Christodoulides a affirmé ne pas avoir pris connaissance de cet article, mais a réitéré la disponibilité de la partie chypriote grecque à agir dès que le secrétaire général de l’ONU le jugera opportun.
Interrogé sur les déclarations du dirigeant chypriote turc Tufan Erhurman concernant les points de passage, notamment celui d’Ayios Dometios, le président Christodoulides a rappelé que la République de Chypre est prête depuis longtemps à procéder à l’élargissement de la route, mais que des retards ont été enregistrés dans la zone tampon. Il a également souligné qu’une réponse négative avait été formulée par la partie chypriote turque lorsque Ersin Tatar en assurait la direction.
Enfin, le président Christodoulides a évoqué la participation de Chypre en tant qu’observateur à une initiative du Conseil de paix concernant Gaza, à la suite d’une invitation des États-Unis. Il a qualifié cette invitation d’« importante », soulignant que Chypre, en tant qu’État membre de l’UE le plus proche de Gaza, a un intérêt particulier à voir ce plan mis en œuvre, notamment en s’appuyant sur l’initiative humanitaire « Amalthea » lancée après les attentats d’octobre 2023.
Le président Christodoulides ou le ministre des Affaires étrangères Constantinos Kombos assisteront à la réunion, une décision finale étant attendue prochainement.
