Quelques jours après avoir renoncé à ses titres royaux, le prince Andrew est désormais sous le feu des projecteurs d’une enquête américaine concernant ses liens avec le défunt financier Jeffrey Epstein. Des responsables du Congrès américain ont fait savoir qu’ils souhaitaient l’interroger sur cette association, dans le cadre d’investigations approfondies sur le réseau de trafic sexuel présumé.
Stephen Lynch, un membre influent du comité de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis, a déclaré que les « dossiers Epstein » examinés par le FBI rendaient souhaitable une discussion avec le prince Andrew. Cette démarche intervient suite à la publication des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, où elle réitère ses accusations selon lesquelles elle aurait été victime de trafic vers le prince par le milliardaire pédophile. Le prince Andrew a toujours fermement nié ces allégations.
Les membres du Congrès démocrate ont indiqué qu’une invitation formelle au prince Andrew pour discuter de son association avec Epstein était « certaine », compte tenu de la progression de leur enquête. Le Congrès américain se dit particulièrement intéressé à entendre le prince « au sujet de son implication dans tout cela ».
Si le prince Andrew devait être invité à témoigner, sa citoyenneté britannique pourrait rendre une citation à comparaître officielle impossible. Il lui appartiendrait alors de répondre volontairement à cette invitation.
Les liens entre le prince Andrew et Jeffrey Epstein ont été mis en lumière ces derniers jours. Les mémoires de Virginia Giuffre décrivent trois relations sexuelles présumées entre elle et le prince. L’ouvrage revient également sur l’interview télévisée du prince en 2019, qualifiée de « coup de pouce » pour l’équipe juridique de Giuffre dans ses poursuites judiciaires.
Cette publication intervient peu après l’annonce par le prince Andrew et Sarah Ferguson de leur décision d’annuler l’usage de leurs titres royaux. Le couple a justifié cette mesure par le fait que les accusations portées contre le prince « détournaient l’attention du travail de Sa Majesté et de la famille royale ».
Dans un communiqué publié par le Palais de Buckingham, il était précisé : « J’ai décidé, comme je l’ai toujours fait, de donner la priorité à mon devoir envers ma famille et mon pays. Je maintiens ma décision d’il y a cinq ans de me retirer de la vie publique. Avec l’accord de Sa Majesté, nous estimons que je dois désormais aller plus loin. Je n’utiliserai donc plus mon titre ni les honneurs qui m’ont été conférés. Comme je l’ai dit précédemment, je nie vigoureusement les accusations portées contre moi. »
Depuis cette annonce, la pression publique s’est accrue pour que le prince Andrew soit officiellement déchu de son duché, un acte qui ne peut être accompli que par le Parlement. Des appels ont également été renouvelés pour son expulsion du Royal Lodge à Windsor.
Il a été révélé que le prince Andrew payait un loyer symbolique pour la propriété de 30 millions de livres sterling depuis plus de 20 ans. Le bail de 75 ans, signé en 2003, prévoyait un paiement initial de 1 million de livres sterling, suivi d’un loyer annuel minime « si demandé ».