Home International Le prochain partenaire commercial important abandonne Poutine – les sanctions de Trump comme déclencheur

Le prochain partenaire commercial important abandonne Poutine – les sanctions de Trump comme déclencheur

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Publié le 4 novembre 2025, 19h00. La Turquie, autrefois un acheteur majeur de pétrole russe, semble revoir sa stratégie en s’approvisionnant davantage auprès d’autres nations. Cette évolution intervient alors que de nouvelles sanctions américaines visent les principaux producteurs russes, fragilisant l’économie du Kremlin.

  • Les raffineries turques diversifient leurs sources d’approvisionnement en brut, réduisant leur dépendance vis-à-vis de la Russie.
  • Des sanctions américaines ciblent Lukoil et Rosneft, deux piliers du secteur énergétique russe, limitant leurs revenus et leurs exportations.
  • La Turquie, précédemment un intermédiaire clé pour contourner les sanctions occidentales, prend désormais ses distances avec Moscou.

La Turquie, qui s’était hissée à la troisième place des importateurs de pétrole brut russe en 2024, opérant un changement notable par rapport à sa précédente 14ème position, opère un virage stratégique. Des données récentes, relayées par l’agence de presse Reuters, indiquent que des raffineries majeures comme SOCAR Turkey Aegean Refinery (STAR) ont commencé à s’approvisionner en pétrole auprès de pays tels que l’Irak et le Kazakhstan. Ces changements impliquent que STAR, qui achetait quasiment la totalité de son brut à la Russie (210 000 barils par jour), a désormais recours à des sources non russes pour 77 000 à 129 000 barils quotidiens.

Une autre grande raffinerie turque, Tupras, suit une tendance similaire. Les importations de pétrole brut d’origine non russe, y compris du brut irakien aux caractéristiques proches de celles de l’Oural russe, sont en augmentation. Le cabinet d’analyse Kpler anticipe une hausse significative des importations de pétrole irakien en Turquie pour novembre, passant de 99 000 à 141 000 barils par jour. Sur les dix premiers mois de l’année, le pétrole russe représentait 47 % des importations de brut turques, soit 317 000 barils sur un total quotidien de 669 000 barils.

Cette réorientation s’inscrit dans un contexte où le secteur pétrolier russe traverse une crise profonde, exacerbée par les sanctions occidentales. Le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) avait précédemment dénoncé une « hypocrisie des sanctions », soulignant que bon nombre des importations turques de pétrole russe finissaient par être réexportées vers l’Union Européenne, offrant ainsi un moyen de contourner les restrictions imposées par les alliés de l’Ukraine.

La donne a changé avec de nouvelles sanctions américaines, annoncées sous l’administration du président Donald Trump. Ces mesures visent directement Lukoil et Rosneft, deux des principaux producteurs de pétrole russes, ainsi que plusieurs de leurs filiales. Ces sanctions menacent également les entreprises commerçant avec ces entités. Ensemble, Lukoil et Rosneft représentent environ la moitié des exportations russes de pétrole brut, estimées à 3,1 millions de barils par jour, un secteur crucial pour les revenus de l’État russe. Face à ces pressions, Poutine avait mis en place une « flotte fantôme » pour tenter de contourner les sanctions, une stratégie qui semble perdre de son efficacité.

La Turquie n’est pas la seule nation à réduire sa dépendance au pétrole russe. L’Inde, par le biais de sa société publique Indian Oil, a également annoncé son intention de n’acheter du pétrole qu’en conformité avec les sanctions, bien qu’elle n’ait pas envisagé un abandon total des exportations russes.

Ces développements constituent un coup dur pour Lukoil et Rosneft. Les deux compagnies ont déjà annoncé des baisses notables de leurs bénéfices. Lukoil envisagerait même de céder ses actifs étrangers, une décision qui, selon le portail d’information Politico, pourrait entraîner une chute supplémentaire de 30 % de ses revenus. La crise des carburants qui affecte actuellement la Russie, avec des restrictions d’exportation dues à une campagne de drones ukrainiens sur les infrastructures russes, ajoute une pression supplémentaire sur le secteur énergétique du pays. Des régions comme l’Est de la Russie et la Crimée ont déjà été contraintes à un rationnement, et de nombreuses stations-service ont fermé.

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