Publié le 04 novembre 2025. Telefónica confirme son retrait du marché vénézuélien dans le cadre d’une stratégie de désinvestissement plus large en Amérique latine. Le président Marc Murtra justifie cette décision par le plan stratégique de l’entreprise, tout en se défendant de toute pression politique extérieure.
- Telefónica quitte le Venezuela, marquant la fin de sa présence dans l’ensemble de l’Hispam (Amérique latine et Caraïbes).
- Le retrait est motivé par une stratégie initiée en 2019 et intégrée au plan Transform & Grow, et non par des pressions américaines.
- Le contexte vénézuélien, marqué par des restrictions sur le rapatriement des dividendes et l’instabilité économique, complique la recherche d’un repreneur.
La décision du retrait du Venezuela, annoncé par le président de Telefónica, Marc Murtra, s’inscrit dans une stratégie de désinvestissement déjà en cours en Amérique latine. L’opérateur télécom a déjà finalisé la vente de ses filiales en Argentine, au Pérou, en Équateur, en Uruguay et en Colombie (cette dernière étant en attente d’approbation). Des offres ont également été reçues pour les activités chiliennes et mexicaines.
Lors d’une conférence de presse suivant la présentation du Plan Stratégique 2026-2030, Marc Murtra a précisé :
« Notre sortie répond à une stratégie qui a été adoptée en 2019 et que soutient désormais le Plan Transform & Grow. Telefónica Hispam est toujours au Mexique, au Chili et au Venezuela, et nous allons quitter tout Hispam. »
Marc Murtra, Président de Telefónica
Le dirigeant a fermement démenti que cette orientation soit le résultat de pressions de l’administration américaine de Donald Trump sur les entreprises occidentales actives au Venezuela. Il a souligné que chaque pays présentait des spécificités et que la décision relevait d’une analyse du plan d’affaires de l’entreprise, Telefónica se positionnant comme un acteur non politique. Aucune date limite pour le désengagement complet n’a été fixée.
C’est la première fois que Marc Murtra, aux commandes de l’opérateur depuis le 18 janvier, évoque explicitement l’abandon du Venezuela. L’entreprise y était présente depuis vingt ans et y avait investi 500 millions de dollars au début de l’année pour moderniser son réseau mobile. La recherche d’un repreneur s’avère néanmoins ardue, en raison notamment des obstacles au rapatriement des dividendes imposés par le régime de Nicolás Maduro, de l’instabilité monétaire et des difficultés économiques générales que connaît le pays. Ces contraintes contrastent avec celles rencontrées au Mexique ou au Chili.
Critiques sur le passé
Marc Murtra a par ailleurs défendu l’adoption de mesures jugées drastiques, telles que le désinvestissement des marchés latino-américains traditionnels ou la réduction du dividende, dans un discours qui a pu être interprété comme une critique implicite à l’égard de ses prédécesseurs, tels que José María Álvarez-Pallete ou César Alierta. Sans les nommer, il a déclaré :
« Telefónica a eu une aversion pour prendre des décisions difficiles (…) Nous avons manqué de flexibilité financière et, en lien avec cela, nous avons péché par court-termisme et par lenteur. Je dois faire le travail du médecin, poser un diagnostic pour agir. »
Marc Murtra, Président de Telefónica
La réaction des marchés financiers au Plan Stratégique a toutefois été négative, l’action Telefónica enregistrant une chute de 13,12% lors de la séance, constituant l’une des baisses les plus importantes sur une journée pour le titre. Marc Murtra a minimisé cet impact :
« Les marchés sont parfois bruyants. Nous croyons aux fondamentaux et c’est ce que nous avons priorisé. Le moment venu et quel que soit le moment venu, le marché nous suivra. »
Marc Murtra, Président de Telefónica
Le président de Telefónica a réaffirmé la nécessité de se concentrer sur les quatre marchés stratégiques de l’entreprise et de renforcer sa position en Europe. Il a souligné l’importance de cette présence européenne, expliquant que trois des quatre marchés clés se trouvent sur le continent, tout en insistant sur la nécessité d’une envergure mondiale, comparable aux géants américains et chinois, et d’une rentabilité solide, tant dans la gestion quotidienne que dans la vision à long terme.
Marc Murtra a également précisé que la décision de réduire le dividende bénéficiait de l’unanimité des quatre principaux actionnaires : la SEPI, CriteriaCaixa, STC et BBVA. Ces derniers ont également donné leur accord de principe pour une éventuelle augmentation de capital future, si nécessaire pour des opérations de croissance.