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Le procureur du ministère de la Justice sous le feu des critiques après la perquisition du domicile d’un journaliste par le FBI

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Publié le 18 février 2026 à 06h36. Un procureur du ministère de la Justice américain fait l’objet d’une plainte auprès de l’ordre des avocats de Virginie, accusé d’avoir omis de divulguer des éléments essentiels de la loi protégeant la liberté de la presse lors de la perquisition au domicile d’une journaliste du Washington Post.

  • La Fondation pour la liberté de la presse a déposé une plainte contre le procureur adjoint Gordon D. Kromberg.
  • La perquisition, menée par le FBI, s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des fuites d’informations classifiées.
  • L’affaire soulève des questions sur l’équilibre entre la protection des sources journalistiques et la nécessité de poursuivre les auteurs de fuites.

Une plainte a été déposée auprès de l’ordre des avocats de l’État de Virginie contre Gordon D. Kromberg, procureur adjoint américain affecté au district oriental de Virginie. La Fondation pour la liberté de la presse (Freedom of the Press Foundation) l’accuse de ne pas avoir respecté les dispositions clés de la loi sur la protection de la vie privée des journalistes (Privacy Protection Act) lorsqu’il a sollicité un mandat de perquisition au domicile de Hannah Natanson, journaliste au Washington Post, en Virginie. La plainte a été déposée entre le 6 et le 9 février et met en lumière des préoccupations croissantes concernant les atteintes à la liberté de la presse.

Le 14 janvier dernier, des agents du FBI ont perquisitionné le domicile de Natanson dans le cadre d’une enquête sur des fuites impliquant Aurelio Luis Perez-Lugones, un entrepreneur du Pentagone inculpé fin janvier pour mauvaise gestion d’informations classifiées relatives à la défense nationale, selon l’agence Associated Press. Les agents ont saisi les appareils électroniques de la journaliste, qui n’a pas été inculpée. Cette perquisition a immédiatement suscité une vive polémique et a conduit à une bataille juridique concernant l’étendue des pouvoirs des enquêteurs lorsqu’ils ciblent un journaliste et que les documents concernés peuvent inclure des informations sensibles.

« La loi sur la protection de la vie privée interdit au gouvernement de rechercher et de saisir des documents de collecte d’informations, sauf dans des circonstances très limitées. La demande de mandat ne semble pas mentionner ces circonstances limitées, et il est difficile de voir en quoi cette perquisition était conforme à la loi. »

Gabe Rottman, vice-président politique du Comité des journalistes pour la liberté de la presse, cité par Military.com

Selon l’AP, la procureure générale Pam Bondi a déclaré que la perquisition avait été menée à la demande du ministère de la Défense dans le cadre d’une enquête plus large sur les fuites. Military.com a tenté de contacter le FBI et le ministère de la Justice pour obtenir des commentaires, mais n’a pas reçu de réponse immédiate.

La loi sur la protection de la vie privée, promulguée en 1980, vise à restreindre les recherches gouvernementales ciblant le travail et les documents des journalistes. Elle limite l’utilisation de mandats de perquisition impliquant des membres des médias, sauf dans des circonstances exceptionnelles. La plainte déposée par la Fondation pour la liberté de la presse remet en question le respect de ces protections dans le cas de Hannah Natanson.

L’affidavit récemment rendu public révèle que les enquêteurs pensaient que Natanson avait induit les agents en erreur au cours de l’enquête et ont demandé un mandat de perquisition après avoir estimé que d’autres méthodes d’investigation étaient insuffisantes. Ils soupçonnaient également Perez-Lugones d’avoir transmis des informations par voie électronique. Les enquêteurs ont saisi le téléphone de Natanson, deux ordinateurs portables et une montre Garmin. La saisie a déclenché un litige juridique sur la mesure dans laquelle les enquêteurs peuvent aller dans leurs investigations lorsqu’ils ciblent un journaliste.

Un juge fédéral a interdit aux enquêteurs d’examiner les données saisies en attendant la résolution du litige. Le Washington Post a demandé au tribunal d’ordonner la restitution des appareils. Cette restriction sur l’examen des données reste en vigueur.

L’ordre des avocats de l’État de Virginie n’a pas encore indiqué s’il ouvrira une enquête formelle sur la conduite de Kromberg ou rejettera la plainte. L’issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes sur la manière dont les journalistes sont protégés contre les intrusions gouvernementales dans leurs investigations.

Par ailleurs, les cas de fuites d’informations classifiées ont conduit le Pentagone à réévaluer les protocoles d’accès aux documents sensibles et à envisager de réduire le nombre de personnes autorisées à les consulter. Cette pression pour renforcer la sécurité se heurte désormais aux protections constitutionnelles accordées aux journalistes.

La décision finale dans cette affaire pourrait façonner la manière dont les forces de l’ordre fédérales traiteront les journalistes dans les enquêtes de sécurité nationale dans les années à venir, en définissant les limites de l’application de la loi sur la protection de la vie privée et en clarifiant l’équilibre entre la sécurité nationale et la liberté de la presse.

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