Home Économie Un vendeur licencié d’un emploi à 200 000 € par an après avoir tenté de bloquer un accord « corrompu » perd son procès – The Irish Times

Un vendeur licencié d’un emploi à 200 000 € par an après avoir tenté de bloquer un accord « corrompu » perd son procès – The Irish Times

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Publié le 19 février 2024 à 09h15. Un ancien cadre d’une société de logiciels, licencié après avoir dénoncé une remise jugée suspecte sur un contrat en Arabie Saoudite, a vu ses recours rejetés par la Commission des relations du travail (WRC). L’affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les lanceurs d’alerte et les limites de la protection offerte par la loi.

  • Ali Izzy, ancien vendeur de logiciels chez SolarWinds, a été licencié pour « insubordination » après avoir contesté une remise de 500 000 € sur un contrat.
  • La WRC a reconnu que M. Izzy avait agi de bonne foi en signalant ses inquiétudes, mais a estimé qu’il avait commis une faute en tentant de bloquer l’accord.
  • L’affaire soulève des questions sur la protection des lanceurs d’alerte et la liberté d’expression des employés face à des pratiques commerciales potentiellement illégales.

Ali Izzy, qui occupait un poste bien rémunéré (200 000 € par an) dans le secteur des logiciels, s’est retrouvé contraint de travailler dans la restauration rapide après son licenciement. Il avait contesté une remise exceptionnelle de 500 000 € accordée à un distributeur en Arabie Saoudite, suspectant des irrégularités et des potentielles pratiques de corruption. Il avait notamment mis en cause Abdul Rehman, ancien directeur régional des ventes de SolarWinds pour le Moyen-Orient.

Selon les déclarations de M. Izzy, le distributeur saoudien en question était confronté à des difficultés financières et avait même vu son compte suspendu pendant une partie de l’année 2023. Il estimait que M. Rehman avait divulgué des informations confidentielles sur les prix et avait conclu un accord parallèle avec le distributeur, ce dernier étant, selon lui, connu pour ses pratiques douteuses. M. Izzy a même affirmé avoir été sollicité pour un pot-de-vin de 10 000 € en 2021 par un ancien employé de SolarWinds agissant au nom du distributeur.

Lors d’une audience, M. Izzy a qualifié la remise de « folle » et a souligné qu’elle était basée sur des « informations trompeuses ». Il a déclaré avoir d’abord soulevé ses préoccupations auprès de M. Rehman en octobre 2023, lors d’une visite de ce dernier dans les bureaux de Cork, puis auprès du service juridique de l’entreprise le mois suivant. M. Rehman, qui a quitté SolarWinds, a reconnu avoir été informé de la tentative de corruption, mais a affirmé qu’elle ne le concernait pas directement.

La WRC, dans sa décision rendue publique mardi, a reconnu que M. Izzy avait une « conviction raisonnable » quant à la commission d’actes répréhensibles et que ses signalements constituaient bien des divulgations protégées au sens de la loi de 2014 sur les divulgations protégées. Cependant, l’arbitre a estimé que M. Izzy avait commis une faute en interférant de manière « délibérée » dans un processus de vente crucial en fin de trimestre, mettant ainsi en péril l’accord et obligeant ses collègues à travailler pendant le week-end pour le renflouer.

L’arbitre a conclu que M. Izzy aurait conservé son emploi s’il n’avait pas bloqué l’accord et a rejeté ses plaintes fondées sur la loi de 2014 sur les divulgations protégées et la loi de 1977 sur les licenciements abusifs. SolarWinds, un fournisseur de technologie de surveillance de réseau, avait nié toute violation des droits du travail.

Cette affaire intervient dans un contexte de débat croissant sur la protection des lanceurs d’alerte et la nécessité de renforcer les mécanismes de signalement des irrégularités en entreprise. La Commission des relations du travail (WRC) est l’organisme indépendant chargé de régler les litiges en matière de droit du travail en Irlande.

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