Publié le 8 novembre 2025. La Communauté valencienne est dans l’incertitude politique suite à la démission de Carlos Mazón. Alors que le PSOE réclame des élections anticipées, le PP et Vox négocient dans l’urgence pour trouver un successeur avant l’échéance du 20 novembre, date à laquelle une nouvelle consultation électorale deviendrait inévitable.
- Le PSOE, par la voix de María Jesús Montero et Pedro Sánchez, exige que les citoyens valenciens puissent décider de leur avenir politique.
- Le PP et Vox sont engagés dans des négociations intenses pour trouver un accord d’investiture avant le 20 novembre.
- Plusieurs noms circulent pour succéder à Carlos Mazón, dont Juan Francisco Pérez Llorca, porte-parole du PP au Parlement valencien.
L’avenir politique de la Communauté valencienne reste suspendu à plusieurs jours de la date butoir. La démission de Carlos Mazón a ouvert une crise que le gouvernement central estime ne pouvoir être résolue que par un nouveau vote populaire. María Jesús Montero, première vice-présidente du gouvernement, a vivement critiqué la stratégie du Parti Populaire (PP) qui privilégie les tractations avec Vox à la « prise de responsabilités » démocratiques.
Les socialistes, y compris le président du gouvernement Pedro Sánchez lors de son récent passage à la COP au Brésil, insistent pour que les Valenciens aient le dernier mot. La déléguée du gouvernement dans la région, Pilar Bernabé, a quant à elle pointé une peur des sondages chez le PP, préférant des arrangements avec Vox plutôt que de faire confiance au suffrage universel. « Nous voulons voter. C’est la réalité », a-t-elle martelé, décrivant les négociations entre PP et Vox comme un « spectacle édifiant » décidant du sort de la région « contre le peuple valencien ».
Côté potentiel successeur à la tête de la Generalitat, le nom de Juan Francisco Pérez Llorca, porte-parole du PP au Parlement valencien, est le plus fréquemment évoqué. Son excellente relation avec Vox pourrait faciliter un accord. D’autres pistes ont été mentionnées, comme la maire de Valence, María José Catalá, qui gouverne déjà avec Vox dans sa municipalité, ou Vicent Mompó, président de la Diputación Foral de Valence. Ce dernier, cependant, ne remplirait pas les conditions puisqu’il n’est pas député régional. Vox a d’ailleurs publiquement pressé le PP de prendre une décision après une première réunion qui a suivi la démission de Mazón. Le chef de Vox, Santiago Abascal, a prévenu que son soutien serait conditionné par la reprise du programme de son parti par le PP.
Dans ce contexte, les déclarations de Diana Morant, ministre de la Science et de l’Innovation et secrétaire générale du PSOE valencien, ont été particulièrement critiques. Elle a visé Pérez Llorca et Mompó, dénonçant leur manque de réaction lors de la tempête Dana. « Avec Pérez Llorca, nous aurons une nouvelle coalition négationniste ; c’est le même et un gestionnaire inutile », a-t-elle affirmé, arguant qu’il était « le numéro deux » de Mazón. Elle a également soulevé la convocation de Mompó comme témoin dans une affaire judiciaire concernant ses déclarations relatives à la tempête Dana, soulignant une divergence entre sa déposition devant le juge et ses déclarations publiques. Pour Morant, la seule issue est de « redonner la parole au peuple » car « notre temps est écoulé ».
Pendant ce temps, le PP met l’accent sur la nécessité d’assurer la « stabilité » de la région, comme l’a souligné Fernando López-Miras, président de la région de Murcie, depuis Séville où se tenait le congrès du parti. Il a indiqué que c’était à Vox de « décider ce qu’il veut ». Juanma Moreno, président de la Junta d’Andalousie, a quant à lui souhaité que le gouvernement valencien puisse « se mettre au travail » rapidement pour la reconstruction, une fois la crise politique résolue.
Du côté de Compromís, le jugement est sans appel. Le porte-parole du parti dans les Cortes valenciennes, Joan Baldoví, qualifie la situation de « indécente », dénonçant le fait que l’avenir des Valenciens soit décidé « dans les bureaux de Madrid » par le PP et Vox. Il accuse les deux partis de privilégier leurs « intérêts électoraux » au détriment des citoyens. Pour Compromís, le président de la Generalitat devrait être « élu par le peuple valencien et non par les politiciens du PP et de Vox ». La formation estime que des élections anticipées sont inévitables et que les Valenciens « ne pardonneront ni la gestion négligente… ni les complices de Mazón ».
Alberto Ibáñez, député de Compromís, anticipe que le PP pourrait « abandonner tout ce qu’il a » pour conserver la présidence de la Generalitat. Il a également regretté le manque de réaction de PP et Vox face aux témoignages des victimes de la Dana lors de la récente commission d’enquête parlementaire.
Pour le PP, il ne suffit pas de trouver un candidat. Il faut aussi obtenir le vote de Vox dans les Cortes valenciennes pour éviter une dissolution automatique de l’hémicycle. Si aucun accord n’est trouvé avant le 20 novembre, et qu’un candidat échoue à obtenir la majorité absolue lors d’un premier vote, une seconde tentative avec une majorité simple sera requise. En cas d’échec persistant, un délai de deux mois s’ouvrira pour trouver un accord. Passé ce délai, en janvier, Carlos Mazón serait contraint de dissoudre la chambre et de convoquer de nouvelles élections.