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Le rapport IQAir montre les meilleurs et les pires endroits en matière de qualité de l’air en 2021

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La planète suffoque : la pollution de l’air atteint des seuils critiques en 2021

Un nouveau rapport alarmant révèle que la qualité de l’air s’est dégradée à l’échelle mondiale en 2021, avec des niveaux de pollution dépassant largement les recommandations sanitaires établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette situation préoccupante, mise en lumière par l’analyse de données provenant de milliers de villes, souligne l’urgence d’actions concertées pour protéger la santé publique.

Des normes sanitaires bafouées partout dans le monde

Selon une étude menée par IQAir, une entreprise spécialisée dans le suivi de la qualité de l’air, la concentration moyenne de polluants atmosphériques a excédé les directives de l’OMS dans la quasi-totalité des pays et dans 97 % des villes analysées en 2021. Ces directives visent à aider les gouvernements à mettre en place des réglementations pour préserver la santé de leurs citoyens.

Seulement 222 villes, sur les 6 475 étudiées, ont enregistré une qualité de l’air moyenne conforme aux standards de l’OMS. Parmi les rares territoires à avoir atteint cet objectif, on compte la Nouvelle-Calédonie (France), Porto Rico et les îles Vierges américaines.

Des disparités géographiques marquantes

Les pays d’Asie du Sud, notamment l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh, figurent parmi les plus touchés, leurs niveaux de pollution ayant dépassé les recommandations de l’OMS à au moins dix reprises. À l’inverse, les pays scandinaves, l’Australie, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni s’en sortent relativement mieux, avec des dépassements s’élevant de 1 à 2 fois les seuils recommandés.

Aux États-Unis, la situation s’est également détériorée, avec des dépassements de 2 à 3 fois les directives de l’OMS en 2021. Le rapport pointe du doigt la forte dépendance aux énergies fossiles, la multiplication des feux de forêt et une application variable des politiques environnementales comme causes de cette pollution persistante.

Les particules fines, un ennemi invisible et mortel

Ce rapport est le premier à évaluer la pollution de l’air mondiale selon les nouvelles directives annuelles de l’OMS, actualisées en septembre 2021. Ces nouvelles recommandations ont divisé par deux la concentration acceptable de particules fines (PM2,5), la ramenant de 10 à 5 microgrammes par mètre cube.

Les PM2,5, malgré leur petite taille, représentent un danger majeur pour la santé. Inhalées, elles pénètrent profondément dans les poumons et peuvent passer dans la circulation sanguine. Provenant de la combustion des énergies fossiles, des tempêtes de poussière et des incendies de forêt, elles sont associées à un large éventail de problèmes de santé, tels que l’asthme, les maladies cardiaques et d’autres affections respiratoires.

L’OMS estime que la pollution de l’air est responsable de millions de décès prématurés chaque année. En 2016, environ 4,2 millions de décès étaient liés aux particules fines. L’application stricte des directives de 2021 aurait potentiellement permis d’éviter près de 3,3 millions de décès cette année-là.

Des améliorations notables mais des lacunes persistantes

En Chine, une amélioration de la qualité de l’air a été observée en 2021, avec plus de la moitié des villes analysées affichant des niveaux de pollution inférieurs à ceux de l’année précédente. Pékin, en particulier, poursuit sa tendance à l’amélioration sur cinq ans, grâce à une politique de délocalisation des industries polluantes.

Cependant, le rapport met également en lumière des inégalités dans la surveillance de la qualité de l’air. Les stations de mesure restent rares dans de nombreux pays en développement d’Afrique, d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient, créant des « angles morts » dans les données disponibles. Le Tchad, pour la première fois inclus dans le rapport, s’est révélé avoir le deuxième taux de pollution de l’air le plus élevé au monde en 2021, juste derrière le Bangladesh.

« Lorsque vous ne disposez pas de ces données, vous êtes vraiment dans le noir », a souligné Glory Dolphin Hammes, PDG d’IQAir North America. « Le fait de ne pas avoir de stations de surveillance rend difficile l’identification des problèmes et la mise en œuvre de solutions. »

L’urgence de la transition énergétique

Le rapport souligne l’interconnexion entre la pollution de l’air, le changement climatique et la santé publique. La déforestation et les incendies dans des écosystèmes cruciaux comme la forêt amazonienne contribuent non seulement à la pollution de l’air mais aussi à l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone.

« Tout cela fait partie de la formule qui mènera ou mènera au réchauffement climatique », a précisé Hammes. « Nous pouvons agir intelligemment avec des émissions nulles, mais nous ne le faisons toujours pas. Et cela a un impact dévastateur sur la pollution de l’air que nous constatons dans les grandes villes. »

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a d’ailleurs conclu dans son rapport de 2021 que la réduction de l’utilisation des combustibles fossiles permettrait non seulement de ralentir le réchauffement climatique, mais aussi d’améliorer considérablement la qualité de l’air et la santé publique.

« Il faut faire un pas majeur vers les énergies renouvelables. Nous devons prendre des mesures drastiques afin d’inverser la vague du réchauffement climatique, sinon l’impact et le train dans lequel nous sommes seraient irréversibles », a conclu Hammes, appelant à une prise de conscience et une action mondiales face à cette crise sanitaire et environnementale.

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