Publié le 16 février 2024 à 20h27. L’Iran a lancé des manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique, en pleine tension régionale et à l’approche de négociations nucléaires avec les États-Unis. Ces exercices sont perçus comme une démonstration de force et une pression politique.
- L’Iran organise des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz, incluant des simulations de fermeture de routes maritimes.
- Ces manœuvres coïncident avec le déploiement d’une puissante flotte américaine dans le golfe Persique.
- Les négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, médiées par Oman, sont prévues à Genève.
Le régime iranien a entamé ce lundi des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz, une zone cruciale pour le commerce mondial de l’énergie. Ces manœuvres, organisées par les Gardiens de la révolution, visent à simuler la capacité de bloquer la circulation maritime, par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Téhéran a régulièrement menacé de recourir à cette stratégie en représailles aux sanctions internationales ou aux pressions diplomatiques, une posture interprétée par les pays occidentaux comme un facteur d’instabilité.
L’exercice, baptisé « Surveillance intelligente du détroit d’Ormuz », s’étend également au golfe Persique et à la mer d’Oman. Il se concentre sur la capacité de l’Iran à « réagir rapidement » face à des menaces perçues contre sa sécurité, selon les informations diffusées par les médias d’État iraniens. L’opération est supervisée par le commandant en chef des Gardiens de la révolution, le général Mohammed Pakpur.
Ces démonstrations de force interviennent alors que les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région. Le président Donald Trump a ordonné le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford et de ses navires d’escorte, un signal clair adressé à Téhéran. Trump a déclaré que
« S’il n’y a pas d’accord, nous en aurons besoin »
Donald Trump, président des États-Unis
, soulignant la volonté américaine de maintenir une force importante dans la zone pour dissuader toute tentative de déstabilisation.
Parallèlement, des négociations diplomatiques sont en préparation à Genève, sous l’égide d’Oman, entre l’Iran et les États-Unis. L’objectif est de discuter d’une possible limitation de l’enrichissement de l’uranium par l’Iran en échange d’un allègement des sanctions économiques. Le régime iranien a toutefois réaffirmé qu’il n’accepterait pas de compromis sur son programme nucléaire, notamment en matière d’enrichissement d’uranium et de développement de missiles balistiques.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté les États-Unis à exiger de l’Iran le démantèlement de ses installations d’enrichissement d’uranium, la fin de son soutien aux groupes armés régionaux et l’imposition de restrictions strictes sur la portée de ses missiles.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a mis en garde contre la difficulté des négociations avec un pays gouverné par
« des religieux radicaux qui ne répondent pas à la logique géopolitique »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
.
Téhéran utilise ces exercices militaires à la fois comme outil de propagande interne et comme moyen d’intimidation pour affirmer son influence régionale. Les tensions dans le golfe Persique, déjà exacerbées par la guerre de 12 jours de juin dernier – au cours de laquelle Israël et les États-Unis ont ciblé des installations nucléaires iraniennes – s’intensifient, avec des risques accrus pour l’approvisionnement énergétique mondial et la stabilité régionale. Les Gardiens de la révolution semblent prêts à considérer la fermeture du détroit d’Ormuz comme une arme politique en cas d’échec des négociations diplomatiques ou de confrontation militaire.