La lutte contre les caries dentaires prend un nouveau tournant avec le feu vert donné par la Haute Autorité de Santé (HAS) au remboursement de quatre actes préventifs et peu invasifs. Cette décision, prise à la demande de l’Assurance Maladie, vise à améliorer l’accès aux soins et à réduire les traitements plus lourds et coûteux.
Selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé, près d’un tiers des enfants de six ans en France, et jusqu’à la moitié dans les zones défavorisées, présentent au moins une carie non soignée. Un quart des adultes de 35 à 44 ans sont également concernés. Ces statistiques mettent en lumière des inégalités d’accès aux soins, particulièrement chez les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, celles ayant des difficultés de déplacement, les femmes enceintes et les très jeunes enfants.
Les caries dentaires ne se limitent pas à la douleur et à l’inconfort. Elles peuvent entraîner des complications infectieuses, une dénutrition chez les personnes âgées, et même affecter la santé générale. Il est donc crucial d’agir dès l’apparition des premières lésions.
La HAS a évalué cinq actes dentaires et recommande le remboursement de quatre d’entre eux :
- Le traitement restaurateur atraumatique : cette technique consiste à éliminer la carie à l’aide d’instruments manuels, puis à obturer la cavité avec un matériau adhésif.
- Le scellement thérapeutique : cette méthode non invasive permet de bloquer la progression d’une carie débutante grâce à l’application d’un matériau fluide, sans retirer la carie.
- La pulpotomie thérapeutique : cet acte consiste à retirer une partie de la pulpe dentaire affectée par la carie et à la remplacer par un biomatériau protecteur et régénérant.
- La pose d’une coiffe pédodontique préformée sur dent de lait : il s’agit d’une couronne préfabriquée adaptée à la dent, ne nécessitant ni anesthésie locale, ni préparation préalable de la dent.
Concernant l’application de fluorure diamine d’argent, la HAS n’a pas pu se prononcer sur son remboursement en raison de l’absence d’autorisation de mise sur le marché en France pour une indication anti-caries. Cette application permet de stopper l’évolution de la carie en éliminant les bactéries responsables et en reminéralisant la structure dentaire.
La HAS a également précisé les indications, les contre-indications, les matériaux à utiliser, les protocoles opératoires et les modalités de suivi pour chacun de ces actes. L’objectif est de garantir la pertinence des soins, en offrant le traitement approprié au patient adéquat, au moment opportun. Ces recommandations seront complétées en 2026 par une actualisation des stratégies de prévention de la carie dentaire.