Publié le 2025-10-03 17:27:00. Une nouvelle étude révèle que les immigrants aux États-Unis voient leur risque de maladies cardiaques augmenter avec la durée de leur séjour, malgré une arrivée en bonne santé.
- Le risque de maladies cardiovasculaires s’accroît proportionnellement au temps passé sur le sol américain.
- L’acculturation aux modes de vie américains affecte négativement la pression artérielle, le cholestérol et la glycémie.
- Les chercheurs recommandent des dépistages proactifs et des stratégies de prévention culturellement adaptées.
Les immigrants arrivent aux États-Unis en meilleure santé cardiovasculaire que la moyenne, mais cet avantage tend à s’éroder avec le temps. C’est le constat alarmant dressé par des chercheurs dont les travaux ont été présentés vendredi lors d’une réunion du Collège américain de cardiologie à Dubaï. L’étude suggère que le mode de vie américain, incluant l’alimentation et le niveau d’activité physique, a un impact délétère sur la santé cardiaque des nouveaux arrivants.
« Nous observons qu’à mesure que les immigrants sont exposés aux habitudes alimentaires et de vie américaines sur des périodes prolongées, cela a un effet négatif sur leur santé cardiaque », explique Krishna Moparthi, étudiant en médecine à la John F. Kennedy University School of Medicine de Curaçao, cité dans un communiqué de presse. Les chercheurs ont analysé les données de près de 16 000 adultes issus de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition entre 2011 et 2016. Les participants ont été répartis selon leur lieu de naissance (États-Unis ou étranger) et le temps de résidence sur le territoire américain (moins ou plus de 15 ans).
Les résultats indiquent que 86 % des adultes nés aux États-Unis et 80 % des adultes nés à l’étranger présentaient au moins un facteur de risque de maladie cardiaque. Cependant, les disparités apparaissent plus clairement en comparant les groupes. Les immigrants résidant aux États-Unis depuis moins de 15 ans affichaient des taux d’hypertension artérielle plus élevés (49 % contre 38 %), de cholestérol élevé (30 % contre 28 %) et de tabagisme (20 % contre 13 %) par rapport aux natifs américains. Fait notable, les immigrants installés depuis plus de 15 ans présentaient des taux plus élevés de diabète (15 % contre 11 %) et de cholestérol (29 % contre 30 %) que les Américains de naissance. Par exemple, les adultes asiatiques immigrés avaient un taux de diabète significativement plus élevé (15 % contre 6 %) que leurs homologues nés aux États-Unis, bien qu’ils soient moins susceptibles de fumer (8 % contre 13 %).
Selon les auteurs de l’étude, cette dégradation de la santé cardiovasculaire s’expliquerait par l’adoption de régimes alimentaires riches en aliments transformés, en sucres et en graisses, une diminution de l’activité physique, une exposition accrue au stress et un éloignement des habitudes traditionnelles bénéfiques. De plus, un accès potentiellement moins aisé aux soins de santé aux États-Unis pourrait retarder les diagnostics et les traitements.
« Les immigrants arrivent avec un avantage cardiovasculaire, mais celui-ci s’estompe plus ils résident aux États-Unis en raison des changements liés à l’acculturation, au stress et au style de vie », conclut M. Moparthi. Il souligne l’importance pour les immigrants de protéger activement leur santé par des dépistages réguliers et le maintien de comportements sains. Parallèlement, il appelle les professionnels de santé à considérer la durée de résidence aux États-Unis comme un facteur de risque et à proposer des stratégies de prévention adaptées sur le plan culturel.
Ces conclusions sont considérées comme préliminaires en attendant leur publication dans une revue scientifique à comité de lecture.
Pour en savoir plus sur les facteurs de risque des maladies cardiaques, consultez les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies.