Publié le 16 février 2024 à 21h13. Une vaste étude menée en Colombie-Britannique révèle un lien significatif entre l’infection au COVID-19 et un risque accru de diabète de type 2, particulièrement chez les patients non vaccinés et ceux ayant présenté une forme grave de la maladie, un risque qui peut persister jusqu’à trois ans après l’infection.
- Le risque de développer un diabète de type 2 est 18 % plus élevé chez les personnes infectées par le COVID-19 par rapport aux personnes testées négatives.
- La gravité de l’infection au COVID-19 est directement corrélée à l’augmentation du risque de diabète : le risque est multiplié par près de trois chez les patients ayant nécessité des soins intensifs.
- La vaccination contre le COVID-19 semble protéger contre cette augmentation du risque de diabète de type 2.
L’étude, publiée dans la revue Recherche et examens sur le diabète/le métabolisme, s’appuie sur l’analyse des données de plus de deux millions d’adultes ayant subi des tests de dépistage du COVID-19 entre janvier 2020 et janvier 2024. Les chercheurs ont examiné les dossiers de 296 390 personnes testées positives et de 1,7 million de personnes testées négatives, en excluant les individus déjà atteints de diabète ou résidant en établissements de soins de longue durée.
Sur une période de suivi médiane de 874 jours, 47 704 participants (2,3 %) ont reçu un diagnostic de diabète de type 2. L’incidence du diabète était de 11,6 cas pour 1 000 années-personnes chez les personnes infectées par le COVID-19, contre 9,3 pour 1 000 années-personnes chez celles dont le test était négatif. Cette différence se traduit par une augmentation de 18 % du risque de diabète de type 2 pour les personnes ayant contracté le virus.
L’étude précise que ce risque accru est particulièrement marqué durant la première année suivant l’infection (rapport de risque [HR] de 1,21), mais reste significativement élevé pendant les deuxième (HR de 1,19) et troisième années (HR de 1,17). Au-delà de trois ans, l’association entre l’infection au COVID-19 et le diabète de type 2 n’est plus statistiquement significative (HR de 1,15).
La vaccination, un facteur de protection
Les résultats mettent en évidence une corrélation directe entre la sévérité de l’infection au COVID-19 et l’augmentation du risque de diabète. Les personnes infectées et prises en charge en ambulatoire présentent un risque accru de 15 % (HR de 1,15) de développer un diabète de type 2, tandis que ce risque est presque doublé chez les patients hospitalisés (HR de 1,98) et plus que triplé chez ceux admis en soins intensifs (HR de 3,10).
De manière notable, aucune augmentation du risque de diabète n’a été observée chez les personnes ayant reçu une vaccination complète ou partielle contre le COVID-19. En comparaison, les personnes non vaccinées infectées par le COVID-19 présentent un risque 28 % plus élevé de développer un diabète de type 2 (HR de 1,28).
« Dans l’ensemble, nos résultats montrent une réduction des risques au fil du temps, mais le fardeau de la morbidité et de la perte de santé persiste au cours de la troisième année parmi les personnes hospitalisées », soulignent les chercheurs.
Cette étude vient s’ajouter à un nombre croissant de données suggérant un lien entre l’infection au COVID-19 et le développement du diabète de type 2. Plusieurs recherches antérieures avaient déjà mis en évidence un risque accru à court terme, mais la plupart se limitaient à un suivi de moins de 18 mois. Une analyse récente des données du Veterans Affairs américain a également examiné les résultats sur trois ans, mais se concentrait principalement sur une population d’hommes blancs plus âgés et ne tenait pas compte du statut vaccinal ou de certaines expositions médicamenteuses.
L’étude canadienne se distingue par sa population plus diversifiée, la prise en compte du statut vaccinal et de la gravité de la maladie, offrant ainsi une vision plus complète de l’évolution du risque au fil du temps, selon les auteurs.