Publié le 2025-10-22 17:25:00. Des chercheurs suédois ont mis au point un système innovant, basé sur l’analyse de vastes ensembles de données, capable de classer les individus selon différents niveaux de risque d’athérosclérose. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à une prévention plus ciblée des maladies cardiovasculaires graves.
- Une nouvelle méthode permet de diviser la population en quatre groupes distincts de risque d’athérosclérose, allant de faible à très élevé.
- L’identification d’une variante génétique spécifique, liée à l’inflammation, est cruciale pour les individus à risque élevé.
- L’objectif est de développer des traitements capables d’inverser la progression de la maladie à un stade précoce.
L’athérosclérose, souvent surnommée « maladie silencieuse », ne se manifeste généralement que lors d’événements majeurs tels qu’une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Cependant, la détection précoce du risque, avant même l’apparition des symptômes, offre une fenêtre d’opportunité pour prévenir ces complications dévastatrices.
Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs de l’Institut Karolinska ont examiné des données issues de trois importantes cohortes européennes. Ces analyses ont permis de caractériser quatre niveaux de risque cardiovasculaire distincts pour chaque individu, ouvrant la voie à des stratégies de prévention personnalisées.
Des déterminants génétiques mis en lumière
Au-delà de la stratification du risque, l’équipe de recherche a également identifié des gènes influençant la prédisposition aux événements cardiovasculaires au sein de chaque groupe. Une variante génétique particulière du gène IL6R, associée à des processus inflammatoires, a été corrélée à une augmentation du risque de crise cardiaque chez les personnes déjà considérées comme étant à très haut risque.
Selon les auteurs de l’étude, cette découverte représente une avancée significative vers une médecine préventive plus individualisée.
« C’est une découverte importante car elle nous offre la possibilité d’intervenir à un stade où la maladie n’a pas encore de symptômes. Au stade asymptomatique, l’athérosclérose peut être stoppée, voire inversée, si les bonnes mesures sont prises. »
Bruna Gigante, maître de conférences à l’Institut Karolinska
Elle ajoute : « Nos résultats peuvent contribuer à la conception d’interventions sur mesure pour les patients, conduisant à une meilleure santé. »
Vers des thérapies ciblées
La prochaine étape de ce programme de recherche consistera à mener des études visant à identifier un médicament capable d’inverser le développement agressif de l’athérosclérose.
« Notre objectif est de cibler en premier lieu le gène que nous avons identifié et qui peut être très dangereux pour un groupe sélectionné d’individus. »
Bruna Gigante, maître de conférences à l’Institut Karolinska
L’athérosclérose en bref
L’athérosclérose est une pathologie caractérisée par l’accumulation de plaques dans les artères, réduisant le flux sanguin. Ces plaques sont composées de graisse, de cholestérol, de calcium et d’autres substances présentes dans le sang.
Cette maladie peut entraîner des affections cardiovasculaires graves, telles que l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. Parmi les facteurs de risque figurent l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le tabagisme, le diabète et un mode de vie sédentaire.
Les cohortes étudiées dans le cadre de cette recherche sont SCAPIS, UK Biobank et IMPROVE.
Publication scientifique
Une approche multi-omique révèle la causalité de l’IL6R sur les endotypes de l’athérosclérose carotidienne subclinique et le rôle possible de la voie IL6R/OSMR, Cardiovascular Research.