Home Économie Le rôle du gaz, de l’électricité et de l’IA dans la nouvelle ère de l’addition énergétique | Actualités énergétiques

Le rôle du gaz, de l’électricité et de l’IA dans la nouvelle ère de l’addition énergétique | Actualités énergétiques

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Publié le 6 février 2026 22:42:00. Les géants de l’énergie mondiale, réunis à Doha, prévoient une augmentation massive de la demande énergétique, portée par l’intelligence artificielle et la croissance démographique, et misent sur le gaz naturel liquéfié (GNL) pour répondre à ce défi, remettant en question les scénarios de transition énergétique rapide.

  • La demande mondiale de GNL devrait atteindre 600 millions de tonnes par an d’ici 2030, puis près de 800 millions de tonnes en 2050.
  • Les entreprises énergétiques se repositionnent comme des acteurs globaux gérant l’ensemble des flux énergétiques, et non plus uniquement comme des producteurs de pétrole.
  • L’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données crée une demande d’énergie inflexible et imprévue, nécessitant des sources fiables et constantes.

Doha, Qatar – L’illusion d’une transition énergétique maîtrisée semble s’estomper, selon les principaux acteurs du secteur. Lors du forum LNG 2026, les dirigeants de QatarEnergy, Shell, ExxonMobil, TotalEnergies et ConocoPhillips ont esquissé une vision d’un avenir où la demande énergétique croît plus vite que le déploiement des énergies renouvelables et l’adaptation des infrastructures.

L’industrie ne parle plus de substitution des énergies fossiles, mais d’addition. « Le monde ne peut pas vivre sans énergie. Les gens ont besoin d’être prospères, et près d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité de base. Nous ne pouvons pas les priver de croissance », a déclaré Saad al-Kaabi, directeur de QatarEnergy, résumant le sentiment général. Cette vision pragmatique se traduit par des investissements massifs dans le GNL, considéré comme une source d’énergie fiable et flexible.

La demande mondiale de GNL, actuellement estimée à environ 400 millions de tonnes par an, devrait atteindre 600 millions de tonnes d’ici 2030 et approcher les 800 millions de tonnes en 2050, selon les responsables du secteur. Le GNL affiche une croissance de plus de 3 % par an, ce qui en fait le carburant non renouvelable dont la croissance est la plus rapide.

QatarEnergy, sous la direction de Saad al-Kaabi, étend considérablement sa production de GNL et ambitionne de constituer une flotte d’environ 200 méthaniers, l’une des plus importantes expansions de transport maritime de l’histoire de l’énergie. Aux États-Unis, un partenariat entre ExxonMobil et QatarEnergy prévoit la construction d’une nouvelle installation de GNL de 18 millions de MMBtu (millions de British thermal units), s’inscrivant dans un projet plus vaste en Amérique du Nord. Le Canada et de nouveaux acteurs en Afrique et en Amérique du Sud entrent également sur le marché.

La guerre en Ukraine a joué un rôle déterminant dans cette évolution. La perte soudaine des approvisionnements en gaz russe a contraint l’Europe à se tourner massivement vers le GNL, passant d’environ 50 millions de tonnes par an à environ 120 millions de tonnes. Cette crise a transformé l’Europe en un marché majeur du GNL et a renforcé la confiance dans la sécurité énergétique qu’il procure.

L’industrie énergétique se transforme également dans sa communication. Les entreprises ne se présentent plus comme de simples « compagnies pétrolières internationales », mais comme des « sociétés énergétiques internationales », reflétant une ambition plus large de gérer l’ensemble des flux énergétiques, des molécules aux systèmes et aux chaînes d’approvisionnement.

Parallèlement, la demande de pétrole s’avère plus résiliente que prévu, et même les entreprises axées sur le gaz élargissent leurs portefeuilles pétroliers. Le Qatar, par exemple, recherche activement de nouvelles opportunités pétrolières et reste l’un des principaux détenteurs de blocs d’exploration au monde.

Cependant, l’élément le plus perturbateur est l’essor de l’intelligence artificielle. Les centres de données, gourmands en énergie, consomment de l’électricité à une échelle imprévue, nécessitant une puissance constante et fiable. Les dirigeants du secteur parlent d’un passage en « mode hyper-évolutif » après des décennies de demande relativement stable.

Les énergies renouvelables, bien que considérées comme essentielles à long terme, sont perçues comme intermittentes et insuffisantes pour répondre à cette demande croissante. « Quand le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas », a souligné un cadre, « le gaz comble le vide ». Les turbines à gaz restent donc indispensables pour stabiliser les réseaux électriques.

L’industrie reconnaît également la nécessité de réduire ses émissions. Le captage et la séquestration du carbone (CSC) sont de plus en plus intégrés dans les nouveaux projets, et les entreprises s’engagent à fournir de l’énergie « de la manière la plus respectueuse de l’environnement », comme l’a souligné le PDG de QatarEnergy. ExxonMobil, par exemple, se positionne comme un acteur technologique travaillant sur l’hydrogène, le CSC et de nouvelles utilisations des hydrocarbures.

Les défis restent nombreux. La construction d’infrastructures énergétiques est lente et complexe, les réglementations sont souvent incohérentes et la résistance des communautés locales s’accroît. Les dirigeants du secteur appellent à des politiques plus pragmatiques et adaptées à la réalité opérationnelle.

L’avenir de l’énergie sera donc défini par la capacité à fournir une énergie abondante, accessible, fiable et progressivement plus propre. Le gaz, selon les acteurs majeurs du secteur, n’est pas un simple pont vers un avenir renouvelable, mais la base solide permettant de faire face à la tempête de la demande énergétique mondiale.

GNL au port maritime de Raslaffans
Cette photo d’archives montre un navire-citerne qatari de gaz naturel liquéfié (GNL) en cours de chargement de GNL au port maritime de Raslaffans, dans le nord du Qatar. [File: AP]
Raffinerie de pétrole du Qatar
Une raffinerie de pétrole de Qatar Petroleum se trouve près d’Umm Sa’id, au Qatar. Le Qatar est classé 16ème parmi les pays possédant les plus grandes réserves de pétrole et 3ème pour les réserves de gaz naturel. [File: Sean Gallup/Getty Images]

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