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Le ruban bleu va réexaminer le rôle de Marcos dans les dégâts causés par les inondations

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Publié le 9 février 2024. Une commission sénatoriale philippine examine de près le rôle potentiel du président Marcos dans un vaste scandale de corruption lié à des projets de contrôle des inondations, tandis que des désaccords internes menacent l’adoption d’un rapport d’enquête crucial.

  • Le bloc majoritaire du Sénat se réunit aujourd’hui pour discuter de la gestion de l’implication possible du président Marcos dans le scandale.
  • Des sénateurs souhaitent modifier le projet de rapport pour inclure des accusations contre plusieurs législateurs et responsables, mais l’obtention des signatures nécessaires est incertaine.
  • Des accusations de pillage et de malversation sont envisagées contre certains sénateurs, mais les preuves varient considérablement d’un cas à l’autre.

Le président pro tempore du Sénat, Panfilo Lacson, a révélé hier, le 8 février, que le bloc majoritaire se réunirait pour aborder la question délicate de l’implication potentielle du président Ferdinand Marcos dans le scandale des contrats de contrôle des inondations. Cette réunion intervient alors que la commission sénatoriale, surnommée « Ruban Bleu », s’apprête à finaliser son rapport d’enquête, un document qui pourrait avoir des conséquences politiques majeures.

Bien que M. Lacson ait souligné qu’aucune preuve directe n’ait pour l’instant établi un lien entre le président Marcos et des actes de corruption ou de négligence – précisant que le président se contente d’approuver la loi de crédits généraux (GAA) préparée par le Congrès – il a reconnu que l’enquête était toujours en cours. Il a ajouté :

« Nous ne pouvons voir (aucun lien avec Marcos) parce que le président approuve le GAA lorsqu’il lui parvient. Ce n’est pas lui qui prépare le GAB (Projet de loi de crédits généraux). Je ne sais pas, il vaut peut-être mieux laisser cela à l’appréciation de la commission de la justice de la Chambre, car ils ont déjà rejeté l’affaire. Personnellement, je ne connais pas le contenu de l’impeachment (l’affaire) qu’ils ont rejetée. »

Panfilo Lacson, président pro tempore du Sénat

L’éventuelle implication de Marcos dans cette affaire avait déjà été soulevée dans une tentative de mise en accusation déposée par l’avocat Andre de Jesus, qui accusait le président d’avoir bénéficié de pots-de-vin liés à l’attribution de contrats et à la création de projets de contrôle des inondations fictifs. Cependant, la commission de la justice de la Chambre des représentants a rejeté cette plainte, la jugeant insuffisante en substance.

Parallèlement, le projet de rapport de la commission « Ruban Bleu » recommande des accusations de pillage et de malversation contre les sénateurs Joel Villanueva, Jinggoy Estrada et Francis Escudero. M. Lacson a indiqué que des modifications étaient envisagées pour répondre aux préoccupations de certains sénateurs, mais a insisté sur le maintien des accusations contre Villanueva et Estrada, compte tenu de l’état avancé des enquêtes à leur encontre. Le ministère de la Justice a déjà soumis le dossier de Villanueva pour examen, et le Bureau national d’enquête a déposé des plaintes contre Estrada sur la base d’éléments corroborés par les auditions.

Selon M. Lacson,

« Si nous modifions cela et ne recommandons plus le dépôt des accusations appropriées… ce serait trop gênant car l’enquête est déjà en cours. Réalité pratique, ils font déjà l’objet d’une enquête préliminaire, pourquoi ne recommanderions-nous pas ? »

Panfilo Lacson, président pro tempore du Sénat

Le sénateur Erwin Tulfo a révélé que pas moins de 11 sénateurs souhaitent apporter des amendements au projet de rapport, qui vise également d’autres législateurs et anciens responsables.

M. Lacson a toutefois nuancé les accusations, soulignant que les preuves contre certains, comme le sénateur Mark Villar, les anciennes sénatrices Grace Poe et Nancy Binay, restaient principalement basées sur des témoignages indirects, sans documents à l’appui. En revanche, les montants des pots-de-vin présumés versés à Villanueva et Estrada correspondent aux pourcentages indiqués dans le grand livre de l’ancien sous-secrétaire du ministère des Travaux publics et de la Voirie, Roberto Bernardo.

L’ancien président de la Chambre des représentants, Martin Romualdez, fait également l’objet d’une enquête, mais M. Lacson a précisé qu’il relève d’une catégorie d’« enquête plus approfondie ». Il a expliqué que, contrairement à Escudero, qui aurait « reconnu » avoir reçu une commission, le principal accusateur de Romualdez, Orly Guteza, a disparu.

La commission sénatoriale est confrontée à un défi majeur : obtenir les 11 signatures nécessaires, dont au moins une issue du bloc minoritaire, pour que le rapport soit adopté. M. Lacson a évoqué la possibilité d’organiser une ou deux audiences supplémentaires pour finaliser le document et intégrer les amendements proposés. Il a conclu :

« Ce n’est pas une question d’être confiant ou non. Il faut 11 signatures. Si nous ne pouvons pas rassembler 11 signatures, qu’il en soit ainsi. Il n’y aura pas de rapport de commission. »

Panfilo Lacson, président pro tempore du Sénat

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