Publié le 15 février 2024 à 10h51. Les médecins andalous débutent ce lundi une série de grèves reconductibles jusqu’en juin pour réclamer un statut spécifique, ce qui perturbera l’accès aux soins dans la région, malgré la mise en place de services minimaux.
- Une grève reconductible d’une semaine par mois est prévue jusqu’en juin par les médecins andalous.
- Des services minimaux sont garantis, notamment aux urgences, en soins intensifs et pour certains examens essentiels.
- Le gouvernement andalou exprime son soutien aux revendications des médecins tout en soulignant les conséquences financières et l’impact sur les patients des précédentes grèves.
Le Service Andalou de Santé (SAS), rattaché au ministère de la Santé, de la Présidence et des Urgences du gouvernement andalou, a activé ce lundi les services minimaux pour faire face à cette vague de grèves initiée par environ 30 000 médecins, auxquels s’ajoutent les internes (MIR) et autres professionnels de santé. Les syndicats médicaux, dont le Syndicat Médical Andalou (SMA), exigent un statut-cadre spécifique pour la profession, un cadre réglementaire qui leur est propre.
Cette première semaine de grève, du 16 au 20 février, sera suivie d’autres périodes de mobilisation : du 16 au 20 mars, du 27 au 30 avril, du 18 au 22 mai et du 15 au 19 juin. Un arrêté publié vendredi dernier au Journal Officiel de la Junta de Andalucía vise à « garantir le fonctionnement du système public » pendant ces périodes.
En matière de soins primaires, les centres de santé disposant d’un Service d’Urgence de Soins Primaires (SUAP) et dont les horaires coïncident avec ceux du SUAP ne seront pas soumis à des services minimaux, l’activité d’urgence étant déjà assurée comme les week-ends et jours fériés. Dans les autres centres, un médecin sera désigné pour assurer les soins d’urgence pendant les heures d’ouverture habituelles. Les centres annexes ne seront pas concernés par ces mesures.
Concernant les soins hospitaliers, tous les services habituellement assurés le dimanche ou les jours fériés seront maintenus. Plus précisément, l’activité des services d’urgences, de soins intensifs et de maternité sera garantie au même niveau qu’un dimanche ou un jour férié. Les examens de diagnostic et les activités urgentes seront également assurés à 100%.
Le SAS précise que les ponctions ovariennes pour la collecte d’ovocytes, les examens d’hémodynamique, les séances de dialyse, de radiothérapie et de chimiothérapie, ainsi que les interventions chirurgicales oncologiques, seront également maintenues. Le traitement des patients hospitalisés nécessitant une assistance immédiate sera garanti, avec un effectif ne dépassant pas 50% du personnel pendant une journée de travail de 8h00 à 15h00.
Le ministre de la Santé, de la Présidence et des Urgences du gouvernement andalou, Antonio Sanz, a exprimé son « soutien » aux « revendications » des médecins, tout en reconnaissant la « préoccupation » de l’exécutif régional face aux « graves conséquences » de cette grève contre le gouvernement espagnol dans le domaine de la santé. Il a rappelé que les quatre jours de grève de décembre dernier avaient coûté 38 millions d’euros et entraîné la suspension de 308 000 consultations, interventions chirurgicales et examens diagnostiques.
« L’inaction et le manque de responsabilité du ministère de la Santé nuisent gravement aux Andalous en raison de la paralysie et de la réduction des possibilités de soins les jours de grève. »
Antonio Sanz, ministre de la Santé, de la Présidence et des Urgences du gouvernement andalou
Antonio Sanz a appelé le gouvernement central à entamer un dialogue avec les médecins afin de parvenir à un accord qui éviterait une nouvelle paralysie du système de santé. Il a souligné que l’Andalousie continue de demander un dialogue avec toutes les parties prenantes, car ce sont les communautés et les citoyens qui en subissent les conséquences.
La grève du 9 au 12 décembre 2023 avait déjà entraîné la suspension de 212 471 consultations en soins primaires, de 4 044 interventions chirurgicales, de 18 181 examens diagnostiques et de 95 773 consultations externes hospitalières. Les grèves se poursuivront jusqu’à la semaine du 15 au 19 juin, en l’absence d’un accord préalable avec le ministère de la Santé.