Publié le 15 février 2024 10h41:00. Une vaste étude israélienne confirme que les enfants élevés selon un régime végétarien ou végétalien présentent une croissance comparable à celle des enfants ayant une alimentation plus traditionnelle, à condition que ce régime soit soigneusement équilibré.
- Une analyse portant sur près de 1,2 million d’enfants révèle des différences minimes et non cliniquement significatives dans le développement physique entre les enfants végétariens/végétaliens et ceux ayant un régime omnivore.
- Les nourrissons végétaliens peuvent présenter un léger retard de croissance au cours des deux premiers mois, mais cet écart tend à se résorber avant l’âge de deux ans.
- L’étude souligne l’importance d’une planification nutritionnelle rigoureuse et d’un suivi médical régulier pour garantir un développement optimal des enfants suivant un régime sans produits d’origine animale.
Les inquiétudes concernant l’impact d’un régime végétarien ou végétalien sur la croissance des enfants sont fréquentes chez les parents. Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’Université Ben Gourion et en collaboration avec le Département de Nutrition du Ministère de la Santé d’Israël, apporte des éléments rassurants sur ce sujet. Les résultats, publiés en février dans le Réseau JAMA ouvert, suggèrent que, dans des conditions appropriées, l’absence d’aliments d’origine animale n’affecte pas significativement le développement physique des nourrissons.
L’étude, d’une ampleur inédite, a analysé les données de croissance de près de 1,2 million d’enfants israéliens sur une période de dix ans, entre 2014 et 2023. Ces données proviennent des registres du ministère israélien de la Santé, qui suivent le développement d’environ 70 % de la population infantile du pays. Cette taille d’échantillon permet une évaluation précise de la croissance au niveau de la population, contrairement à de nombreuses études antérieures qui se limitaient à des groupes plus restreints.
Les chercheurs ont examiné les mesures standard de croissance – poids, taille et périmètre crânien – et ont constaté que les différences entre les enfants issus de familles végétaliennes et végétariennes et ceux ayant un régime alimentaire incluant des produits d’origine animale étaient faibles. Ces différences étaient inférieures au seuil de signification statistique défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et s’atténuaient encore après ajustement en fonction du poids de naissance.
L’étude nuance toutefois certains aspects. Au cours des deux premiers mois de vie, les nourrissons issus de familles végétaliennes ont présenté une légère tendance à un poids inférieur à celui des autres enfants. Cependant, cette différence s’estompe progressivement et n’est plus statistiquement significative après l’âge de 24 mois. À l’âge de deux ans, la proportion d’enfants présentant un tour de taille inférieur aux valeurs attendues pour leur âge était similaire dans tous les groupes alimentaires.
Les auteurs de l’étude insistent sur le fait que ces résultats sont valables dans le contexte spécifique d’un pays développé, où l’accès aux soins médicaux et aux conseils nutritionnels est garanti. Ils soulignent l’importance d’une alimentation végétarienne ou végétalienne soigneusement planifiée, ainsi qu’un suivi nutritionnel attentif pendant la grossesse et les premières années de la vie, afin de soutenir un développement normal de l’enfant.
En conclusion, cette recherche apporte des preuves solides que, sous réserve d’une planification adéquate, les régimes végétariens et végétaliens ne compromettent pas le développement physique des nourrissons au cours des deux premières années de leur vie.