Publié le 03/11/2025 12:15:00. Un violent séisme a frappé le nord de l’Afghanistan durant la nuit, causant la mort d’au moins 20 personnes et blessant plusieurs centaines d’autres, ravivant le traumatisme d’une précédente secousse meurtrière il y a quelques mois.
Les premières évaluations font état d’un bilan provisoire de 20 morts et de 534 blessés, dont plus de 20 hospitalisés, principalement dans les provinces de Samangan et de Balkh, selon les informations communiquées par le ministère de la Santé. La secousse d’une magnitude de 6,3, enregistrée à une profondeur de 28 kilomètres, a eu son épicentre à proximité de Mazar-i-Sharif, l’une des villes majeures du nord du pays.
À Mazar-i-Sharif même, des habitants terrifiés sont sortis dans les rues craignant l’effondrement de leurs habitations. Le célèbre monument de la Mosquée bleue, datant du XVe siècle et reconnu pour ses faïences colorées, n’a pas été épargné. Des éléments de sa structure, notamment un minaret, se sont détachés, jonchant le sol de ce site touristique rare dans le pays.
La puissance du séisme a été ressentie jusqu’à Kaboul, la capitale située à quelque 420 kilomètres au sud, où des tremblements ont également été perçus par les habitants. Le ministère de la Défense a indiqué avoir rétabli la circulation sur l’axe principal reliant Mazar-i-Sharif à la ville de Kholm, permettant le secours des personnes restées bloquées pendant la nuit.
La catastrophe a entraîné d’importantes destructions matérielles et la ruine de nombreuses habitations, a précisé sur la plateforme X Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint des autorités talibanes, sans toutefois avancer de chiffres précis. Cette nouvelle épreuve s’ajoute aux difficultés du gouvernement taliban, qui a déjà dû faire face à trois tremblements de terre majeurs depuis sa prise de pouvoir en 2021, dans un contexte de réduction drastique de l’aide internationale qui soutenait l’économie.
Cette région de l’Afghanistan est coutumière des catastrophes naturelles. En août, un séisme de magnitude 6,0 avait dévasté des villages montagneux dans l’est du pays, causant plus de 2 200 morts. Plus tôt en 2023, la province occidentale d’Hérat, proche de la frontière iranienne, avait été frappée par de violentes secousses, et en 2022, l’est de la province de Nangarhar avait connu des drames similaires, faisant des centaines de victimes et détruisant des milliers de logements.
La situation humanitaire en Afghanistan reste critique, exacerbée par une crise alimentaire croissante, des restrictions économiques affectant le secteur bancaire et le retour forcé de millions d’Afghans expulsés d’Iran et du Pakistan. Les Nations Unies et les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme.
La géographie de l’Afghanistan, marquée par la chaîne de montagnes de l’Hindu Kush proche de zones de rencontre de plaques tectoniques, rend le pays particulièrement vulnérable aux séismes. De plus, des décennies de conflits ont fragilisé les infrastructures, de nombreuses habitations, notamment dans les zones rurales, étant de construction précaire. L’accès aux villages isolés, souvent situés sur des routes et des sentiers escarpés, demeure un défi majeur pour les secours, qui peuvent mettre des heures, voire des jours, à atteindre les zones sinistrées pour évaluer les dégâts.