Publié le 2025-10-08 18:39:00. Le Service d’Entraide et de Soins (SES), association hutoise fondée en 1985, célèbre son anniversaire en dressant un constat alarmant sur les conditions de vie dans les prisons wallonnes et l’accueil des migrants.
- Le SES, fort de ses 12 employés, œuvre à la promotion de la santé en milieu carcéral et auprès des populations multiculturelles, confronté à une surpopulation carcérale critique et à une saturation des centres d’accueil.
- La criminologue Justine Koclejda déplore un taux d’occupation des prisons belges de 118%, entraînant des conditions matérielles désastreuses et des délais d’attente inacceptables pour l’emploi des détenus.
- Émilie Sohier, responsable du secteur multiculturel, alerte sur la capacité d’accueil limitée des centres Fedasil et la potentielle remise en cause des politiques d’asile par le gouvernement actuel.
À l’occasion de la présentation du programme de son anniversaire, l’association SES a mis en lumière les défis majeurs auxquels sont confrontés ses deux secteurs d’intervention principaux. Fondé en 1985 par Michèle Quinet-Le Docte, le SES mobilise ses équipes pour organiser des activités de promotion de la santé aussi bien au sein des établissements pénitentiaires wallons que dans les centres d’accueil pour migrants (Fedasil, Croix-Rouge) ou au sein du tissu associatif.
Les responsables de projets au sein du SES ont partagé des témoignages préoccupants. La surpopulation carcérale belge atteint des niveaux alarmants, avec 13 000 détenus pour 11 040 places disponibles, soit un taux d’occupation de 118%. Cette situation engendre un environnement matériel dégradé, un manque d’intimité criant, des conditions d’hygiène difficiles, un accès aux soins restreint et une surcharge de travail considérable pour le personnel pénitentiaire. La criminologue Justine Koclejda a précisé que près de 300 détenus dorment à même le sol et que certains doivent attendre jusqu’à un an pour avoir une opportunité de travailler.
Parallèlement, le secteur de l’accueil des migrants rencontre d’importantes difficultés. Les centres Fedasil sont saturés, limitant leur capacité à répondre aux nouvelles demandes. En 2024, près de 40 000 demandes d’accueil ont été enregistrées, une augmentation de 11,6% par rapport à l’année précédente. Émilie Sohier, en charge du volet multiculturel au SES, exprime une inquiétude grandissante quant à la possibilité que les politiques gouvernementales actuelles remettent en cause la protection accordée aux migrants dans le pays.