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Le stress cellulaire favorise le cancer du foie

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Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une étude internationale révèle un paradoxe dans le cancer du foie : le stress cellulaire chronique, bien qu’il favorise le développement de la tumeur, la rend paradoxalement plus sensible à l’immunothérapie, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques.

  • Le stress cellulaire chronique augmente le risque de cancer du foie.
  • Ce même stress rend les tumeurs hépatiques plus réceptives à l’immunothérapie.
  • L’étude identifie la protéine ATF6 comme un acteur clé de ce mécanisme.

Le cancer du foie, l’un des cancers les plus mortels au monde, est particulièrement difficile à traiter. Une nouvelle recherche menée par des scientifiques du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ), de l’hôpital universitaire de Tübingen et du Sanford Burnham Prebys Medical Discovery Institute à La Jolla, en Californie, publiée dans la revue Nature, apporte un éclairage surprenant sur les mécanismes qui régissent cette maladie et sur la manière d’améliorer son traitement.

L’équipe de chercheurs, dirigée par Mathias Heikenwalder et Randal Kaufmann, a découvert qu’un stress cellulaire persistant, souvent lié à des troubles métaboliques et à une inflammation chronique, stimule la croissance des cellules cancéreuses du foie tout en affaiblissant la réponse immunitaire de l’organisme. Au cœur de ce processus se trouve une protéine appelée ATF6.

Selon les chercheurs, l’activation continue de l’ATF6 ne protège pas durablement la cellule. Au contraire, elle favorise l’apparition du cancer du foie et crée un environnement où les cellules immunitaires perdent leur efficacité.

« Nous avons découvert que l’activation permanente de l’ATF6 ne protège pas la cellule à long terme. Au contraire, elle favorise le stress cellulaire chronique, l’apparition du cancer du foie et crée en même temps un environnement dans lequel les cellules immunitaires perdent leur fonctionnalité. »

Mathias Heikenwalder

L’analyse de vastes ensembles de données provenant de patients atteints de tumeurs du foie et d’échantillons de tissus internationaux a confirmé ces observations. Les tumeurs présentant une forte activité ATF6 se caractérisent par une croissance plus rapide, un comportement plus agressif et un pronostic de survie significativement plus sombre. De plus, la réponse immunitaire dans et autour de ces tumeurs est considérablement réduite, notamment en ce qui concerne les lymphocytes T cytotoxiques, dont le rôle est de détruire les cellules cancéreuses.

Cependant, l’étude révèle un paradoxe encourageant : malgré cette immunosuppression, les tumeurs actives en ATF6 répondent exceptionnellement bien aux inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (ICI). Ces médicaments, qui libèrent les freins du système immunitaire, permettent aux cellules immunitaires de combattre à nouveau le cancer. Des expériences menées sur des modèles murins ont démontré que la thérapie par ICI réduisait considérablement la charge tumorale et prolongeait la survie des animaux.

Les chercheurs ont également observé que les patients atteints d’un cancer du foie avancé présentant une activité ATF6 élevée étaient particulièrement susceptibles de bénéficier d’une immunothérapie complète. Ces résultats suggèrent que l’activité de l’ATF6 pourrait servir de biomarqueur pour identifier les patients qui tireraient le plus parti de ce type de traitement.

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