Home Santé Le stress lié aux notes, aux tests et aux examens affecte les adolescents plus qu’on pourrait le penser

Le stress lié aux notes, aux tests et aux examens affecte les adolescents plus qu’on pourrait le penser

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Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude britannique de grande ampleur révèle que la pression scolaire exercée sur les adolescents de quinze ans est associée à une augmentation des symptômes dépressifs, un effet qui persiste même plusieurs années après la fin de l’école.

  • La pression de performance à l’adolescence est liée à une augmentation des plaintes dépressives, observable jusqu’à l’âge de 22 ans.
  • Cette association demeure significative même en tenant compte de facteurs de risque connus comme le TDAH, les traits autistiques ou les antécédents familiaux de dépression.
  • L’étude met également en évidence un lien, bien que plus faible, entre la pression scolaire et les comportements d’automutilation.

L’augmentation des troubles psychologiques chez les jeunes est un phénomène préoccupant depuis plusieurs décennies comme l’indiquent les chiffres récents. Si les causes de cette hausse sont multiples et complexes, une nouvelle recherche menée par des universités de Londres et de Cardiff s’intéresse de près à l’impact de la pression que subissent les élèves pour réussir leurs études.

Les chercheurs se sont appuyés sur les données d’une vaste étude longitudinale, qui suit depuis leur naissance, en 1991 et 1992, près de cinq mille enfants de la région d’Avon en Angleterre. À l’âge de quinze ans, les participants ont été interrogés sur leur perception de la pression scolaire. Leur santé mentale a ensuite été évaluée à plusieurs reprises, entre seize et vingt-deux ans, permettant ainsi d’établir une chronologie précise des événements.

Cette approche est particulièrement novatrice. La plupart des études antérieures se contentaient d’observer simultanément la pression scolaire et les symptômes dépressifs, rendant difficile de déterminer si la pression était une cause ou une conséquence de la détresse psychologique. Cette nouvelle recherche, en cartographiant d’abord la pression de performance puis en suivant son évolution, permet de mieux comprendre les liens de causalité potentiels comme le détaille cette publication.

Les résultats sont sans appel : les adolescents qui déclaraient subir une forte pression scolaire présentaient un risque accru de développer des symptômes dépressifs à chaque étape de l’étude. Le pic de cette association a été observé à l’âge de seize ans, période cruciale marquée par les examens, mais le lien restait significatif même six ans plus tard, à vingt-deux ans, bien après l’obtention du diplôme.

Ce lien s’est avéré robuste, persistant même après avoir pris en compte une multitude de facteurs susceptibles d’influencer la santé mentale, tels que les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les traits autistiques, les antécédents de dépression maternelle, les problèmes de comportement, le niveau d’éducation des parents, les symptômes dépressifs préexistants, le harcèlement scolaire et les résultats scolaires. L’association entre pression de performance et symptômes dépressifs est donc particulièrement solide.

L’étude a également exploré le lien entre la pression scolaire et les comportements d’automutilation. Si l’association est moins marquée que pour la dépression, elle reste statistiquement significative, même après ajustement pour d’autres facteurs.

Pour définir précisément ce qu’entendent les chercheurs par « pression de performance », ils ont consulté un groupe de vingt jeunes. De cette discussion est ressortie une définition englobant une charge de travail importante liée aux évaluations, la peur de l’échec, les attentes des parents et des enseignants, la compétition entre élèves et l’inquiétude face à l’avenir.

Sur la base de cette définition, les chercheurs ont sélectionné trois questions issues d’un questionnaire existant, administré aux participants à l’âge de quinze ans, portant sur leurs préoccupations concernant leurs études, la pression familiale et l’importance qu’ils accordaient à leurs résultats scolaires.

Les chercheurs insistent sur le caractère observationnel de leur étude. Ils n’ont pas manipulé la pression scolaire, mais se sont contentés d’observer les liens existants. Ils ne peuvent donc pas affirmer avec certitude que la pression est une cause directe de la dépression. Il est possible, par exemple, que certains traits de personnalité, comme le perfectionnisme, prédisposent à la fois à la pression scolaire et aux troubles de l’humeur. De plus, l’échantillon étudié est majoritairement composé d’élèves blancs issus de familles ayant un niveau d’éducation relativement élevé, ce qui limite la généralisation des résultats.

Les chercheurs soulignent qu’il est possible d’agir sur la pression scolaire, contrairement à certains facteurs de risque liés à la génétique. Ils préconisent notamment de favoriser un environnement scolaire plus détendu, de développer les compétences socio-émotionnelles des élèves, de mettre davantage l’accent sur le processus d’apprentissage plutôt que sur les notes et de réduire le nombre d’évaluations. Les parents et les professionnels de la santé peuvent également jouer un rôle en prenant au sérieux la pression scolaire comme un facteur de risque et en encourageant les jeunes à adopter un mode de vie équilibré, incluant l’exercice physique, un sommeil suffisant et des activités sociales comme le souligne cette étude.

Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter les articles suivants : Pourquoi la peur de la chimie à l’école est-elle compréhensible ? ou Les expériences traumatisantes, comme le redoublement scolaire, deviennent particulièrement douloureuses avec l’âge. Vous pouvez également consulter Une expérience naturelle unique révèle comment une année d’études supplémentaire peut protéger le cerveau du vieillissement.

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