Home Économie Le succès des médicaments amaigrissants d’Eli Lilly pourrait faire grossir la facture fiscale irlandaise des sociétés – The Irish Times

Le succès des médicaments amaigrissants d’Eli Lilly pourrait faire grossir la facture fiscale irlandaise des sociétés – The Irish Times

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Publié le 22 février 2026. L’Irlande dépend de plus en plus de l’impôt sur les sociétés versé par un nombre très limité de multinationales, notamment Apple, Microsoft et Eli Lilly, une situation jugée préoccupante par le Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac).

  • En 2024, ces trois entreprises ont payé à elles seules près de la moitié (46 %) de l’impôt sur les sociétés irlandais, soit environ 13 milliards d’euros.
  • La forte augmentation des recettes fiscales est en partie due à la demande croissante pour les médicaments contre l’obésité et le diabète d’Eli Lilly, ainsi qu’aux avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle chez Apple et Microsoft.
  • L’Ifac souligne que cette concentration accrue rend le système fiscal irlandais plus vulnérable aux fluctuations des performances de ces entreprises.

Le Conseil consultatif budgétaire irlandais (Ifac) a mis en évidence cette semaine la concentration extrême de l’impôt sur les sociétés en Irlande. Selon un rapport publié jeudi, trois entreprises – qualifiées par l’organisme de surveillance budgétaire de « groupe technologique 1 », « groupe technologique 2 » et « groupe pharmaceutique » – représentent à elles seules 46 % des recettes fiscales de 2024, ce qui équivaut à environ 13 milliards d’euros.

Bien que l’Ifac n’ait pas officiellement nommé ces entreprises, il est largement admis qu’il s’agit d’Apple, de Microsoft et du groupe pharmaceutique Eli Lilly. Un participant à la conférence annuelle de l’Ifac a même suggéré, sur un ton humoristique, que l’organisme pourrait envisager des noms de code plus évocateurs.

L’Ifac estime qu’Apple a versé environ 5,8 milliards d’euros d’impôt sur les sociétés en Irlande en 2024, tandis que Microsoft a contribué à hauteur de 4,8 milliards d’euros et Eli Lilly de 2,2 milliards d’euros. Une part importante des discussions lors de la conférence a porté sur la pérennité des exportations massives d’Eli Lilly.

Le géant pharmaceutique a exporté pour 42,3 milliards de dollars américains (36,4 milliards d’euros) d’ingrédients pour ses médicaments contre l’obésité Mounjaro et Zepbound vers les États-Unis au cours des quatre premiers mois de 2025. Initialement, cette augmentation des exportations avait été attribuée à une stratégie visant à éviter les droits de douane.

Cependant, certains observateurs pensent qu’il s’agit plutôt d’une augmentation structurelle de la demande mondiale pour ces médicaments. Eli Lilly a d’ailleurs récemment réaménagé une deuxième usine en Irlande pour augmenter sa capacité de production, anticipant une demande croissante. L’approbation réglementaire attendue plus tard cette année de forglipron, un nouveau médicament amaigrissant oral, pourrait également renforcer la position de leader de l’entreprise sur le marché.

En conséquence, l’Ifac prévoit que les contributions fiscales d’Eli Lilly devraient continuer à augmenter dans les années à venir. L’économiste de l’Ifac, Brian Cronin, a souligné que

« cette concentration accrue signifie une incertitude accrue. Plus les recettes fiscales sont concentrées, plus elles sont risquées. »

Seamus Coffey, président de l’Ifac, a également insisté sur la nécessité pour le gouvernement de garantir la pérennité des services publics, et de ne pas se fier uniquement à des recettes fiscales exceptionnellement élevées.

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