Publié le 2025-10-12 12:38:00. Les Asturies misent gros sur l’efficacité de la campagne de vaccination contre la grippe, lancée cette semaine. L’objectif est de réduire significativement le nombre de décès et d’hospitalisations, un enjeu de santé publique majeur pour la région.
- La campagne de vaccination antigrippale a débuté dans les résidences pour personnes âgées et s’étend dès ce mardi à la population générale.
- Une « concordance » entre les souches vaccinales et les virus circulants, observée l’an passé, a permis de réduire consultations et admissions, sauvant ainsi potentiellement 300 à 400 vies.
- La protection des enfants de moins de 5 ans représente un défi particulier, avec un faible taux de couverture vaccinale l’an dernier.
L’efficacité de la vaccination antigrippale est au cœur des préoccupations dans les Asturies. Après un démarrage jeudi dernier auprès des résidents d’établissements, la campagne s’étend à l’ensemble de la population le mardi suivant. L’importance de la vaccination des groupes à risque est reconnue, mais c’est surtout l’efficacité réelle de la protection qui importe, comme le souligne l’impact sur la mortalité des années précédentes.
Marta Huerta, sous-directrice de la Coordination Assistancielle et des Soins du Service de Santé de la Principauté (Sespa), explique l’enjeu. « L’année dernière, les souches utilisées dans le vaccin antigrippal étaient les mêmes que celles qui ont ensuite circulé dans la population. Cette concordance a considérablement réduit les consultations et les admissions, et cela s’est beaucoup fait sentir », a-t-elle précisé. Elle ajoute : « Espérons que cette année, il en sera de même, mais nous ne savons pas quelles souches vont circuler. » La composition du vaccin antigrippal est déterminée chaque année en février par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en se basant sur les virus ayant circulé dans l’hémisphère Sud durant l’automne et l’hiver. Cependant, les mutations virales et d’autres facteurs imprévisibles rendent ces prévisions incertaines.
Les données asturiennes parlent
Les statistiques asturiennes révèlent l’importance d’une vaccine efficace. Une analyse des données de mortalité de SADEI (Société Asturienne d’Études Économiques et Industrielles) pour les automnes-hivers 2022-2023 et 2023-2024 montre des chiffres de mortalité similaires, avec respectivement 4 905 et 4 985 décès enregistrés entre novembre et février. En revanche, pour la période novembre 2024-février 2025, le bilan s’est sensiblement allégé, avec 4 584 décès.
Le facteur clé de cette diminution a été, selon toute vraisemblance, l’efficacité du vaccin antigrippal. Il ressort de ces chiffres qu’une protection antigrippale performante pourrait sauver entre 300 et 400 vies dans les Asturies chaque année, en plus d’éviter un nombre considérable d’hospitalisations qui surchargent le système de santé pendant les mois froids.
Focus sur les moins de 5 ans
Un des défis majeurs de la campagne actuelle concerne la protection des enfants de moins de 5 ans, un groupe particulièrement susceptible de transmettre le virus. L’an passé, la couverture vaccinale pour cette tranche d’âge n’a atteint que 35,7 %, avec 8 894 enfants vaccinés, un chiffre jugé insuffisant par les autorités sanitaires. C’était la première année où la vaccination était recommandée pour ce groupe. L’objectif est d’améliorer ce taux lors de la campagne à venir.
Quatre types de vaccins disponibles
La campagne de vaccination antigrippale bénéficie cette année de quatre types de vaccins, choisis pour répondre aux besoins spécifiques des différentes populations cibles. Le Service de Santé disposera d’un total de 386 400 doses, représentant un investissement de 4,7 millions d’euros.
La Principauté encourage la vaccination pour les groupes suivants :
- Les personnes ayant atteint 60 ans.
- Les résidents des centres pour personnes âgées, des centres pour personnes handicapées, et autres personnes institutionnalisées de longue durée.
- Les personnes souffrant de maladies chroniques, quel que soit leur âge.
- Les femmes enceintes.
- Les personnes vivant en contact étroit avec des individus fortement immunodéprimés.
Autres populations jugées sensibles
Cette campagne vise également à réduire l’impact des virus grippaux sur les services essentiels. Sont ainsi concernés :
- Le personnel des établissements de santé et des services sociaux, publics et privés.
- Les professionnels des services publics essentiels, notamment les forces de sécurité, les forces armées, les pompiers et les services de protection civile.
Il est également recommandé de vacciner :
- Les enfants âgés de 6 à 59 mois.
- Les personnes âgées de 5 à 59 ans présentant un risque accru de complications, comme les fumeurs.
- Les étudiants en stage dans les centres sanitaires et sociaux.
- Le personnel des garderies et des centres d’éducation infantile jusqu’à 6 ans.
- Les personnes en contact professionnel direct avec des oiseaux, des mustélidés ou du bétail porcin.