Publié le 22 février 2026 à 04h56. Une étude américaine suggère que le vaccin contre le zona pourrait avoir des effets bénéfiques allant au-delà de la prévention de l’éruption cutanée douloureuse, en ralentissant potentiellement le processus de vieillissement biologique.
- Le vaccin contre le zona est associé à une réduction de l’inflammation systémique.
- Des mécanismes cellulaires semblent être rajeunis chez les personnes vaccinées.
- L’étude n’a cependant pas détecté d’impact sur les marqueurs des maladies neurodégénératives.
Des chercheurs de l’Université de Californie du Sud ont mené une étude approfondie sur les effets du vaccin contre le zona, en se concentrant sur les processus fondamentaux liés au vieillissement. Leurs travaux, publiés dans la revue The Journals of Gerontology, Series A, révèlent que la vaccination pourrait atténuer l’inflammation chronique et revitaliser certaines fonctions cellulaires.
L’âge biologique, contrairement à l’âge chronologique, mesure l’usure réelle des tissus et des systèmes du corps. Deux personnes nées la même année peuvent ainsi présenter des profils de santé très différents. L’équipe de recherche, dirigée par Jung Ki Kim et Eileen M. Crimmins, s’est interrogée sur l’influence du vaccin contre le zona sur ces processus de vieillissement.
Les chercheurs émettent l’hypothèse que le vaccin agit en supprimant le virus varicelle-zona, responsable de la varicelle et restant latent dans les cellules nerveuses. Sa réactivation provoque le zona, mais même en l’absence d’éruption cutanée, le virus peut induire un stress immunitaire chronique, entraînant une inflammation persistante qui endommage les tissus au fil du temps.
Pour tester cette hypothèse, ils ont analysé des données issues de la Health and Retirement Study, une vaste enquête américaine auprès des personnes âgées. L’étude portait sur des échantillons biologiques prélevés en 2016 auprès de près de 4 000 adultes de plus de 70 ans.
Les chercheurs ont évalué le vieillissement biologique en analysant sept domaines différents dans les échantillons sanguins : l’inflammation, les problèmes cardiovasculaires, deux types de fonctions immunitaires, la méthylation de l’ADN et l’expression des gènes. Ces derniers marqueurs moléculaires servent d’indicateurs de l’âge cellulaire.
Les résultats ont révélé des différences significatives entre les personnes vaccinées et celles qui ne l’étaient pas. Les participants vaccinés présentaient des niveaux plus faibles de protéine C-réactive et d’autres marqueurs d’inflammation systémique, confirmant ainsi l’hypothèse d’une réduction de la charge inflammatoire globale.
L’étude a également montré que les participants vaccinés affichaient des profils cellulaires plus jeunes, avec des taux de vieillissement plus lents mesurés par les horloges épigénétiques et transcriptomiques. Un score composite combinant toutes les mesures a également révélé un profil biologique plus sain dans le groupe vacciné.
En revanche, les résultats concernant la neurodégénérescence étaient moins concluants. Malgré des preuves épidémiologiques suggérant que la vaccination contre le zona pourrait réduire le risque de démence, les chercheurs n’ont pas trouvé de preuves biologiques de protection cérébrale dans le sang. Les niveaux de protéines spécifiques associées aux dommages neuronaux, telles que la chaîne légère des neurofilaments et la protéine tau phosphorylée, n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes.
Ce résultat nuancé suggère que si le vaccin contre le zona réduit effectivement le risque de démence, il ne le ferait pas en stoppant directement les dommages cellulaires mesurés par ces protéines spécifiques. Il est également possible que les effets protecteurs sur le cerveau nécessitent une période d’observation plus longue ou que les biomarqueurs sanguins utilisés ne soient pas suffisamment sensibles pour détecter les changements subtils induits par le vaccin.
L’étude a également révélé une observation inattendue concernant le système immunitaire adaptatif. Les personnes vaccinées présentaient des valeurs plus élevées dans ce domaine, ce qui, dans le contexte de l’étude, pourrait indiquer une activité accrue du système immunitaire en réponse au virus, ou refléter le vieillissement naturel des cellules immunitaires.
Le moment de la vaccination semble également jouer un rôle. Les améliorations de la méthylation de l’ADN et de l’expression des gènes étaient plus visibles chez les personnes vaccinées au cours des trois dernières années, tandis que la réduction de l’inflammation était plus marquée chez celles qui avaient reçu le vaccin il y a plus de quatre ans. Cela suggère que différents systèmes biologiques réagissent différemment à la vaccination.
Il est important de noter que cette étude est observationnelle et ne peut donc pas prouver de manière définitive que le vaccin contre le zona est la cause du vieillissement plus lent. Les chercheurs ont ajusté statistiquement les données pour tenir compte de facteurs tels que l’éducation, le revenu et les antécédents médicaux, afin de minimiser le risque de biais, mais cette possibilité ne peut être totalement exclue.
De plus, les données proviennent d’une époque où l’ancien vaccin Zostavax était la norme. Le vaccin plus récent et plus efficace, Shingrix, est désormais recommandé. Il reste à déterminer si ce nouveau vaccin produira des associations similaires, plus fortes ou plus faibles, avec le vieillissement biologique.
L’absence de lien direct avec les marqueurs neurodégénératifs souligne la complexité du processus de vieillissement biologique. Bien que le vaccin semble agir positivement sur l’inflammation et la régulation moléculaire, sa relation avec la santé cérébrale reste à éclaircir. Des recherches futures devront suivre les individus sur de plus longues périodes pour déterminer si ces différences biologiques se traduisent par une diminution des cas de fragilité ou de maladies neurodégénératives.

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