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Le Venezuela suspend l’accord gazier de Trinité-et-Tobago suite à la visite d’un navire de guerre américain | Donald Trump Actualités

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Publié le 2025-10-28 09:57:00. Le Venezuela a annoncé la suspension d’un accord gazier crucial avec Trinité-et-Tobago, invoquant la présence d’un navire de guerre américain dans les eaux de son voisin. Cette décision s’inscrit dans un contexte de vives tensions diplomatiques et de déploiements militaires américains dans la région caraïbe.

  • Le président vénézuélien Nicolás Maduro a ordonné l’arrêt immédiat d’un accord d’approvisionnement en gaz naturel envers Trinité-et-Tobago.
  • Caracas accuse Port-d’Espagne de devenir une « porte-avions de l’empire américain » suite à l’arrivée d’un destroyer américain.
  • Trinité-et-Tobago affirme ne plus dépendre du Venezuela pour son approvisionnement en gaz et minimiser les tensions diplomatiques.

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a prononcé la « suspension immédiate » d’un accord d’approvisionnement en gaz naturel destiné à Trinité-et-Tobago, a rapporté lundi la chaîne publique TeleSUR. Cette décision intervient dans un contexte de déploiement militaire américain dans les Caraïbes, que le Venezuela qualifie de « menace militaire illégale et totalement immorale ».

Selon les autorités vénézuéliennes, l’île de Trinité-et-Tobago abrite l’un des nombreux navires de guerre américains envoyés dans la région par l’administration du président Donald Trump. Caracas accuse Washington de chercher un changement de régime au Venezuela. En annulant l’accord gazier, Nicolás Maduro a explicitement reproché à la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, d’avoir transformé la nation caribéenne « en porte-avions de l’empire américain contre le Venezuela ».

« Trinité-et-Tobago manquait de gaz avant que le Venezuela n’accepte de l’aider dans cet accord », a affirmé M. Maduro. Cependant, la Première ministre Persad-Bissessar a répliqué dans le journal local Newsday, déclarant que l’avenir de son pays « ne dépend pas du Venezuela et ne l’a jamais été ».

« Le dernier gouvernement a placé à tort tous ses espoirs dans le projet Dragon. Nous ne l’avons pas fait. »

Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago

Elle a ajouté que son gouvernement travaillait à réduire sa dépendance vis-à-vis du projet gazier conjoint Dragon, situé dans les eaux vénézuéliennes près de Trinidad et dont le développement a été longtemps retardé. Selon elle, cette stratégie permettrait à son gouvernement de ne pas être soumis à un « chantage des Vénézuéliens pour obtenir un soutien politique ».

Malgré ces déclarations, Mme Persad-Bissessar a nié toute montée de tension entre les deux pays, séparés par un bras de mer de seulement 11 kilomètres de large à son point le plus étroit.

Une présence militaire américaine accrue dans les Caraïbes

L’USS Gravely, un destroyer lance-missiles, a accosté dimanche à Port-d’Espagne, la capitale trinidadienne, avec à son bord des Marines américains en prévision d’exercices militaires conjoints. Les autorités vénézuéliennes ont qualifié de provocation la décision de Trinité-et-Tobago d’accueillir ce navire. De son côté, le gouvernement de l’île a souligné que des exercices conjoints avec les États-Unis avaient lieu régulièrement.

Depuis septembre, l’administration Trump a mené une série d’opérations navales dans la région. Au total, dix frappes ont été recensées contre des navires transportant de la drogue, entraînant la mort d’au moins 43 personnes. Le Pentagone a déployé sept navires de guerre, un sous-marin, des drones et des avions de combat dans les Caraïbes, ainsi qu’un autre navire de guerre dans le golfe du Mexique. L’arrivée prochaine de l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, est également annoncée.

Si de nombreux dirigeants latino-américains et caribéens ont comparé ces opérations à des exécutions extrajudiciaires, Kamla Persad-Bissessar a affiché son soutien à la campagne américaine, déclarant préférer voir les trafiquants de drogue « réduits en morceaux » plutôt que de voir des citoyens de son pays tués. Le Venezuela, quant à lui, affirme que ces actions visent à permettre « aux puissances extérieures de voler les richesses pétrolières et gazières incommensurables du Venezuela ».

« Les États-Unis nous font peser une menace militaire illégale et totalement immorale sur nos têtes. »

Yvan Gil Pinto, Ministre des Affaires étrangères du Venezuela

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil Pinto, a dénoncé lundi devant l’Assemblée générale des Nations unies une « menace militaire illégale et totalement immorale » émanant des États-Unis. Plusieurs hauts responsables vénézuéliens ont accusé Washington de fabriquer une guerre contre la drogue pour tenter de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro, dont la victoire électorale l’année dernière avait été qualifiée de non libre et non équitable par la communauté internationale.

Les projets gaziers Dragon et Manatee dans le viseur

L’accord entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago pour le forage conjoint de gaz remonte à 2018. Le projet a toutefois été ralenti et compliqué par les sanctions américaines visant le Venezuela. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait indiqué le mois dernier que les États-Unis soutenaient la proposition du gouvernement de Trinité sur le gaz Dragon, tout en précisant qu’ils prendraient des mesures pour que ce projet n’apporte pas d’avantages significatifs au gouvernement Maduro.

La licence d’exploitation du champ Dragon permet à la compagnie pétrolière et gazière britannique Shell et à la National Gas Company de Trinité-et-Tobago de développer ce champ gazier offshore du Venezuela, malgré les sanctions contre le gouvernement Maduro. Par ailleurs, Shell développe le projet gazier Manatee, qui traverse la frontière maritime avec le Venezuela, mais a reçu l’autorisation du gouvernement Maduro pour être développé indépendamment du côté de Trinité. Il n’est pas clair dans l’immédiat si ce projet pourrait également être menacé, selon l’agence de presse Reuters.

Le champ gazier de Dragon contiendrait environ 119 milliards de mètres cubes (4,2 billions de pieds cubes) de gaz. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a toutefois alerté en 2021 que le lancement de nouveaux projets pétroliers et gaziers était incompatible avec les objectifs climatiques de l’Accord de Paris.

Trinité-et-Tobago dépend à 92,6 % du gaz pour ses besoins énergétiques, les 7,3 % restants étant couverts par des produits pétroliers, selon l’AIE. Les énergies renouvelables, telles que l’éolien et le solaire, ne représentent que 0,02 % du mix énergétique de la nation insulaire, un chiffre bien inférieur à celui d’autres pays de la région.

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