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Le virus de l’herpès combat le mélanome avancé dans un nouvel essai de l’USC

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Publié le 2025-10-19 10:04:00. Une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse contre le mélanome avancé émerge grâce à un virus de l’herpès simplex génétiquement modifié, ouvrant la voie à une nouvelle génération de médicaments anticancéreux.

  • Un virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1) modifié pour cibler le cancer a montré une efficacité notable dans le traitement du mélanome avancé, y compris des régressions tumorales complètes.
  • Cette approche, combinant le virus oncolytique RP1 avec le nivolumab, une immunothérapie existante, a produit des résultats encourageants chez des patients dont les traitements antérieurs avaient échoué.
  • L’étude suggère que le traitement agit non seulement sur les tumeurs injectées, mais aussi sur les tumeurs disséminées dans tout l’organisme, ouvrant un nouvel espoir pour les cas les plus difficiles.

Les résultats d’une étude clinique de phase 1-2, présentés lors de la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) et publiés dans le Journal d’oncologie clinique, indiquent qu’un virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1) modifié génétiquement peut constituer une avancée majeure dans la lutte contre le mélanome avancé. Ce virus, connu pour causer l’herpès buccal chez près des deux tiers de la population mondiale, est réinventé ici comme un agent anticancéreux puissant.

L’essai clinique IGNYTE, mené sur 140 patients souffrant de mélanome avancé qui ne répondait plus aux traitements d’immunothérapie conventionnels, a utilisé le HSV-1 génétiquement modifié, baptisé RP1, en combinaison avec le nivolumab. Les conclusions sont particulièrement réjouissantes : un tiers des participants ont observé une réduction de la taille de leurs tumeurs d’au moins 30 %, et près d’un patient sur six a vu sa tumeur disparaître complètement. Ces observations sont d’autant plus significatives que le taux de survie pour le mélanome avancé incurable n’est généralement que de quelques années.

Le Dr Gino Kim In, oncologue médical chez Keck Medicine de l’USC et investigateur principal de l’étude, a souligné l’importance de ces avancées : « Ces résultats sont très encourageants car le mélanome est le cinquième cancer le plus répandu chez les adultes et environ la moitié de tous les cas de mélanome avancé ne peuvent pas être pris en charge avec les traitements d’immunothérapie actuellement disponibles. Le taux de survie du mélanome avancé incurable n’est que de quelques années, donc cette nouvelle thérapie offre de l’espoir aux patients qui n’ont peut-être plus d’options pour combattre le cancer. »

Une nouvelle classe de médicaments pour lutter contre le cancer

Le RP1 appartient à une catégorie innovante de thérapies anticancéreuses : les virus oncolytiques. Contrairement aux virus classiques, ceux-ci sont conçus pour infecter et détruire sélectivement les cellules cancéreuses, tout en épargnant les cellules saines, et ce, sans provoquer la maladie elle-même. Ce mécanisme d’action est complété par une stimulation du système immunitaire, incitant les globules blancs à rechercher et à éliminer les cellules cancéreuses dans tout l’organisme.

La combinaison du RP1 avec le nivolumab, un traitement d’immunothérapie standard contre le mélanome métastatique, semble avoir un effet synergique. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que le nivolumab, qui active le système immunitaire du patient pour combattre le cancer, pourrait amplifier l’action du RP1. Cette stratégie combinée a fait l’objet d’une évaluation approfondie dans l’essai clinique.

En janvier 2025, la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) a accordé un examen prioritaire au RP1 associé au nivolumab pour les patients atteints de mélanome avancé n’ayant pas répondu aux immunothérapies antérieures, témoignant de l’espoir suscité par ces découvertes.

Comment le traitement a été administré

Pour l’étude, les patients devaient présenter plus d’une tumeur et avoir une tumeur accessible pour l’injection directe de RP1. Les tumeurs pouvaient être superficielles (visibles à l’œil nu ou juste sous la peau) ou plus profondes, comme dans les organes internes (foie, poumons). Le RP1 était injecté directement dans les tumeurs, qu’elles soient accessibles en surface ou en profondeur.

Des résultats encourageants

Au cours des huit premiers cycles du traitement combiné, les patients recevaient le RP1 et le nivolumab toutes les deux semaines. Si une réponse positive était observée, le traitement se poursuivait avec le nivolumab seul, toutes les quatre semaines, pour une durée maximale de 30 cycles (soit deux ans).

L’analyse des résultats a révélé que le traitement n’affectait pas seulement les tumeurs ciblées par l’injection. Les tumeurs non traitées, situées ailleurs dans le corps, ont également montré une régression, voire une disparition, de manière aussi significative que les tumeurs injectées. « Ce résultat suggère que le RPI est efficace pour cibler le cancer dans tout le corps et pas seulement dans la tumeur injectée, ce qui augmente l’efficacité potentielle du médicament, car certaines tumeurs peuvent être plus difficiles, voire impossibles, à atteindre », a précisé le Dr In, également membre du Centre complet de lutte contre le cancer USC Norris.

Le RP1 a démontré un bon profil de sécurité et a été bien toléré par les patients. Bien qu’il soit encore prématuré de confirmer la durabilité de ces effets bénéfiques, le Dr In se montre optimiste : « Je crois que les virus oncolytiques ouvriront la voie à une nouvelle approche importante pour lutter contre le cancer chez certains patients dans un avenir proche. »

L’essai clinique de phase 3 est maintenant ouvert

Forts des succès des phases 1 et 2 de l’essai IGNYTE, qui ont permis d’évaluer l’innocuité, les effets secondaires et l’efficacité du RP1 combiné au nivolumab sur un groupe restreint de patients, les chercheurs ont lancé l’essai de phase 3, baptisé IGNYTE-3. Ce nouveau volet visera à confirmer ces résultats prometteurs sur une cohorte mondiale de plus de 400 participants. Keck Medicine participera à nouveau à cet essai, avec le Dr In à la direction du site.

Au-delà de l’espoir qu’elle suscite pour les patients atteints de mélanome avancé, cette avancée thérapeutique pourrait transformer le paysage de l’industrie pharmaceutique et de la recherche médicale, ouvrant la voie à une nouvelle ère dans le traitement du cancer.

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