Publié le 19 février 2026 à 12h09. Le gouvernement irlandais étudie la mise en place d’un nouveau dispositif d’épargne, inspiré de modèles étrangers, afin d’encourager les ménages à investir et à optimiser leurs revenus, une annonce faite par le ministre des Finances, Simon Harris.
- Un plan est à l’étude pour offrir des avantages fiscaux sur les gains d’investissement et les revenus de dividendes, sous certaines limites.
- L’inclusion ou non des dépôts banciers dans ce dispositif est une question clé, avec des implications sur la fiscalité des intérêts perçus.
- Le gouvernement examine également la possibilité de canaliser ces épargnes vers les petites et moyennes entreprises (PME) irlandaises, ainsi que vers des initiatives européennes plus larges.
Le ministre des Finances, Simon Harris, a révélé que son équipe analyse les expériences de plusieurs pays – Royaume-Uni, Canada et Suède – afin de concevoir un programme adapté à la situation irlandaise. L’objectif est de proposer un plan au Cabinet, qui sera ensuite soumis à une consultation avec les acteurs du secteur financier.
Les modèles étrangers étudiés prévoient tous des avantages fiscaux pour les épargnants, mais avec des limites quant au montant pouvant être investi chaque année ou au montant total d’épargne exonéré d’impôt. En général, ces dispositifs exemptent les gains d’investissement, les dividendes et les intérêts d’impôt. Au Royaume-Uni, par exemple, les comptes d’épargne individuels (ISA) permettent d’investir jusqu’à 20 000 £ (22 900 €) par an sans impôt sur les plus-values ou les revenus. En Suède, les premiers 300 000 couronnes suédoises (environ 28 000 €) placés dans un fonds (appelé ISK) sont également exonérés d’impôt et de frais annuels. Le Canada, quant à lui, propose des comptes d’épargne libre d’impôt (CELI) avec un plafond annuel de cotisation de 7 000 $ (4 300 €), mais l’allocation non utilisée est reportée sur les années suivantes.
Pour les épargnants irlandais, un tel dispositif pourrait signifier l’exonération de l’impôt sur les plus-values (actuellement à 33 %) ou de l’impôt sur le revenu des dividendes, dans le cadre de limites fixées sur les contributions annuelles ou le montant total de l’épargne. L’investissement dans des fonds négociés en bourse (ETF), qui permettent de diversifier son portefeuille, deviendrait également plus avantageux, car il éviterait la règle de la cession présumée, qui impose un impôt tous les huit ans sur les bénéfices, même non réalisés, à un taux de 38 %.
Le gouvernement pourrait également opter pour un taux d’imposition réduit ou suivre le modèle suédois, qui prévoit une charge fixe sur les comptes d’épargne, quelle que soit leur valeur. Ces frais, qui s’élevaient à environ 0,7 ou 0,85 % ces dernières années, ont suscité un débat sur l’intérêt réel de ce système. Toutefois, un nouveau montant non imposable de 300 000 couronnes (28 000 €) a été introduit en 2026, ce qui signifie que seuls les montants supérieurs à ce seuil sont désormais soumis à des frais.
Un point commun à ces dispositifs internationaux est leur simplicité et l’absence d’obligation pour l’épargnant de déclarer ses revenus. Le prestataire de services se charge de toutes les démarches administratives. Cette simplicité est essentielle pour attirer les investisseurs, et l’argent peut généralement être retiré à tout moment.
Outre les aspects fiscaux, le gouvernement irlandais envisage également d’utiliser ce dispositif pour atteindre d’autres objectifs politiques. Des programmes similaires au Royaume-Uni, comme l’ISA incitatif pour l’achat d’une maison, ou les régimes de retraite, pourraient être étudiés. Cependant, il est crucial que tout nouveau programme s’intègre aux politiques existantes, notamment en ce qui concerne la fiscalité des plus-values et l’épargne-retraite.
Simon Harris a également évoqué la possibilité d’encourager les investissements dans les PME irlandaises, mais cela s’avère difficile en raison du nombre limité d’entreprises cotées en bourse. Il a également mentionné l’Union de l’épargne et de l’investissement européenne, une initiative visant à créer un vaste pool d’épargne à l’échelle de l’UE, accessible aux entreprises. La Fédération des banques et des paiements d’Irlande a soutenu cette proposition, plaidant pour un système simple et efficace sur le plan fiscal.
L’expérience internationale montre que de tels systèmes peuvent attirer un nombre important d’épargnants. Au Royaume-Uni, 15 millions de comptes ISA étaient ouverts en 2024, au Canada, ce chiffre s’élevait à 18 millions, et en Suède, près de 40 % de la population possède un ISK. La simplicité, les frais réduits et la facilité de retrait sont des facteurs clés de succès, et seront également essentiels en Irlande. Les décisions cruciales porteront sur le type d’investissements couverts, les règles fiscales et la nécessité d’informer clairement les épargnants sur les risques liés à certains produits.